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Séance du 13 janvier 2012


Note d’information de Mme Cécile Morrisson, correspondant français de l’Académie : « Présence de Byzance : le monde byzantin et l’historiographie française. À propos d’un ouvrage récent ».



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À l’occasion de la sortie du dernier volume consacré à l’histoire de Byzance (1204-1453) dans la collection la Nouvelle Clio (Presses Universitaires de France, 2011), son éditeur revient sur la conception de cette série de trois livres couvrant Le monde byzantin de la fondation de Constantinople en 330 à 1453, dûs à une équipe d’universitaires, pour la plupart héritiers intellectuels du fondateur de la collection, Paul Lemerle. Elle évoque les avancées auxquels ils ont contribué dans l’élargissement du champ documentaire : publications des documents d’archives grecs du mont Athos, mais aussi des documents italiens riches d’informations nouvelles sur la période tardive où les républiques maritimes dominent le commerce et la politique de la Méditerranée orientale, prospections et fouilles, recherches épigraphiques, numismatiques, sigillographiques et paléographiques. Ayant comblé son retard d’autrefois sur l’historiographie de l’Occident médiéval, le byzantiniste d’aujourd’hui, dans cette nouvelle réflexion sur des sources plus nombreuses et plus diverses, s’efforce de rendre à Byzance sa présence dans les études médiévales. À cheval entre l’Ouest et l’Est, rejeté à tort depuis le XVIIIe siècle dans un ailleurs exotique et décadent, l’empire d’Orient, grec de langue et de culture, romain par ses lois et son administration, chrétien dès l’origine, n’est pas un archaïsme complexe, obscur, dogmatique et figé. C’est une structure qui s’adapte pour survivre avec succès aux bouleversements du viie siècle jusqu’à retrouver aux xie et xiie siècles la prospérité antique, une puissance qui ne cesse d’intervenir dans les affaires italiennes et au-delà avant que les Croisades ne la brisent, une civilisation qui rayonne même (ou d’autant plus) lorsque le substrat politique et financier s’effondre. On insistera aujourd’hui sur sa convergence économique et démographique avec celle des espaces dits “européens”, sur les modèles et l’héritage intellectuel que nous lui devons. Sans celui-ci la culture classique telle qu’elle a fleuri de la Renaissance au xxe siècle ne serait pas ce qu’elle a été.

Mots clés : Byzance, Constantinople, Ottomans, culture grecque, orthodoxie


Communication de M. Nicolas Reveyron, professeur d’histoire de l’art et archéologie, Institut universitaire de France, université Lumière-Lyon 2, sous le patronage de M. Roland RECHT : « Le projet monumental d’Hugues de Semur pour l’abbaye de Cluny. Un dialogue des sources écrites et de l’archéologie du bâti ».



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Hugues de Semur, sixième abbé de Cluny, n’a pas été le commanditaire d’un seul édifice, mais l’ampleur de son activité architecturale, aussi bien à l’intérieur de l’abbaye que dans les grands prieurés, a été occultée par la renommée exceptionnelle de Cluny III, chef-d’œuvre de l’art roman. Il a profondément restructuré son monastère, créant objectivement des modèles qui ont été repris par la suite dans de grands prieurés clunisiens du XIIe-XIIIe siècle et suivis parfois à l’échelle de l’Europe. Modèle stylistique, d’une part : la troisième abbatiale, imitée à La Charité-sur-Loire et à Paray-le-Monial, a été aussi à l’origine de cette Renaissance du XIIe qui s’est épanouie de Bourgogne jusqu’en Italie, et du début du XIIe siècle jusqu’à la première moitié du XIIIe siècle. Modèle pour l’organisation de l’espace monastique, d’autre part, avec la restructuration de l’ecclesia beatae Mariae, la seconde église de l’abbaye. Pôle majeur de la liturgie clunisienne, l’église mariale était positionnée entre l’infirmerie et le chapitre, étroitement articulée avec lui et rigoureusement séparée de l’abbatiale. Mais l’évolution liturgique concernant l’accompagnement des agonisant a induit des modifications notables, qui ont été appliquées pour la première fois dans le prieuré féminin de Marcigny, création d’Hugues de Semur, puis dans la plupart des prieurés clunisiens où elle a pu être étudiée. Le succès de la formule nouvelle se mesure à l’ampleur de son imitation par des abbayes non clunisiennes. Cette réussite tient en partie à l’étroite association des formes architecturales et de la liturgie, expression d’une spiritualité et d’une ecclésiologie. Le croisement des sources écrites et de l’archéologie, singulièrement l’archéologie du bâti, permet de comprendre à la fois quel a été le projet d’Hugues de Semur pour son abbaye, comment il a organisé le chantier en fonction d’impératifs contraignants et quelle place a prise l’église mariale dans le monde clunisien et à l’extérieur.

Mots-clefs : Moyen Age, Cluny, architecture, archéologie du bâti, histoire de l’art



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