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Séance du 10 juin 2011

Communication de Mme Hourig Sourouzian, sous le patronage de MM. Jean LECLANT et Nicolas GRIMAL : « Nouveaux monuments d’Amenhotep III à Kôm el-Hettan ».








Communication de M. André Couture, correspondant étranger de l’Académie, sous le patronage M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT : « Kubjā, la bossue redressée par Krishna ».






Communication de Mme Hourig Sourouzian

« Nouveaux monuments d’Amenhotep III à Kôm el-Hettan »

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Les fouilles de la Mission des colosses de Memnon et du temple d’Amenhotep III à Kôm el-Hettan, Louqsor - rive ouest, ont récemment révélé de nouveaux monuments royaux à ce jour inconnus.
On a poursuivi le dégagement de la cour péristyle où de nouvelles parties du pavement, constitué de grandes dalles de grès furent révélées, ainsi qu’une tête de statue divine en granite noir qui fut complété par un morceau de joue avec l’oreille gauche trouvé 10 ans plus tôt.
Une des plus belles découvertes fut la tête d’une statue colossale en granit rouge portant couronne blanche. Des statues similaires de même provenance étaient déjà connues mais cette tête, en parfait état de conservation, présente le portrait royal le plus complet de son genre.
Une statue de grandeur naturelle en granit gris représentant le roi assis fut retrouvé devant la façade de la cour, en même temps qu’un nouveau sphinx royal en quartzite.
Tout récemment, le buste d’une statue colossale en albâtre de dimensions extraordinaires et représentant le roi assis fut dégagé devant le troisième pylône du temple. Exceptionnel par son matériau, ce colosse présente l’unique portrait monumental d’Amenhotep III, le visage de tous les autres colosses de cette taille étant perdu. Des morceaux du piédestal en granit noir décorés d’écussons de peuples étrangers participent d’un ensemble de blocs similaires réemployés à Basse Époque à Karnak d’où nous les avions ramenés sur le site en 2006 avec la présomption de leur appartenance au temple funéraire.
Lors des sondage archéo-sismologique aux abords du premier pylône, nous avons eu la joie de découvrir la partie antérieure du pied gauche du colosse de Memnon, que nous avons remis à sa place sur le haut socle.
Parmi les travaux de restauration citons le remontage d’une grande stèle du péristyle reconstituée en 260 morceaux et fragments, ainsi que les deux colosses du deuxième pylône, dont les fondations furent consolidées et les torses entièrement dégagés, flanqués de statues de la reine Tiyi et aux trônes décorés de dieux-Nils nouant les plantes de Haute et de Basse Egypte, et aux socle portant les représentations de captifs africains et asiatiques.
Mots clés :

  • Nouvelle tête d’Amenhotep III à Kôm el Hettan
  • Colosse d’albâtre du temple funéraire
  • Statue et sphinx royal
  • Découverte du pied gauche de Memnon
  • Remontage de stèle monumentale

Communication de M. André Couture

« Kubjā, la bossue redressée par Krishna »

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En arrivant à Mathurā, juste avant de libérer cette ville du méchant roi Kamsa, Krishna rencontre une bossue (kubjā) dont il est dit qu’elle est la servante de ce roi, préposée aux onguents dont il se oint le corps. Après avoir retrouvé sa beauté, cette femme se met immédiatement au service de son nouveau protecteur. Il existe quatre versions importantes de cet épisode. Plutôt que de verser dans une interprétation psychanalytique (Masson), ou dans la morale en faisant de cette femme une tentatrice (Sheth), je tenterai simplement de resituer ce récit dans son propre contexte mythique. Dans la culture de l’Inde ancienne, le fait d’être bossu est une tare. La femme rencontrée par Krishna est toutefois au service du roi dans un domaine très spécifique, celui des onguents et des parfums, un domaine qui est toujours la prérogative de la Terre. Une Terre ainsi bossuée ne peut être qu’une Terre victime d’un désordre d’ordre cosmique. On comprend alors que Krishna ne la guérit pas à proprement parler, mais la relève comme Vishnu sous la forme du Sanglier a jadis relevé la Terre immergée dans les eaux, ou comme le roi Prthu a jadis égalisé la Terre raboteuse des origines. D’autres récits comme celui de l’ogresse Pūtanā mutilée par un Krishna encore au sein maternel, ou comme celui de la servante bossue Mantharā qui, dans le Rāmāyana, incite Kaikeyī, l’épouse favorite de Daśaratha, à refuser la consécration imminente de Rāma et à le faire condamner à l’exil, selon utilisés pour mettre en évidence la cohérence de mythes qui, tous à leur façon, parlent d’une Terre qui ne jouit pas de l’harmonie de ses formes et à laquelle il faut redonner toute sa beauté.

Mots clés :

  • Kubjā
  • Krishna
  • déesse Terre
  • Mantharā
  • Pūtanā


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