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Séance du 23 avril 2010

Communication de Mme Monique Dondin-Payre , sous le patronage de MM. Jean LECLANT et Azedine BESCHAOUCH : « Les thermes romains de Theveste-Tébessa et l’album de Françaois Maurice Allotte de la Fuÿe : un document sur des vestiges méconnus ».

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La ville de Tébessa (ancienne Theveste en Algérie) est presque absente de la documentation textuelle historique et littéraire ; l’essentiel des informations vient de l’archéologie et de l’épigraphie. Or, la ville antique a été presque exactement recouverte par l’agglomération byzantine de Salomon, dont la ville moderne a pris la suite ; l’extension décidée par les Français au XIXe s. fut l’occasion de découvertes, parmi lesquelles celle des deux seuls ensembles thermaux attestés. Elle est due à un des officiers chargés de l’exécution de ces travaux, le capitaine François Maurice Allotte de La Fuÿe, qui enregistra les vestiges mis au jour et aussitôt recouverts, prit des photos et dessina des plans. Il publia un article, et, parallèlement, consigna les documents graphiques dans un album inédit dont il fit don à l’Académie des Inscriptions, qui le déposa à la Bibliothèque de l’Institut où il est toujours conservé (Souvenirs de Tébessa, 1886-1887).
Ce document inédit présente de multiples intérêts, essentiellement grâce à la qualité des photographies qui gardent témoignage de nombreux éléments disparus ou oubliés. Les rapports et images du capitaine Allotte sont les seuls documents sur les ensembles thermaux d’une ville qui devait en compter bien d’autres ; sans détailler l’agencement des thermes et les mosaïques, on veut leur donner la place dont la nature de la documentation les a privés. Du point de vue historiographique, ils témoignent du destin archéologique des villes où les strates d’occupation se superposent, de l’attention d’un officier pour les vestiges, du rôle de l’Académie comme relais scientifique. Les thèmes des mosaïques sont, pour l’une, banal (le cortège d’Amphitrite), pour l’autre très original (un damier de jeu, des jeux gymniques ?) et elles comportaient des motifs, aujourd’hui disparus ou ignorés, dont plusieurs attestent la présence de sodalités, et posent une nouvelle fois la question de leur relation avec les rassemblements populaires.
Aucun bilan n’a jamais été dressé, les publications spécialisées ne font, faute d’informations, qu’une allusion à ces thermes remarquables, à la connaissance desquels la richesse de la Bibliothèque de l’Institut apporte un élément décisif.



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