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Programme de la Coupole

« Masculin-féminin »



  • Lecture par M. Jean-Noël ROBERT, Vice-Président de l’Académie, du Palmarès de l’année 2018 et proclamation des nouveaux archivistes paléographes

  • Allocution d’accueil de M. Michel ZINK, Secrétaire perpétuel de l’Académie

  • Discours de Mme Véronique SCHILTZ, membre de l’Académie : « Défense et illustration d’un féminin nomade »

Sera abordé dans ce discours la spécificité de la société nomade au sein du monde antique et ses conséquences sur le statut de la femme, un statut à bien des égards plus égalitaire que dans les sociétés sédentaires contemporaines. A cette occasion seront évoqués, entre autres, quelques figures de femmes scythes, les inévitables Amazones, le caractère « transgenre » des « chamans » scythes que sont les Énarées, mais aussi, l’existence d’images de tendresse conjugale, notamment dans l’art parthe ou à Tillia tepe. S’ensuivront quelques réflexions d’ordre plus général (constat du caractère fécond de la non-parité, voire du thème du harcèlement et de la violence, pour l’histoire des arts).



  • Discours de M. Thomas RÖMER, associé étranger de l’Académie : « “Homme et femme il les créa”. La complémentarité entre le masculin et le féminin dans les deux récits de création de la Bible »

Dans ce discours, sera explorée la manière dont les auteurs des deux récits de création en Gn 1,1-2,3 et en Gn 2,4-3,24 ont compris la complémentarité entre l’homme et la femme. Le premier récit, d’origine sacerdotale et composé au début de l’époque perse, démocratise l’idéologie royale en attribuant à l’ensemble de l’humanité la fonction d’« image de Dieu ». Ce titre qui vient de l’idéologie royale du Proche-Orient ancien est ici conféré au premier couple humain. C’est donc l’homme et la femme ensemble qui sont image de Dieu. Derrière cette affirmation étonnante se cache sans doute la conception d’un couple divin (Yhwh et son Ashéra) qui est reflété par le couple humain. Le deuxième récit, qui est probablement plus ancien, reprend l’image traditionnelle d’un dieu potier qui fabrique avec de l’argile et son souffle le premier être humain. Cet « ’adam » n’est pas nécessairement masculin comme on le pense souvent. Il peut s’agir, avec une certaine tradition rabbinique, d’un être asexué. C’est au moment où Yhwh décide de créer un vis-à-vis pour cet homme que naît la complémentarité homme-femme. La femme n’est donc pas créée de la côte de l’homme mais le masculin et le féminin résultent d’une sorte de dédoublement du premier être humain. Ainsi les récits bibliques, contrairement à la mythologie grecque, contiennent une réflexion profonde sur la nécessité mais aussi la difficulté de cette altérité entre le masculin et le féminin.



  • Discours de Mme Monique TRÉDÉ, membre de l’Académie : « L’Antiquité classique a-t-elle pensé l’égalité des sexes ? »

La thèse de la supériorité masculine et de l’infériorité féminine qui semble aux yeux de la plupart des critiques caractériser le monde gréco-romain sera dans un premier temps illustrée par un choix de citations de textes poétiques ou juridiques grecs ou romains. L’on montrera ensuite comment les analyses d’Aristote et d’Hippocrate fondent l’infériorité féminine sur des critères biologiques. Mais on ne doit pas voir là le dernier mot de l’Antiquité classique sur les femmes. Et la dernière partie du discours sera consacrée au projet platonicien d’égalité des sexes tel que le philosophe le conçoit dans la République et dans les Lois, son dernier ouvrage.





L’opposition masculin / féminin fait partie de la grammaire de la langue française. Elle affecte tous les noms, ainsi que les articles et les pronoms. Elle existe aussi dans la plupart des langues d’Europe et, sous des formes variées, dans un grand nombre d’autres langues dans le monde, mais elle n’est pas universelle. Beaucoup de langues ignorent le genre grammatical. Elle a suscité récemment, au nom des droits des femmes, des critiques passionnées de certains usages du français et des propositions de modification de l’usage ont été formulées. Une question plus profonde se pose en amont de ces débats : de tels changements sont-ils possibles ? Et tout d’abord, il importe de distinguer entre la grammaire et l’orthographe. L’orthographe et même l’écriture ne sont pas la langue, mais seulement son vêtement. On peut toujours changer de vêtement. La grammaire, c’est autre chose, c’est le squelette de la langue. Elle est fruit d’une évolution multiséculaire, et même beaucoup plus. Toutes les langues, en dernière analyse, n’ont d’autre origine que celle même du langage, lui-même fruit de l’évolution naturelle. Toutes sont différentes et toutes sont en perpétuelle évolution. Les volontés humaines n’y peuvent pas grand-chose. Elles n’atteignent en quelque mesure que les franges périphériques de la langue, vocabulaire et phraséologie, elles ne touchent pas la grammaire. Le temps de la langue est plus long que celui de l’action humaine et des choix idéologiques.



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