Accueil du site > Séances et Manifestations > Les séances du vendredi > Séances 2012 > Avril 2012

Séance du 20 avril 2012


Note d’information de M. Michal Gawlikowski, correspondant étranger de l’Académie, sous le patronage de M. Jean-Marie DENTZER : « Le Tarif de Palmyre et le temple de Rab’asirê ».

Écouter
IMG/mp3/aibl_20_04_2012_gawlikowski_ni.mp3

En 1882, l’Académie a été informée d’une découverte majeure faite à Palmyre. Le prince Abamelek-Lazarev a communiqué l’estampage du tarif municipal qu’il avait dégagé l’année même. L’année suivante, une première édition a paru dans Journal asiatique sous la plume de M. de Vogüé. La pierre a été transportée à St. Petersbourg en 1901 où elle se trouve aujourd’hui au Musée de l’Hermitage. Selon le texte du Tarif, la stèle était exposée en face du temple du dieu dit Rab’asirê, mais le lieu exact de la trouvaille est demeuré vague. Encore en 1966, le Comte du Mesnil du Buisson a fait état à l’Académie de sa conviction que ce temple serait identique au bâtiment connu comme l’annexe de l’Agora, fouillé à l’époque par les archéologues syriens. Grâce à l’obligeance de M. Alexandre Nikitine, conservateur du Département Oriental de l’Hermitage, j’ai pu obtenir les copies d’un lot de photos prises lors de l’opération de l’enlèvement du Tarif en 1901. Il est ainsi devenu possible de fixer l’endroit précis de la stèle. Au cours de deux saisons de fouille, en 2010 et 2011, j’ai pu retrouver cet endroit. En même temps, une voie pavée a été découverte, suivant le fond du wadi qui passe devant l’Agora de Palmyre. Les restes du temple ont été également retrouvés. La topographie de cette partie de l’ancienne Palmyre se trouve ainsi sensiblement modifiée.

Mots clés : Palmyre, Tarif, Agora, de Vogüé, Rab’asirê


Communication de M. Satyanad Kichenassamy, sous le patronage de M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT : « L’Analyse Littéraire au service de l’Histoire des Mathématiques : Critique interne de la Géométrie de Brahmagupta ».

Écouter
IMG/mp3/aibl_20_04_2012_kichenassamy_comm.mp3

Le mathématicien indien Brahmagupta (628 ap. J.-C.), dont chacun connaît les règles de manipulation du zéro et des nombres négatifs, ainsi que les nombreuses méthodes « algébriques », a également donné des résultats géométriques dont la validité a été contestée en Inde comme en Occident. En soumettant le discours versifié de Brahmagupta aux méthodes de critique interne habituellement réservées aux textes littéraires ou historiques, on montre qu’il a construit un discours mathématique cohérent conduisant à la dérivation de ses résultats sur le quadrilatère inscrit dans un cercle. Ce discours ne procède pas de manière dogmatique, mais se présente plutôt comme une invitation à penser avec l’auteur. Les bases conceptuelles de Brahmagupta diffèrent des nôtres, mais aussi de celles de certains de ses successeurs immédiats ; il ne connaît pas la notion d’angle, il n’utilise aucune figure. Mais la structure de son discours et la précision de sa terminologie suffisent pour comprendre ce qu’il suggère, pour peu qu’on le lise comme un texte littéraire, utilisant toutes les ressources de la langue. Ces résultats sont cohérents avec nos résultats antérieurs sur les mathématiques de la période des Śulva-sūtras (circa 800 à 500 av. J.-C.).

Mots-clés  : Discours mathématique versifié. Quadrilatère cyclique. Analyse littéraire. Mathématiques de l’Inde médiévale.



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC