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Séance du 19 mars 2010

Dans le cadre de la Ve journée d’études nord-africaines « Enceintes urbaines, sites fortifiés, forteresses », les communication suivantes ont été présentées :

Note d’information de M. Xavier Dupuis sous le patronage de MM. André LARONDE et Azedine BESCHAOUCH : « Deux dédicaces de fortification ».

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Dans les volumes 2 et 3 du tome II des Inscriptions Latines de l’Algérie figurent deux inscriptions que n’ont pu utiliser les savants (J. Durliat, D. Pringle…) qui ont étudié les fortifications byzantines en Afrique.
La première, trouvée vers 1900 à Henchir el Ksar, à 50 km au sud-est de Constantine (n° 41 sur la carte p. 2), et reprise en 1976 dans les ILAlg, II, 2, 6432, est certes très mutilée, mais ne peut guère être autre chose qu’une dédicace de fortification en raison de son formulaire : y subsistent en effet la mention de la treizième année de règne de Justinien (avril 539-mars 540), puis la fin du nom de son épouse Théodora suivi du titre d’Augustes perpétuels. On peut la rapprocher de la dédicace de la forteresse de Timgad (AE, 1911, 118) qui présente la même particularité de datation. À Henchir el Ksar se trouvait donc une fortification byzantine, vraisemblablement un fortin surveillant les voies de communication menant à la Proconsulaire vers l’est et vers Cirta au nord-ouest.
La seconde, publiée en 2003 (ILAlg, II, 3, 8543) mais apparemment connue depuis 1900 environ, a été retrouvée dans le secteur sud de l’enceinte byzantine parfaitement préservée de la ville antique de Mileu, aujourd’hui Mila. Très mutilée elle aussi, elle conserve cependant un fragment du nom de Justinien (l. 1), puis la mention de la prouidentia (l. 2) d’un personnage portant le titre d’ex consule (l. 3). Le rapprochement avec d’autres inscriptions (par exemple AE, 1969-1970, 716 de Bagai) incite à restituer le nom et les titres de Solomon, seul responsable byzantin en Afrique à porter sur les inscriptions ce titre d’ex consule, et à dater probablement le texte de Mila de sa seconde préfecture du prétoire en Afrique, entre 539 et 544.
En dépit de leur mutilation, ces deux textes enrichissent la liste relativement courte des dédicaces de fortifications byzantines retrouvée en Numidie et confirment l’importance de l’effort de contrôle de l’espace africain entrepris dès 539 au lendemain des succès de Solomon sur les Maures.


Communication de MM. François Baratte et Fethi Bejaoui sous le patronage de MM. André LARONDE et Azedine BESCHAOUCH : « L’enceinte byzantine de Haïdra ».

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Le site d’Ammaedara, dans l’Ouest de la Tunisie, est célèbre pour avoir abrité le premier camp permanent de la IIIe légion Augusta jusqu’au départ des soldats pour Lambèse à l’époque flavienne. Mais rien ne subsiste des installations militaires correspondantes.
En revanche, le site est marqué jusqu’à aujourd’hui par la grande forteresse construite par les Byzantins peu après 533 au cœur même de la ville romaine. Elle en bouleverse profondément l’allure et le fonctionnement. Correspondant par les techniques mises en œuvre aux ouvrages équivalents, elle réutilise bien des aménagements romains, à commencer par les rues. Mais elle témoigne aussi sans ambigüité d’un affaiblissement du système urbain, que manifeste notamment le rétrécissement des grands axes de circulation antérieurs. Les dispositions intérieures, encore mal connues, ne paraissent pas correspondre à une citadelle vouée entièrement à une garnison, comme à Timgad. La présence de deux églises tend à suggérer une vie civile. Le système défensif de la ville s’appuie aussi sur l’arc sévérien réutilisé comme bastion, et sur un réseau de petites constructions fortes dans les villages environnants.
La citadelle enfin poursuit son existence à l’époque médiévale, jusque vers le Xe siècle. Elle parait constituer l’enceinte de la petite agglomération qui subsiste encore sur le site.


Communication de M. Aomar Akerraz sous le patronage de MM. André LARONDE et Azedine BESCHAOUCH : « Les fortifications de la Mauritanie tingitane ».

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