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Séance du 3 juillet

Séance publique à 15h30, en grande salle des Séances



Note d’information de M. Anatole Stébouraka, sous le patronage de Mme Véronique SCHILTZ : « De quelques livres et archives des Reinach spoliés sous l’Occupation et retrouvés à Minsk (Belarus) ».

Résumé

La Bibliothèque nationale du Belarus, à Minsk conserve un important lot de livres et d’archives provenant de France. Spoliés pendant l’Occupation et d’abord déposés en Allemagne, ces documents (archives maçonniques, bibliothèque slave de Paris, bibliothèques et papiers appartenant à des familles juives, Rothschild, Reinach et autres) ont été emmenés après la guerre par les Soviétiques vainqueurs et répartis entre diverses institutions au sein de ce qui était alors l’Union soviétique. La présente Note d’information rend compte de la première étape d’une recherche en cours, en présentant ce qui, dans le fonds Reinach de Minsk, est formellement identifié par des marques de propriété - signatures, ex-libris, dédicaces- confirmant leur appartenance à Joseph, Salomon, Théodore Reinach, mais également à Julien, Fanny, Olivier Reinach. Se trouve ainsi posée l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la bibliothèque qui, au moment de la spoliation, était celle de Julien Reinach.

Communication de M. Andrew Hardy, de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), sous le patronage de M. Franciscus VERELLEN : « La muraille de Quảng Ngãi et l’expansion territoriale du Vietnam : projet pluridisciplinaire de recherche historique »

Résumé

Aucun document contemporain ne décrit la construction de la muraille de Quảng Ngãi. Les annales de la cour des Nguyễn nous apprennent qu’elle fut érigée en 1819 sur les ordres du vice-roi Lê Văn Duyệt, mais si nous voulons comprendre le motif et les conditions politiques, économiques et militaires de sa construction, nous devons nous fier aux résultats des recherches accomplies dans d’autres disciplines que la recherche historique. La prospection archéologique et le relevé cartographique nous informent de l’étendue et de la situation du monument (113 km, orienté N-S), lequel suit le piedmont et renforce la coupure entre les plaines côtières et les vallées de l’hinterland. La fouille des forts et des temples associés au réseau de fortifications, ainsi que les enquêtes ethnographiques menées auprès des populations Viet et Hrê, habitants respectifs des zones E et O de la ligne frontalière, confirment l’hypothèse que la construction du mur ne fut ordonnée qu’à l’issue d’une négociation entre les deux populations et qu’elle bénéficia de l’apport de la main d’œuvre et de la technologie (de construction en pierre sèche) des montagnards Hrê. Contrairement à l’impression laissée par les annales de la cour, il ne s’agit pas d’un mur dans la tradition « classique », conçue pour fermer l’empire aux barbares, mais d’un appareil frontalier plus complexe, dont les objectifs étaient la démarcation des territoires appartenant à chacune des populations et la sûreté des échanges commerciaux transfrontaliers. Andrew Hardy présentera une synthèse de ce projet de recherches qui, depuis la redécouverte de la muraille en 2005, associe l’EFEO à l’Institut d’Archéologique (Académie vietnamienne des Sciences sociales), et qui a abouti en 2011 au classement du monument comme patrimoine national. Il abordera aussi le contexte régional de cette étude monographique d’une province de la région centrale du Vietnam : de construction tardive, la muraille offre néanmoins des éclaircissements novateurs sur la « Marche vers le Sud », ce processus d’expansion territoriale du Vietnam (Xe – XIXe siècles) qui s’est opéré aux dépens du royaume du Champa et de l’empire Khmer.

Abstract - The Long Wall of Quảng Ngãi and the territorial expansion of Vietnam : a multidisciplinary project of historical research

No contemporary document describes the construction of the Long Wall of Quảng Ngãi. The annals of the Nguyễn court inform us that it was built in 1819 on the orders of the viceroy Lê Văn Duyệt, but if we wish to understand the political, economic and military motivations and conditions of its construction, we must rely on the results of research done in other disciplines than history. Archaeological and cartographic survey reveals the monument’s extent (113 km, orienté N-S) and location, following the piedmont, reinforcing the break between the coastal plain and the valleys of the hinterland. Excavation of forts and temples associated with the network of fortifications, and ethnographic research on the Viet and Hrê populations, inhabitants respectively of the areas to the east and west of the border, confirm the hypothesis that the wall’s construction was ordered only after negotiations between the two populations and that the Hrê highlanders contributed labour and technology (dry stone masonry). Contrary to the impression given by the court annals, this was not a wall in the ‘classical’ tradition, designed to close the empire to barbarians, but was a more complex border apparatus, intended to demarcate the territories belonging to each of the populations and to ensure the security of cross-border commerce. Andrew Hardy will present a synthesis of this research project which, since the rediscovery of the wall in 2005, has been run jointly by the EFEO and the Institute of Archaeology (Vietnamese Academy of Social Sciences) and which led in 2011 to the monument’s designation as national heritage. He will also discuss the regional context to this monograph of a province in central Vietnam : despite the late date of its construction, the wall offers new insights into the « March to the South », Vietnam’s territorial expansion (10th to 19th centuries) at the expense of Champa and the Khmer empire.



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