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Séance du 17 avril 2009


Communication de M. Jean-Bernard de Vaivre, correspondant français : « Essai de chronologie des campagnes de construction du Château Saint-Pierre (Bodrum, Turquie) ».

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Quelques années après la chute de Smyrne, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem installés à Rhodes construisirent, au début du XVe siècle, sur la côte anatolienne, une forteresse, sur un promontoire situé à peu près au milieu de la baie de l’ancienne cité du roi Mausole et qui prit le nom de château Saint-Pierre.

Si le début des travaux doit être légèrement plus tardif que ne le pensait l’historien Delaville Le Roulx, les dates respectives et l’emplacement des premières implantations peuvent se déduire tant de l’examen des structures des constructions que d’ éléments héraldiques encore en place, souvent plus fiables qu’à Rhodes dans la mesure où il n’y a pas eu, à Bodrum, des reconstitutions aussi massives. C’est ainsi que l’on peut assigner une date aux tours et pans de murailles près du port actuel, aux tours de France et d’Italie, à de nombreux éléments du système défensif de courtines successives au long du XVe siècle puis à leur renforcement considérable après le premier siège de Rhodes de 1480.
La chapelle qui se voit aujourd’hui dans la basse-cour doit, quant à elle, être la troisième en date sur le site et ne remonter qu’à 1498.
C’est à partir de cette date aussi que fut élevée, au nord du château Saint-Pierre, une forte contrescarpe, achevée en 1514. Pour s’opposer à un débarquement hostile venant de la baie, à l’ouest, furent aussi construits, d’abord à partir de 1506, un nouveau bastion, puis en 1513 un moineau, petit ouvrage d’un type nouveau permettant aux défenseurs de battre le fond des fossés par des tirs rasants. Enfin furent achevés en 1518, au nord de la forteresse primitive, un terre-plein et une formidable courtine pour doubler celle qui avait déjà été relevée au milieu du siècle précédent, d’autres travaux étant poursuivis au sud et à l’est jusqu’à quelques mois de la chute de Rhodes.
L’étude de la profusion d’armoiries apposées par les capitaines du château Saint-Pierre – il en subsiste plus de deux cent soixante – sur des murs, des ouvrages ou des bâtiments permet, dans la mesure où leurs titulaires n’étaient en fonction que pour de courtes périodes de deux à trois ans, conjuguée à l’examen des modes de construction, d’approcher, mieux qu’ailleurs pour la plupart des ouvrages militaires des XIVe et XVe siècles, les dates des nombreuses campagnes de travaux qui ne cessèrent de se compléter. Si les mentions plus ou moins longues dans les archives de l’ordre, ne sont pas toujours très explicites pour comprendre les travaux entrepris, on a la chance de disposer aussi, pour le château Saint-Pierre, de descriptions et relevés d’archéologues du XIXe siècle, pas tous publiés, souvent plus exacts que les récits et les croquis de voyageurs romantiques ayant visité Rhodes.
Cette communication ne constitue qu’une présentation générale des diverses phases des campagnes successives de construction, une étude très détaillée, commencée depuis longtemps, devant permettre d’exposer de nombreux éléments inédits.



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