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Séance du 6 février 2009


Communication de François-Xavier Dillmann, sous le patronage d’André CRÉPIN : « La connaissance des runes de l’Islande ancienne ».

Au cours de cette communication, on se propose d’éclairer une question fort débattue au sein des études de runologie : à l’époque ancienne (soit du début de la colonisation, vers la fin du IXe siècle, à la fin du XIe siècle), la connaissance de l’écriture runique est-elle répandue en Islande ? Et si oui, quelle utilisation en firent les Islandais ?
Dans un premier temps, on s’efforce de décrire à grands traits les caractéristiques essentielles des runes, système d’écriture propre à l’ensemble des peuples de langue germanique, et on insiste sur la répartition géographique des inscriptions runiques dans les contrées de l’hémisphère Nord qui furent traversées ou colonisées par les Norvégiens au cours de l’époque dite des vikings (fin du VIIIe-fin du XIe siècle).
Dans un second temps, on trace un tableau du matériel épigraphique islandais, et on résume l’histoire de la recherche au sujet de la pratique des runes en Islande, mais aussi en Norvège à l’époque qui précéda la colonisation de l’Islande.
Dans un troisième et dernier temps, on s’arrête sur les imposantes découvertes de bâtonnets et de signets de bois gravés de runes à Bergen et à Trondheim (en Norvège), puis sur les trouvailles de Narsaq (au Groenland) et de Videy (en Islande), et on examine sous un jour nouveau quelques épisodes de la littérature norroise concernant la pratique des runes par plusieurs Islandais qui vécurent au Xe siècle.



Communication de Anders Hultgård, correspondant étranger de l’Académie, sous le patronage de Marc PHILONENKO : « Formules de théophanie de la Scandinavie à l’Iran ».

Les plus anciennes inscriptions runiques de Scandinavie (du IIe/IIIe siècle au VIe siècle) constituent des sources qui certes sont parcimonieuses et d’une interprétation difficile, mais qui n’en offrent pas moins quelques lueurs sur la religion des anciens Scandinaves pour une époque qui correspond en Europe continentale à celle de l’Empire romain et au début des temps mérovingiens.
Quelques-unes de ces inscriptions présentent des caractéristiques communes. Elles commencent par une déclaration emphatique, à l’aide du pronom personnel à la première personne du singulier, ek (je), suivi d’un nom de personne, et elles sont construites selon un mode formulaire.
La recherche antérieure a le plus souvent interprété ces inscriptions comme étant de puissantes incantations de la part des maîtres-des-runes, mais une autre interprétation est présentée au cours de cette communication.
Selon nous, ces inscriptions constituent un type de formules de théophanie qui est également représenté dans un poème eddique composé à l’époque des vikings. Les formules de théophanie sont attestées dans les religions de l’Antiquité tardive, de même que dans l’Égypte ancienne et au Proche-Orient. Cependant, c’est principalement la comparaison avec le type de révélations contenant des noms et épithètes de divinités dans l’Iran ancien qui permet d’éclairer les caractéristiques des inscriptions scandinaves, en particulier leur origine cultuelle.



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