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Séance du 17 décembre 2010


Communication de M. Michel Valloggia, correspondant étranger de l’Académie, sous le patronage de MM. Jean LECLANT et Nicolas GRIMAL : « Douze ans de fouilles à Abou Rawsh (Égypte) ».

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Depuis près d’un siècle, l’examen des pyramides des souverains de l’Ancien Empire (env. 2700-2200 av. J.-C.) s’est constamment étoffé de découvertes nouvelles, notamment, par la reprise d’investigations sur d’anciennes concessions.
Curieusement, l’emplacement d’Abou Rawash, situé à environ 25 km au nord-ouest du Caire, abritant les vestiges du complexe funéraire de Rêdjedef, fils de Chéops, est demeuré à l’écart d’enquêtes méthodiques depuis le début du XXe siècle. Autrefois, le site fit l’objet de fouilles conduites par l’Institut français d’archéologie orientale au Caire. De 1900 à 1902, Émile Chassinat y découvrit d’importants vestiges archéologiques, dont de nombreux fragments statuaires, inscrits au nom du propriétaire de la pyramide. Ultérieurement appelé en Haute-Égypte, l’inventeur du site publia, en 1921-22, une remarquable étude laissant soupçonner les indices d’une damnatio memoriae, fondée sur l’inachèvement de ce monument funéraire et l’illégitimité du pouvoir de Rêdjedef… De surcroît, malmené dès le début de notre ère, le site a été intensivement exploité par les carriers de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle. Cette démolition systématique nous a valu la vision d’un espace désolé, dominé par une base de pyramide éventrée…
À nos yeux toutefois, les vestiges conservés offraient un réel intérêt : celui de présenter quelques similitudes avec un chantier en cours d’exécution et donc, de nous informer sur les processus de construction mis en œuvre !
Au terme de douze campagnes, conjointement menées par l’Ifao du Caire et l’Université de Genève, une image cohérente de ce lieu de mémoire se dégage désormais de la publication finale, actuellement sous presse à l’Ifao, et il devient évident que les anciennes évaluations concernant ce site royal devront prendre en compte l’acquis des récentes découvertes.

Mots clés : Ancien Empire égyptien, Rêdjedef (roi), pyramide, damnatio memoriae, Émile Chassinat



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