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Séance du 4 novembre 2011

  • Communication M. Pierre-Louis Gatier, directeur de recherche du CNRS à la Maison de l’Orient (Lyon), sous le patronage de M. Jean-Pierre SODINI, membre de l’Académie : « Nouvelles recherches archéologiques dans la ville de Tyr (Liban) ».


La Mission archéologique de Tyr a mené trois campagnes de terrain (2008-2010), dans deux zones de la Vieille Ville de Tyr, l’ancienne île. Ce sont la « cathédrale médiévale » et les « bains, arènes et palestre », fouillés par la DGA (Direction Générale des Antiquités) dirigée par l’Émir Maurice Chéhab, entre 1946 et 1975, mais fort peu publiés et documentés. Il s’agit maintenant de relever les installations en place, de les dater et les interpréter, en particulier par des sondages.

1° La cathédrale médiévale construite par les croisés, dont il restait des portions au XIXe s., avait été détruite ensuite. Les fouilles de la DGA avaient profondément dégagé ses fondations jusqu’à une rue antique. Des colonnes romaines remployées dans la cathédrale avaient été redressées sur des piles de fondations fortement restaurées.
L’inventaire des blocs documente le décor et les élévations. En établissant un plan du monument et des constructions annexes, dont un enclos canonial, nous précisons leur rapport avec les états précédents du quartier. Certaines restaurations ne correspondent manifestement pas à l’état primitif du bâtiment. Contrairement aux théories répandues, la cathédrale ne s’est pas installée sur un espace abandonné après l’Antiquité, mais a succédé à d’autres bâtiments médiévaux, dont un grand monument retrouvé sous le collatéral sud.

2° Dans la zone sud, deux bâtiments distincts, l’un nommé « monument rectangulaire à gradins » et l’autre défini comme des thermes romains flanqués d’une palestre, se trouvent situés de part et d’autre de ce qui était considéré comme une « rue à colonnade » pavée de mosaïques et de marbre. La définition et la date de ces bâtiments étaient problématiques. Nous y voyons un vaste et unique ensemble thermal byzantin s’étendant au Nord et au Sud de la « rue ». Cette dernière est en réalité une longue basilique thermale couverte. Des latrines monumentales ont été également reconnues. La « palestre », qui s’est révélée l’une des deux palestres d’un bain de type impérial, c’est-à-dire symétrique, est construite au-dessus de bâtiments hellénistiques. Le « monument à gradins » entouré de citernes est lui aussi byzantin : il a succédé à un gymnase.

3° Une recherche sur l’artisanat est rendue nécessaire par les trouvailles signalées jadis dans le secteur thermal : résidus de travail du murex, de la poterie et des os. Dans les thermes, des ateliers médiévaux primaires de travail du verre avaient été découverts. L’étude des céramiques a permis de reconnaître plusieurs productions tyriennes inconnues auparavant. Deux fours à chaux ont été fouillés, ainsi que deux grandes fosses/cuves associées à des bassins et peut-être liées à des ateliers de textile ou de cuir. La zone des bains antiques a été transformée en un quartier artisanal médiéval.

Mots-clés :

  • Tyr
  • Liban
  • thermes
  • cathédrale
  • époques hellénistique, romaine, protobyzantine et médiévale


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