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Séance du 15 mai 2009

Note d’information de MM. Emmanuel Laroze, ingénieur de recherche au CNRS, et Bertrand Chazaly, ingénieur co-gérant de la société ATM3D, sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL, membre de l’Académie : « Relevés des colonnes de la grande salle hypostyle de Karnak ».

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Malgré la renommée du monument, les décors des colonnes de la salle hypostyle de Karnak n’ont jamais pu être relevés. Leur géométrie non planaire pose des problèmes de projection et de représentation auxquels les outils traditionnels ne peuvent pas répondre. Ces décors font actuellement l’objet d’un ambitieux programme de relevé qui met en œuvre des techniques de pointe basées sur la photogrammétrie et le scannage 3D. Ce projet doit produire une documentation inédite : le déroulé ortho-photographique des décors pariétaux des 134 gigantesques colonnes, ainsi que des coupes architecturales sur la grande salle. Pour mener à bien ce défi technique, une recherche approfondie sur les outils de relevés et sur les questions de méthodologie a été engagée entre différents partenaires. Le Centre national de la Recherche Scientifique, l’École nationale des Sciences Géographiques et la société atm3d spécialisée en lasergrammétrie, collaborent sur ce programme, sous la tutelle du Centre Franco-Égyptien d’Étude des Temples de Karnak et avec le soutien financier de la Fondation Simone et Cino del Duca.


Communication de M. Pierre Tallet, maître de conférences à l’Université Paris IV-Sorbonne, sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL : « Les Égyptiens et le littoral de la Mer Rouge à l’époque pharaonique ».

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La découverte récente de plusieurs sites archéologiques sur différents points du littoral de la mer Rouge permet maintenant d’entrevoir le rôle important joué par cette côte à l’époque pharaonique. Pour se procurer les matières premières dont il avait besoin, l’État égyptien envoyait en effet à intervalles réguliers des expéditions vers des régions éloignées de la vallée du Nil. Deux de ces destinations pouvaient être atteintes par voie maritime : le sud de la péninsule du Sinaï, où des mines de cuivre et de turquoise étaient exploitées, et l’énigmatique pays de Pount, traditionnel pourvoyeur des Égyptiens en myrrhe et en encens. Ce dernier objectif, que certaines études identifient maintenant à la région de Bab el-Mandab, nécessitait sans doute un voyage périlleux de plusieurs semaines.
Le point d’ancrage le plus anciennement identifié de ces expéditions maritimes se trouve à Mersa Gaouasis, à proximité de l’actuelle station balnéaire de Safaga. A cet endroit, des recherches entreprises par l’université d’Alexandrie avaient permis de montrer dès 1977 l’existence d’un point d’embarquement contemporain de la XIIe dynastie. La mise en évidence de plusieurs autres sites côtiers a apporté cette dernière décennie un très grand nombre d’informations supplémentaires. Au nord du golfe de Suez, le site d’Ayn Soukhna, fouillé depuis 2001 par une mission jointe de l’université de Paris-IV et de l’Institut français d’archéologie orientale, a ainsi livré en 2006 et 2009 les vestiges de bateaux entiers, qui avaient été démontés puis entreposés dans des galeries de stockage. Une abondante documentation épigraphique, corroborée par de nombreux faits archéologiques, montre que cette partie du littoral de la mer Rouge a été utilisée par les Égyptiens pour y assembler des embarcations de grande taille dès l’Ancien Empire.



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