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Séance du 6 janvier 2012

Note d’information de M. Jean-Luc Fournet, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, et de Mme Anne Tihon, sous le patronage de M. Jacques JOUANNA : « Le papyrus Fouad Inv. 267 A et l’histoire de l’astronomie ancienne ».



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Le Papyrus Fouad Inv 267 A est un document d’un intérêt exceptionnel pour l’histoire de l’astronomie ancienne. Il s’agit d’un fragment de traité qui contient un exemple daté du 8/9 novembre 130 de notre ère : le texte est donc contemporain de Ptolémée. Il mentionne une observation d’Hipparque inconnue par ailleurs, relative au solstice d’été le 28 juin 158 avant J.-C. Le texte concerne uniquement le Soleil, dont la longitude est calculée selon trois tables différentes, basées sur la longueur de l’année sidérale (365j ¼ + 1/102), moyenne (365 j ¼), et tropique (365j ¼ - 1/309). L’auteur se base sur une Syntaxe différente de la Syntaxe mathématique de Ptolémée, plus connue sous le nom d’Almageste. L’astronome qui a composé cette Syntaxe s’est basé sur les observations d’Hipparque pour estimer la précession des équinoxes à 1° en 78 ans, valeur meilleure que celle de Ptolémée (1° en 100 ans). Le système sous-jacent comporte un excentrique, comme chez Ptolémée. Les calculs utilisent des périodes chronologiques proches de celles de Ptolémée (périodes de 25 ans, années simples, etc), mais aussi des grandes périodes de 30.000 et de 7.000 ans, inconnues dans les tables astronomiques anciennes. Le verso du papyrus continue les calculs conformément aux traités d’astronomie ancienne par la correction du temps et le calcul de l’obliquité (ou déclinaison) du Soleil. La précision des calculs, la cohérence du système sont tout à fait remarquables, malgré quelques erreurs en partie corrigées par le copiste et un seul passage concernant la vitesse horaire du Soleil que nous n’avons pu élucider. Il s’agit d’un document unique qui éclaire d’un jour nouveau le contexte astronomique de l’époque de Ptolémée ainsi que l’œuvre d’Hipparque.

Mots clés : papyrus, astronomie ancienne, Hipparque, Ptolémée, Alexandrie.

Communication de M. Alain Lemaréchal, professeur à l’université de Paris IV, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études et Secrétaire de la Société de Linguistique de Paris, sous le patronage de M. Gilbert LAZARD, sur la typologie générale.



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On oppose souvent « linguistique des langues » et « linguistique formelle », comme si de la première relevaient les basses besognes de la description des langues et de l’accumulation encyclopédique des savoirs sur elles, et qu’à la seconde, inaccessibles à la première, revenaient la rigueur et le fin mot de la mise en forme et de l’explication des phénomènes. Nous soutiendrons, au contraire, que la typologie ou plutôt une linguistique de la diversité des langues amène, par sa nature même, à une abstraction de plus en plus grande au fur et à mesure qu’on prend en compte des langues de plus en plus diverses. Non seulement on est contraint à l’abstraction pour dépasser la diversité, mais on est amené à multiplier les paramètres pour cerner cette diversité. Nous soutiendrons, par ailleurs, que l’épistémologie saussurienne, même si elle conçoit chaque langue comme un système fermé sur lui-même, non seulement n’exclut nullement, comme on a pu le prétendre (Haspelmath), la comparaison inter-langue, mais en est, par son fondement qui est la distinctivité, la condition même, et nous fournit, par sa théorie du signe, l’outil pour isoler atomes de sens et atomes de forme diversement associés selon les types de langues. Pour illustrer notre propos, nous reviendrons sur deux domaines qui nous ont occupé depuis le début : 1) le problème de la copule et la question du caractère prédicatif de parties du discours autres que le verbe, en particulier de la prédicativité des noms, et 2) le problème de l’expression des rôles sémantiques (tels qu’agent, patient, destinataire, etc.). Dans les deux cas, on est conduit à une atomisation maximale du signifiant, auquel fait face une atomisation non moins radicale des signifiés, en atomes de signifiés, c’est-à-dire, pour ne pas les nommer en sèmes, représentables idéalement sous forme de fonctions prédicatives logiques et de variables, et autres représentations abstraites que nous fournissent les théories modernes de la signification.

Mots-clés : diversité des langues, typologie linguistique, théorie saussurienne du signe, multiprédicativité, séries verbales



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