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Séance du 29 mai 2009

Note d’information de M. Alain Pasquier, correspondant français de l’Académie : « À propos de l’histoire du portrait grec : un buste inédit du musée du Louvre ».

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Communication de M. Paolo MATTHIAE, associé étranger de l’Académie : « Temples et reines de l’Ebla protosyrienne : résultats des fouilles à Tell Mardikh en 2007 et 2008 ».

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Les deux dernières saisons de fouilles à Tell Mardikh–Ebla menées par la Mission archéologique en Syrie de l’Université de Rome La Sapienza, en 2007 et 2008, ont apporté des résultats du plus grand intérêt, car elles ont fourni une série de contributions fort remarquables pour la connaissance de la topographie sacrée de la grande ville de l’époque des Archives Royales (Bronze Ancien IVA : 2400-2300 av. J.-C.) et ont enrichi d’une façon inattendue la documentation de la plastique en miniature de la grande ville protosyrienne. En ce qui concerne l’architecture de l’Ebla des Archives, on a, d’un coté, achevé la fouille du Temple du Rocher (Aire HH) dans la périphérie Est de la Ville Basse et on a, de l’autre, identifié un nouveau temple sur l’Acropole (Aire D), nommé Temple Rouge à cause de la couleur de ses briques crues.
Ces deux sanctuaires, qui ont une remarquable similarité typologique, avec une cella presque carrée et un profond vestibule entourés par des murs de périmètre de forte épaisseur, étaient très probablement tous les deux dédiés au chef du panthéon éblaïte, le dieu Kura, et sont vraisemblablement mentionnés dans le « Rituel de la Royauté », un important texte religieux des Archives contenant des prescriptions concernant le renouveau de la royauté.
Le Temple du Rocher, près de la Porte de Kura, comme l’indique le « Rituel », était le sanctuaire où, au début de la cérémonie, la reine s’habillait, tandis que le Temple Rouge, près du Palais Royal, comme le « Rituel » le dit d’une façon explicite, était le sanctuaire, évidemment dynastique, où s’achevait la longue cérémonie après une série de pélerinages aux mausolées des rois défunts divinises.
Une série d’indices fait penser que le Temple du Rocher était l’originaire temple du dieu Kura, probablement considéré sa propre résidence, situé en relation étroite avec le siège du dieu dans les profondeurs des abîmes où il vigilait sur les eaux douces des sources qui étaient son propre domaine divin. Le Temple Rouge, qui était quelque peu plus petit, devait être, en revanche, une sorte de chapelle palatine, où le roi et la reine s’identifiaient avec le couple divin suprême de Kura et de sa parèdre Barama. À l’endroit du Temple Rouge, après la destruction par Sargon d’Akkad, vers 2300 av. J.-C. fut construit un deuxième temple, beaucoup plus petit et probablement tripartite avec une cella large, ce qui témoigne la vivacité du milieu de l’époque du Bronze Ancien IVB.
Dans une pièce qui était un dépôt du Quartier Septentrional du Palais Royal G, une découverte très remarquable est représentée par deux figures en miniature de reines, l’une assise en or, marbre, stéatite et diaspre, et l’autre débout en argent et stéatite, qui devaient former une scène cultuelle d’un étendard cérémonial : il est plausible que la reine debout soit Tabur-Damu, la femme du dernier roi d’Ebla, Ish’ar-Damu, tandis que la reine assise devait être la bien connue Dusigu, femme de son prédécesseur, Irkab-Damu. Ces deux statuettes sont des véritables chefs-d’œuvre de la plastique en miniature du Palais Royal d’Ebla qui devait être célèbre pour son artisanat artistique de cour.



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