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Séance du 22 octobre 2010

Note d’information de M. Manuel Moliner, sous le patronage de Jean-Pierre SODINI : « La basilique paléochrétienne de la rue Malaval à Marseille »

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Des fouilles archéologiques préventives, réalisées en 2003-2004, ont révélé des vestiges inédits d’une église paléochrétienne et d’une importante nécropole au nord immédiat de la ville antique de Marseille. Au Ve s., un bâtiment de plan basilical orienté, doté d’une grande abside, est construit le long de l’ancienne voie antique. Épierré sans doute au VIIe s., cet édifice recèle dans le choeur une imposante tumulatio ad sanctos de sarcophages autour d’une sépulture vénérée.
Celle-ci comporte des dispositifs liturgiques particuliers liés à la vénération de deux personnages anonymes. Sous l’autel se trouvait un caisson à reliques également associé à des actes liturgiques. À l’intérieur et hors l’église s’est développée une zone sépulcrale dense de plus de 200 tombes aux architectures funéraires sobres mais variées destinées à des hommes, des femmes et des enfants. Le mobilier funéraire est rare, quelques épitaphes sur marbre sont à signaler. Des éléments lapidaires témoignent de décors simples. Le vocable de cette église contemporaine du premier édifice de Saint-Victor est inconnu. Des recherches scientifiques sont en cours, parallèlement à un programme de reconstitution à l’identique du site.


Communication de M. Jean Guyon, sous le patronage de Jean-Pierre SODINI : « À l’occasion du centenaire des premières recherches archéologiques à Saint-Bertrand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum), retour sur l’établissement chrétien du quartier du Plan ».

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Pour célébrer le centenaire de l’article publié par Raymond Lizop dans la Revue des études anciennes qui a signé la naissance d’études archéologiques à Saint-Bertrand-de-Comminges, on fera retour sur la basilique chrétienne du site que le même Lizop a découverte en 1913, dont le complément d’enquête qu’elle a connu de 1985 à 1992 renouvelle sensiblement l’appréhension.
La basilique est à replacer désormais non seulement dans le contexte d’un établissement chrétien qui comptait des annexes plus étendues qu’elle, mais aussi dans celui de l’îlot urbain dont elle relevait, qui a dû à sa situation sur la rive sud de la place centrale de Lugdunum Convenarum d’accueillir des demeures de notables.
L’établissement a été installé dans le premier tiers du Ve siècle sur une parcelle de l’îlot sans empiéter sur les demeures voisines dont la plupart avaient été restaurées et embellies au IVe siècle. Constituant en quelque sorte le pendant de la cathédrale qui avait été élevée, dans le même temps sans doute, à l’intérieur du rempart de la ville haute construit vers 400, il avait pour fonction la desserte spirituelle des fidèles de la ville basse. Afin de permettre un plus ample déploiement des liturgies, il a gagné sur les domus voisines dans le courant du VIe siècle. Ces extensions suggèrent que le tissu urbain commençait à se défaire alentour mais il n’est pas certain qu’il ait dès cette date accueilli des tombes.
Le tournant en la matière a sans doute été le fait du VIIIe siècle qui a signé la mue de la basilique et de ses annexes en un établissement funéraire plus ou moins isolé au sein de la ville basse désormais à peu près désertée. Et cette fonction funéraire, qui est passée au Moyen Âge à une chapelle romane construite à proximité immédiate, n’a pas cessé jusqu’à nos jours.

Mots clés : établissement de culte chrétien, nécropole chrétienne, topographie chrétienne, Antiquité tardive, haut Moyen Âge



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