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Séance du 22 juin 2012


Note d’information de M. Henry de Lumley, correspondant de l’AIBL : « Les industries du Paléolithique ancien de la Corée du Sud dans leur contexte stratigraphique et paléo-écologique et leur place parmi les cultures du Paléolithique ancien en Eurasie et en Afrique ».

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Alors qu’il y a 50 ans aucun site du Paléolithique ancien n’était connu en Corée du Sud, au cours des dernières années plus d’une centaine de gisements a été découverte, sur tout le territoire, à la suite de prospections et, plus généralement, à l’occasion de travaux de terrassements pour la construction d’immeubles et de routes. Ce sont souvent des gisements situés en plein air et quelques fois en grotte. Des datations récentes, en faisant appel à la méthode des isotopes cosmogéniques 26Al/10Be permettent de les attribuer au Pléistocène moyen et au début du Pléistocène supérieur, entre 500 000 et 35 000 ans. Les industries lithiques mises au jour sur ces sites sont apparemment très homogènes et ne présentent pas d’évolution significative, que ce soit d’un point de vue techno-typologique ou techno-économique. Elles se caractérisent par une forte présence de macro-outillage, comme des choppers, le plus souvent à bord tranchant convexe et parfois à bec. Les rabots à dos sont récurrents et très spécifiques de ces industries. Les chopping-tools sont très rares. Les pics à enlèvements bilatéraux abrupts et les unifaces, à enlèvements bilatéraux envahissants, sont bien représentés. Proportionnellement peu nombreux, les bifaces sont présents dans presque tous les assemblages. Rarement symétriques, ils sont généralement grossiers, épais, partiellement façonnés par de grands enlèvements. Les polyèdres, relativement abondants, les sphéroïdes et les bolas composent un seul et même groupe technologique. Les éclats, en grand nombre, ont été obtenus par percussion directe à main levée ou par percussion sur enclume au moyen d’un percuteur dur. Si de nombreux éclats présentent des retouches irrégulières d’utilisation et, parfois des retouches volontaires localisées, rares sont les petits outils aménagés par des retouches régulières et continues : racloirs latéraux simples, doubles et convergents, pointes, outils à encoches, becs, denticulés, quelques grattoirs.



Communication de M. Rolf A. Stucky, sous le patronage de M. Paul BERNARD : « Du marbre grec en Phénicie. Grandeur et décadence de Sidon aux époques perse et hellénistique ».

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Sous l’aspect du « miracle grec » l’occupation de la Phénicie par l’armée macédonienne des années 333-331 av. J.-C. est souvent encore interprétée comme le début d’une époque de prospérité économique et culturelle. Mon intention sera de voir dans quelle mesure le passage d’Alexandre et l’avènement des diadoques ont vraiment influencé miraculeusement la culture phénicienne. J’ai choisi comme point de départ une matière précise, à savoir le marbre. Celui-ci me servira d’indicateur quant-au développement des contacts qui eurent lieu entre la Grèce et la Phénicie ainsi que des transformations éventuelles qu’ils occasionnèrent dans la culture locale. Du fait que ni la Syrie ni la Phénicie ne possédaient des carrières de marbre, la matière première devait être importée. Comme la technique à mettre en œuvre pour travailler cette pierre différait de celle qui s’appliquait aux calcaires locaux, il fallut faire appel à des sculpteurs grecs pour enseigner aux Phéniciens cette pratique nouvelle pour eux, avec comme corollaire l’apport d’éléments iconographiques et stylistiques en vogue dans leur pays d’origine. La sculpture phénicienne en marbre peut être classée en trois catégories : La sculpture funéraire avec les sarcophages anthropoïdes et les sarcophages à relief ; la sculpture votive avec les statues d’enfants et d’adultes ; les éléments d’architecture à décors ornemental ou animalier. Si l’on fait le compte des œuvres conservées, la sculpture sur marbre phénicienne débute au 1er quart du Ve s., atteint son apogée au IVe et diminue rapidement depuis le début du IIIe pour reprendre avec ampleur seulement au IIe s. ap. J.-C. La baisse nette dès l’époque hellénistique ancienne n’était certainement pas une question de « goût » ; elle était plutôt le résultat d’un profond changement de la situation économique. Après la conquête d’Alexandre, le pouvoir politique et avec lui les activités économiques et la vie culturelle avaient délaissé les anciennes villes portuaires phéniciennes pour se déplacer en direction des colonies fondées par Alexandre en Égypte et par Séleucos Ier en Syrie.

Mots clés : Phénicie - Alexandre le Grand - Hellénisation - Acculturation - Marbre grec



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