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Séance du 8 mars 2013


Communication de Mme Hélène Cuvigny, directeur de recherche au CNRS/IRHT, sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL : « Bilan papyrologique du programme Praesidia du désert Oriental égyptien ».

La partie du désert Oriental égyptien comprise entre les latitudes de Myos Hormos et de Bérénice, sur la mer Rouge, prit au début du Principat le nom de désert de Bérénice (Mons Berenices) ; cette zone était placée sous l’autorité d’un chevalier romain qui portait le titre de préfet de Bérénice (bien qu’il résidât à Koptos) et qui a souvent cumulé commandement militaire et procuratèle équestre. À partir de Vespasien, les deux pistes reliant l’emporion nilotique de Koptos aux deux ports maritimes furent systématiquement équipées de fortins (praesidia). Menée entre 1994 et 2013 sous les auspices du MAEE et de l’IFAO, la fouille de plusieurs praesidia (essentiellement Maximianon, Krokodilô, Didymoi, Dios et Xèron Pelagos) a livré environ 15 000 ostraca grecs et latins. Bien qu’ils aient été la raison d’être de ces stations routières, les échanges commerciaux entre les mondes méditerranéen et érythréen n’ont eu pratiquement aucune retombée sur la teneur de ces écrits éphémères, exclusivement issus de dépotoirs, et qui concernent avant tout la routine quotidienne des communautés de militaires et de civils qui vivaient sous l’autorité des curatores praesidiorum. Dans ce corpus textuel disparate, on a choisi de présenter quatre dossiers significatifs : les journaux de poste, qui illustrent une des principales fonctions des praesidia (servir de relais dans la transmission du courrier officiel) ; les lettres privées qui permettent de comprendre l’organisation de la prostitution ; les billets oraculaires qui témoignent à la fois d’une activité inattendue dans des chapelles de postes militaires et d’une poésie populaire mieux attestée en Asie Mineure qu’en Égypte ; et enfin un groupe d’ordres de livraison de blé à des Barbaroi, dont l’anthroponymie est aussi insolite que variée ; il s’agit probablement de ces nomades d’origine nubienne qui seront conventionnellement appelés Blemmyes à partir de la fin du IIIe siècle.

Mots clefs : armée romaine, poste officielle, prostitution, oracles, Blemmyes.



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