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Séance du 18 novembre 2011

Communication de Mme Pascale Ballet, professeur à l’Université de Poitiers, sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL, membre de l’Académie : « De Per Ouadjet à Bouto (Tell el-Fara’in). Un grand centre urbain du delta égyptien de la fin de la Basse Époque à l’Antiquité tardive. »

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Résumé de la communication

La ville de Bouto (l’actuelle Tell el-Faraʽin), située à l’est de la branche de Rosette, constitue, comme l’ont montré les travaux menés par l’Institut archéologique allemand depuis les années 1980, l’un des plus anciens établissements du Delta égyptien. Centre cultuel de Ouadjet (per ouadjet), déesse cobra tutélaire du nord de l’Égypte, Bouto a laissé peu de vestiges datés des Moyen et Nouvel Empires, mais la ville d’époque saïte est mieux connue sur le plan archéologique et s’inscrit dans le réseau urbain autour de Saïs, la capitale, située à faible distance. Son sanctuaire principal a été décrit au Ve siècle av. J.-C. par Hérodote.
Depuis dix ans, l’Université de Poitiers, avec le soutien du ministère des Affaires Étrangères et Européennes et l’Institut français d’archéologie orientale, a engagé un programme pluridisciplinaire destiné à saisir l’importance de Bouto pour les périodes plus récentes, de la fin de la Basse Époque à l’Antiquité tardive. La question des acculturations est au cœur des investigations françaises, en premier lieu celle de l’hellénisation d’une ville située certes hors de la chôra alexandrine, mais peu éloignée de la capitale lagide. La Stèle du Satrape – Ptolémée Sôter – qui réactive, en 311, les privilèges accordés aux dieux et au clergé de Bouto pour la maîtrise du territoire environnant et l’attention portée au sanctuaire de Ouadjet/Bouto sous les premiers Ptolémées, témoignent des relations existant entre la ville et le pouvoir.
Si, dans le domaine de l’habitat, les formules architecturales s’inscrivent dans une tradition vernaculaire, le processus d’hellénisation est davantage perceptible dans le mobilier et certaines pratiques, et indiquerait la présence d’une population grecque durant le premier siècle lagide. Un peu plus tard, la construction de bains à la grecque souligne une autre forme d’hellénisation, et l’on en suit l’évolution jusqu’aux bains à hypocaustes à l’époque romaine. La partie septentrionale de la ville est alors convertie en un vaste quartier de potiers, recourant aux fours à tubulures pour la fabrication d’imitations de sigillées, indice de transferts technologiques depuis l’Italie et/ou la Gaule, et témoignant, dans ce domaine, d’une forte romanisation.
Aux travaux archéologiques, sont associées des enquêtes en cours s’appuyant sur les sources textuelles et géographiques destinées à éclairer la place de Bouto dans le réseau des villes deltaïques. Desservie par le canal Boutique à l’époque romaine, elle figure notamment sur la Table de Peutinger, et compte parmi les sièges épiscopaux à l’époque byzantine.

Mots-clé :

  • Ouadjet
  • hellénisation
  • Delta égyptien
  • Lagides
  • complexes balnéaires
  • transferts technologiques


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