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Séance du 6 décembre 2013

Communication de M. Stéphane Deschamps, conservateur général du Patrimoine, sous le patronage de M. Jean-Pierre MAHÉ : « La forteresse ourartéenne d’Erebuni (Érevan, Arménie) : une nouvelle lecture de la fin du royaume d’Ourartou ? ».

Après un premier programme consacré à l’achèvement de l’étude d’un petit palais de la période achéménide, puis à la fouille d’un ensemble d’habitats occupés de la fin du VIe siècle au IVe siècle av. J.-C. (Beniamin, région du Chirak, 1999-2007), la mission archéologique franco-arménienne a engagé, depuis 2008, un nouveau programme de fouilles sur le site d’Erebuni (Erevan). Construite sur la colline d’Arin Berd en 782 av. J.-C., la forteresse d’Erebuni est l’une des trois principales forteresses ourartéennes fondées dans la plaine de l’Araxe : Erebuni (Arin Berd, Erevan), Argishtihinili (Armavir) et Teishebaini (Karmir Blour, Erevan). Au même titre qu’Argishtihinili, également fondée par le roi Argishti, puis Teishebaini, fondée par le roi Rusa II dans le premier quart du VIIe siècle av. J.-C., elles constituent à la fois des centres de pouvoir et de contrôle, des centres religieux et de véritables « greniers » liés à l’exploitation agricole de la plaine de l’Araxe. Le programme de recherches mené sur le site d’Erebuni depuis 2008 conduit à réexaminer les données archéologiques acquises lors des grandes campagnes de fouilles pionnières menées dans les années 1950-60, à la fois sur un plan topographique (organisation du sanctuaire de Haldi), mais aussi – et sans doute surtout – sur un plan chronologique. Une des questions les plus délicates concerne la période de transition comprise entre la chute du royaume d’Ourartou et l’intégration de l’Arménie dans l’empire perse achéménide. Longtemps qualifiée de late ourartou à la suite des hypothèses formulées par B. B. Piotrovsky à l’issue des fouilles de Teishebaini, suggérant une destruction de la forteresse vers 585 av. J.-C. au moment de l’effondrement d’Ourartou, cette période doit être reconsidérée dans sa durée à la lueur des nouvelles hypothèses fondées en particulier sur les plus récentes études du corpus des inscriptions ourartéennes, ou sur les chroniques assyro-babyloniennes. Ainsi, les fouilles menées dans la forteresse d’Erebuni nous conduisent à proposer une nouvelle interprétation de cette période de transition comprise entre le milieu du VIIe et le milieu du VIe siècle av. J.-C. Loin de se manifester par une simple permanence d’occupation, cette période voit le développement de nouveaux programmes architecturaux dont la grande salle à trente colonnes, longtemps qualifiée d’apadana, constitue un des traits les plus marquants. Ces nouvelles données contribuent à proposer une nouvelle page de l’histoire de l’Arménie avant son intégration dans l’empire perse achéménide.

The Urartian fortress of Erebuni (Yerevan, Armenia) : a new reading a new perspective on the end of the kingdom of Urartu ?
After a first program devoted to the study of a small palace of the Achaemenid period, then the study of dwellings occupied betwen the end of the sixth century to the fourth century BC (Beniamin, region of Shirak, 1999-2007), the French–Armenian archaeological expedition has engaged, since 2008, a new excavation program in the fortress of Erebuni (Yerevan). Built on the hill of Arin Berd in 782 BC., the fortress of Erebuni is one of the three main ourartian strongholds founded in the plain of the Araxes : Erebuni (Arin Berd, Yerevan) Argishtihinili (Armavir) and Teishebaini (Karmir Blour, Yerevan). As Argishtihinili, also founded by King Argishti and Teishebaini, founded by King Rusa II in the first quarter of the seventh century BC., they are both centers of power and control, religious centers and « granaries ». The research program conducted in Erebuni since 2008 led to reconsider the archaeological data collected during the pioneering research carried out in the years 1950 to 1960, both on a topographical aspects (organization of the sanctuary of Haldi) but also - and perhaps especially - on a chronoglogical point of view. One of the most difficult question is the period of transition that extends from the end of the Urartian period down to the beginning of the Achaemenid period.. Long referred as « late Urartu », following assumptions proposed by B. B. Piotrovsky after the excavations of Teishebaini, suggesting a destruction of this fortress ca. 585 BC., at the time of collapse of Urartu, this period should be reconsidered in its duration to the light of new hypotheses based, in particular, on the most recent studies of the corpus of ourartian inscriptions, or the Assyrian-Babylonian chronicles. Thus, the excavations in the fortress of Erebuni lead us to propose a new interpretation of the transitional period between the middle of the seventh and the middle of the sixth century BC. Far from showing a single continuous occupancy, this period saw the development of new architectural projects including the large dining thirty columns, long classified as Apadana, is one of the most striking features. Far from showing a simple continuation of the occupation, this period saw the development of new architectural programs including the main thirty-columned hall, so-called Apadana, is one of the most original features. These new data led to propose a new page of the history of Armenia before its integration into the Achaemenid Persian Empire.

Communication de M. Li Fanwen, professeur à l’Université de Pékin, sous le patronage de M. Franciscus VERELLEN : « Aperçu sur l’empire Xixia et sur la langue et l’écriture tangoutes ».



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