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Séance du 27 mai 2011

Communication de M. Johannes den Heijer, sous le patronage de M. François DÉROCHE : « Une inscription fatimide de la mosquée d’Ibn Tûlûn au Caire. Essai d’interprétation paléographique, philologique et historique ».

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La mosquée d’Ibn Ṭūlūn compte parmi les édifices de culte musulman les plus célèbres du Caire. Construite entre 876 et 879 de notre ère, sous le règne semi-autonome du gouverneur abbaside Aḥmad ibn Ṭūlūn, la mosquée a fait l’objet de nombreuses restaurations et modifications à travers les siècles. Une rénovation importante eut lieu sous la dynastie chiite ismailienne des Fatimides (969-1171) et, plus précisément, en 1077, soit trois ans après la fin de la « Grande Crise » économique, sociale et politique, qui eut lieu de 1066 à 1073 et dont l’aspect le plus dangereux, pour le calife fatimide al-Mustanṣir Billāh (1036-1094) et son entourage, avait été la rébellion anti-fatimide dirigée par l’émir Nāṣir al-Dawla ibn Ḥamdān.
L’ordre de l’Empire fatimide fut rétabli grâce au vizir Abū al-Naǧm Badr al-Ǧamālī, célèbre chef militaire d’origine arménienne, qui finit par détenir le pouvoir politique réel en Égypte pendant les deux dernières décennies du califat d’al-Mustanṣir.
Dans le but de marquer la restauration de l’Empire fatimide et la prise du pouvoir par Badr al-Ǧamālī, les secrétaires de la propagande (daʻwa) ismailienne rédigèrent et firent exécuter toute une série d’inscriptions arabes dans l’espace public cairote (ainsi qu’ailleurs en Égypte). La plus ancienne est celle qui est gravée au-dessus de la porte d’entrée de la mosquée d’Ibn Ṭūlūn.
Notre communication vise à présenter cette inscription sous plusieurs angles interconnectés. Sur base de ses aspects paléographiques, nous nous interrogerons sur son impact en tant que texte public écrit en calligraphie koufique fleurie. Ces réflexions vont de pair avec des observations concernant les formules utilisées et le langage du texte en général. La partie principale de notre analyse est un essai d’interprétation historique et historiographique : nous tâcherons de décrypter le texte et de reconstituer le contexte de cette inscription à la lumière de sa confrontation avec d’autres textes et notamment avec des récits transmis par les historiens arabo-musulmans mais aussi copto-arabes.



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