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Séance du 29 juin 2012


Note d’information de M. François DÉROCHE, membre de l’Académie : « Le sultan à l’école. À propos d’une licence délivrée au sultan saoudien Ahmad al-Mansūr ».

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Communication de Mme Françoise Wang-Toutain, sous le patronage de M. Franciscus VERELLEN : « La tombe de l’empereur chinois Qianlong (1735-1796) et l’influence du bouddhisme tibétain en Chine sous le dynastie mandchoue des Qing ».

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En 1644, les Mandchous renversent la dynastie chinoise des Ming et fondent la dynastie mandchoue des Qing. Qianlong (r. 1736-1786) est le quatrième empereur à occuper le trône. Il est unanimement présenté par les historiens comme parfaitement sinisé, maîtrisant à merveille le savoir confucéen et l’esthétique taoïste. Dans sa structure, sa tombe suit le modèle architectural des mausolées impériaux chinois. Cependant, elle se distingue par son programme ornemental intérieur. Les murs et les voûtes des chambres funéraires sont en effet couverts de représentations bouddhiques et d’inscriptions. Curieusement, parmi ces dernières, on ne trouve pas un seul caractère chinois ou la moindre lettre mandchoue. Les deux écritures utilisées sont le tibétain et le lantsa. Après avoir relevé ces inscriptions (plus de 30 000 lettres), j’ai procédé à leur identification. Il s’agit uniquement de dharani c’est-à-dire de formules sacralisantes. L’ensemble participe à la création d’un espace sacré. Dans la dernière chambre funéraire qui contient les cercueils impériaux, la répartition des textes rappelle la façon dont, selon la tradition tibétaine, on dispose des textes reliques à l’intérieur d’un stupa, monument funéraire bouddhique par excellence. Grâce à une collaboration avec le laboratoire du CNRS MAP de Marseille, un modèle 3D de la tombe a été créé afin de comprendre comment et à quelle fin l’écrit a été utilisé dans ce monument, et de montrer le caractère très sophistiqué de cette réalisation. L’intérêt de Qianlong pour le bouddhisme tibétain est mieux connu depuis une quinzaine d’années. Il fut longtemps et est encore souvent présenté comme le fruit d’une stratégie politique par laquelle l’empereur cherchait à se concilier les populations mongoles qui avaient une grande dévotion dans le bouddhisme tibétain. La tombe de Qianlong permet de nuancer cette affirmation. Si l’empereur fit élaborer un programme ornemental aussi complexe, ce n’était pas pour en faire une vitrine que l’on montrerait aux Mongols mais plus certainement parce qu’il avait lui-même une dévotion confiante en cette tradition religieuse.

Mots clefs : Qianlong | Bouddhisme tibétain | Rituel funéraire | Mandchou | Stupa



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