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Séance du 27 janvier 2012

Note d’information de M. Vincent Rondot, chargé de recherche au Cnrs (Halma-Ipel – université Charles-de-Gaulle-Lille 3), sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL : « El-Hassa : un temple à Amon dans l’île de Méroé au Ier siècle de notre ère ».



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Depuis 2000, une équipe franco-soudanaise exploite le site urbain méroïtique d’el-Hassa, au sud de la nécropole royale de Méroé. Le temple principal de la ville, dédié au dieu Amon, est en passe d’être intégralement connu et les caractéristiques de son plan comme l’historique de sa construction viennent ajouter des informations nouvelles à la très courte liste des temples à Amon connus dans l’île de Méroé. La démonstration qu’un temple préexistant a été agrandi et modifié pour être consacré à Amon est l’un des acquis principaux de cette fouille. Les statues monumentales de bélier qui figurent l’animal dans lequel s’incarne le dieu et qui décoraient les flancs du dromos sont inscrites du nom du souverain commanditaire et dont le règne est encore très mal connu, Nebmaâtrê Amanakhareqerem. Cette particularité confère au bâtiment un intérêt historique remarquable et il ne fait nul doute que le temple à Amon d’el-Hassa jouera un rôle dans la réévaluation du règne de ce qore et dans l’établissement de la chronologie des souverains méroïtiques au Ier siècle de notre ère. La découverte, en 2005, d’un dépôt d’objets sous la voûte écroulée du sanctuaire augmente la connaissance que nous avions du matériel liturgique d’un temple. Il est constitué du regroupement de productions assurément méroïtiques (faïences et bronzes) avec des importations égyptiennes (petite statuaire), comme avec des armes votives néolithiques ou encore des jeux de la nature. Ces éléments pour la compréhension de la théologie d’Amon à el-Hassas’ajoutent aux informations fournies par le temple mêmeet, au terme de onze campagnes sur le site, nous pouvons décrire un sanctuaire de grande taille dans lequel, au Ier siècle après J.-C., la référence à l’antiquité pharaonique reste l’une des préoccupations les plus visibles.

Communication de M. François Baratte, professeur des universités, sous le patronage de M. Jean-Pierre SODINI : « Vaisselle d’argent et société dans la Rome de l’Antiquité tardive : luxe, politique et religion à la lumière de quelques récentes découvertes ».



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Le 4 décembre 1628 était mis au jour à Trèves, dans le noviciat des Jésuites, le plus grand trésor de vaisselle d’argent d’époque romaine jamais découvert : une cinquantaine d’objets, représentant près de 115 kilos d’argent. Mais les temps étaient durs, la Guerre de Trente ans battait son plein, et la trouvaille fut rapidement fondue. Par chance, plusieurs documents d’archives conservent de cet ensemble un inventaire précis, qui permet de se faire une idée assez claire des objets : on peut sans difficulté les comparer à des pièces existant aujourd’hui, appartenant à des trésors de l’antiquité tardive et datant du IVe ou du début du Ve s. Le trésor de Trèves est bien un trésor de cette époque.
Or, au cours des récentes décennies plusieurs documents nouveaux sont venus enrichir ce qu’on savait de cette argenterie, et apporter des informations inédites sur les formes, donc les fonctions de ces objets sur la table, sur leur décor et finalement sur leur rôle dans la société contemporaine, en particulier la place qu’ils tenaient dans les échanges de cadeaux, officiels ou privés. C’est sur quelques-uns de ces aspects que je souhaiterais insister devant vous.



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