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Séance du 15 février 2013


Note d’information de Mme Olga Weijers, correspondant étranger de l’AIBL : « Pour une histoire de la pensée médiévale ».

L’Antiquité est considérée depuis longtemps comme une civilisation qui doit être étudiée dans son ensemble. Il me semble que le moyen âge mériterait la même approche. Non seulement il faut situer les œuvres dans leur contexte, dans le milieu des pratiques sociales et intellectuelles, mais aussi, dans une approche globale des disciplines intellectuelles. Il faudrait placer les diverses disciplines dans le contexte plus large de l’histoire de la pensée, afin de distinguer non seulement les différences entre elles mais aussi tout ce qu’elles ont en commun.

Mots-clés : moyen âge, universités médiévales, histoire de la pensée, histoire intellectuelle, interdisciplinarité






Communication de Mme Colette Nativel, sous le patronage de M. Marc FUMAROLI : « Le De Pictura Veterum (1694) de Franciscus Junius et les académies ».

Publié une première fois en latin par Blaeu, à Amsterdam en 1637, le De pictura veterum libri tres de Franciscus Junius (1591-1677), docte philologue néerlandais (d’origine française par son père, le théologien calviniste François Dujon), bibliothécaire et « conservateur » des collections de l’Earl Marshall d’Angleterre, Thomas Howard of Arundel, fut réédité en 1694, après la mort de son auteur, augmenté d’un catalogue encore inédit des artistes de l’antiquité. Le De pictura libri tres, tot in locis emendati, et tam multis accessionibus aucti, ut plane noui possint uideri : accedit Catalogus, adhuc ineditus, architectorum, mechanicorum, sed praecipue pictorum, statuariorum, caelatorum, tornatorum aliorumque artificum, et operum quae fecerunt, secundum seriem litterarum digestus, c’est le titre complet de cette seconde édition latine, fut publié à Rotterdam, chez l’imprimeur Renier Leers. Outre l’augmentation importante du format — on passe d’un petit in quarto de 318 pages à un in-folio en deux parties de 296 et 236 pages —, on constate que le modeste volume de 1637 s’est transformé en un somptueux ouvrage. Précédé d’un frontispice dessiné par Adriaen van de Werff et gravé par Pieter Mulder, le volume est dédié à Jean-Paul Bignon et c’est à Sébastien Le Clerc que l’on demande de graver la vignette qui surmonte la dédicace. De nombreuses pièces liminaires et un portrait de Junius, dessiné d’après van de Werff et gravé par Peter van Gunst, précèdent la lettre dédicace de Junius au roi Charles Ier d’Angleterre qui ouvrait la première édition. La dédicace par l’imprimeur à Jean-Paul Bignon, si elle s’explique par d’évidentes raisons commerciales, témoigne de la mobilisation de la République des Lettres pour promouvoir ce volume. Nous montrerons à partir des correspondances, l’importance de ce réseau européen qui unit, autour de ce volume, les savants des Pays Bas (Johannes Graevius, Jean de Witt), d’Allemagne (Leibnitz), d’Italie (Bellori) et de France (Jean-Paul Bignon, l’abbé Nicaise, Bayle, l’abbé du Bos). Cette première réception savante aurait pu faire du De pictura veterum une arme pour les partisans des Anciens. Il sera pourtant employé par Roger de Piles, conseiller honoraire de l’Académie royale de peinture et de sculpture, dans le cadre de la querelle du coloris, pour défendre Rubens et les Modernes.



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