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Séance du 18 mars 2011

Communication de Mme Madeleine Scopello, correspondant de l’AIBL : « Relectures et réinterprétations du personnage de Marie-Madeleine dans le Psautier manichéen copte et chez Ephrem de Nisibe ».

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L’objet de cette communication est de montrer le rôle que joue le personnage de Marie-Madeleine dans les psaumes manichéens coptes du Fayoum et chez Ephrem de Nisibe. Après une brève présentation du dossier des Évangiles où Marie-Madeleine est décrite comme le premier témoin de la Résurrection, nous considèrerons, dans la première partie de cette communication, trois psaumes attribués au manichéen Héraclide. Cette analyse permettra de préciser la dette de leur auteur à l’égard des représentations de Marie-Madeleine élaborées par les gnostiques – les premiers à avoir conféré un rôle éminent à ce personnage – tout en appréciant le caractère novateur de son interprétation. L’apport de l’hymnographie syriaque sur le Psautier manichéen sera également considéré. Dans deux pièces de ce recueil, une autre figure évangélique, Marie de Béthanie, se superpose à celle de Marie-Madeleine. Cette superposition de personnages se rencontrera également dans la tradition chrétienne latine qui, à partir des identités d’au moins trois femmes différentes (le témoin de la résurrection, Marie de Béthanie et la pécheresse à l’onguent), constitua un seul et unique personnage auquel Grégoire le Grand donna son expression la plus aboutie. Dans la seconde partie de notre communication, nous étudierons quelques passages du Commentaire sur le Diatessaron et des Hymnes d’Ephrem de Nisibe dans lesquels Marie, témoin de la Résurrection, et Marie, mère de Jésus, sont inextricablement associées. En conclusion, nous dégagerons les implications sociales découlant de la mise en valeur de Marie-Madeleine dans les textes examinés.

Mots-clés : Marie-Madeleine, Psautier manichéen, Ephrem de Nisibe, hymnographie syriaque, Diatessaron


Communication de M. Charhyar Adle, directeur de recherche émérite au CNRS, sous le patronage de M. Jean-François JARRIGE : « Hâji-Piyâdah / Noh-Gonbad de Balkh. La plus ancienne mosquée d’Afghanistan selon les dernières fouilles archéologiques et apports historiques ».

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Il a été admis par la quasi-totalité des historiens d’art que la mosquée Hâji-Piyâdah / Noh-Gonbad, dont le constructeur demeurait mystérieux, datait des deux derniers tiers du IXe s., que son plan était carré et qu’il dérivait de ceux d’islam occidental, et qu’enfin, sa décoration élaborée reprenait celles des résidences de Samarra des descendants du calife Harun ar-Rachid en Mésopotamie.
Les présentes fouilles archéologiques menées en ce lieu et l’analyse des sources historiques tendent à démontrer qu’il n’en est rien.
Aucun texte de fondation n’a encore été mis au jour lors des fouilles de la moquée, mais l’étude des sources historiques suggèrent fortement que ce fut Fazl b. Yahyâ – descendant direct des Barmaks, intendants du temple bouddhique Nowbahâr de Balkh – qui en ordonna la construction en 794 dans un coin de son immense temple qu’il aurait en vain tenté de démolir.
Certes, le plan apparent de la mosquée est carré et ouvert sur un côté, mais les fouilles démontrent que le carré est précédé d’une cour aux murs aussi richement décorés que le reste de la mosquée. Quant au côté qui paraît ouvert, il est en réalité partiellement fermé par une sorte de paravent en dur autant ornée que le reste de l’édifice.
En ce qui concerne la combinaison d’un espace couvert s’ouvrant sur une cour grâce à une triple baie telle qu’elle apparaît à Hâji-Piyâdah, elle avait sans doute comme modèle des édifices central-asiatiques comme le palais de Varakhsha à Boukhara, et, pour ce qui est de sa décoration en stuc sculpté, ses antécédents pouvaient se trouver à Ispahan par exemple, dans ce qui allait devenir plus tard la Mosquée Cathédrale dit l’Antique. _ Ainsi, les moquées de l’Islam occidental et Samarra n’auraient pas été des modèles, mais des suites d’une évolution ininterrompue dont Hâji-Piyâdah en constituait un chainon en or : peut-être un chainon dans lequel Fazl b. Yahyâ le Barmacide a voulu voir refléter des lueurs de la splendeur de son temple ancestral bouddhique.

Mots-clés : Mosquée Hâji-Piyâdah / Noh-Gonbad, Balkh

  • Fazl (Fadl) b. Sahl, Barmacide, Samarra, Ispahan (Esfahan)


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