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Séance du 9 mars 2012


Communication de M. Jean-Bernard de Vaivre, Correspondant de l’Académie, et M. Laurent Vissière, Maître de conférences à Paris Sorbonne : « L’écrivain et le peintre. Un cahier d’instructions inédit de Guillaume Caoursin pour la réalisation de l’exemplaire de dédicace de ses œuvres à Pierre d’Aubusson ».

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La Bibliothèque nationale de France conserve, parmi les plus beaux des manuscrits enluminés de la fin du XVe siècle, un recueil (Lat. 6067) de cinq textes latins que Guillaume Caoursin, vice-chancelier de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et secrétaire du grand maître, consacra au récit du siège de Rhodes de 1480 et aux événements qui le suivirent, notamment le séjour sur l’île de Sultan Djem, frère de Bajazet. Il s’agit de l’exemplaire de dédicace à Pierre d’Aubusson. Ce manuscrit compte 51 peintures à pleine page attribuées au maître du cardinal de Bourbon, et constitue à ce titre un chef d’œuvre de l’enluminure. On connaît un second exemplaire luxueux de ces œuvres, également offert à Pierre d’Aubusson, mais dépourvu d’illustration (Lat. 6068). Le texte de ces deux manuscrits est commun, et se distingue par nombre de variantes de celui qui a été imprimé dans une série d’incunables, parus en Europe au tout début des années 1480. La découverte à la Bibliothèque du Vatican d’un troisième témoin de cette sous-famille (Reg. Lat. 1847) est en soi importante, mais elle s’avère même capitale, car il s’agit en fait du brouillon annoté par Guillaume Caoursin lui-même du ms. Lat. 6067. Le texte est accompagné d’une lettre signée de l’auteur et d’un cahier d’instructions à l’usage du scribe qui doit le recopier, et à celui du peintre, chargé de l’illustrer. Caoursin donne des ordres sur chaque élément du manuscrit, aussi bien la couverture que la mise en page et la forme des lettres. Mais surtout, chaque peinture y est minutieusement décrite, avec des indications sur les monuments, les portraits et jusqu’au détail des costumes. L’intérêt du document transcende complètement la seule histoire rhodienne, et offre un éclairage unique en son genre sur les rapports de l’auteur et de l’artiste dans le domaine des livres enluminés du Moyen Age.


Communication de Mme Corinne Bonnet, correspondant étranger de l’Académie, sous le patronage de M. Marc PHILONENKO : « « Comme des nœuds qui les unissaient tous ensemble » (Voltaire). Le processus d’interpretatio en Phénicie à l’époque hellénistique ».

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