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Quelques aspects de la production artistique de l’Égypte tardive (1069-30 avant notre ère)


Journée d’Études - 15 juin 2012



PRÉSENTATION
En réunissant plus d’une centaine de chefs d’œuvre du dernier millénaire de l’Égypte ancienne (1069-30 avant notre ère), l’exposition « Le crépuscule des pharaons » du Musée Jacquemart-André nous rappelle que cette période, marquée par une succession de crises et de dominations étrangères, s’est néanmoins illustrée par une grande vitalité dans le domaine de l’art. Sa production artistique se distingue en effet tant par sa qualité que par sa diversité, chaque période apportant en outre sa contribution à l’évolution des styles. Et si la statuaire reste la meilleure illustration de cette réalité, les reliefs et les objets dits « mineurs » témoignent également du fait que les grandes époques de l’art égyptien ne se limitent pas à l’Ancien, au Moyen et au Nouvel Empire.Ces dernières années, nombre de spécialistes – au premier rang desquels il faut mentionner Bernard V. Bothmer (1912-1993, Professeur d’égyptologie à l’Institute of Fine Arts de New York) – sont venus souligner l’intérêt de la production artistique de l’Égypte tardive. Jamais les travaux qui lui ont été consacrés n’ont été aussi abondants, ni aussi diversifiés, qu’il s’agisse de publications de monuments ou de synthèses sur une catégorie de témoignages. Par leur variété, les sept communications de cette « journée d’études » reflètent elles-mêmes la richesse du sujet.

PROGRAMME
Allocution d’accueil, par Nicolas Grimal, membre de l’Académie.
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« Divinities in Two- and Three-Dimensional Art during the Libyan Period », par Helmut Brandl, Research associate, Institute of Archaeology - Department of Egyptology, Humboldt University Berlin.

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One of the first published studies describing stylistic peculiarities of the anthropomorphic sculpture of Egypt’s Third Intermediate Period (Libyan Period, Dynasty 21-24) was C. Aldred’s discussion of the Metropolitan Museum’s famed “Gold Amun” (JEA 42 [1956], pp. 3-7). This outstanding statuette, included in the exhibition “Le crépuscule des pharaons”, was previously regarded as a work of the Tuthmoside Period (Dynasty 18), but Aldred convincingly dated it to Dynasty 22 by comparing it with the Louvre’s “Osirian” gold triad of Osorkon II, and pointing out similarities in iconography, proportions, and physiognomy. Aldred’s observations still provide the basis for the dating of a number of other, uninscribed figurines in precious metal which could just as well be worn as pendants. Apart from such “portable” amuletic figures, there are also bronze statues of divinities which probably served as votives. Some of them display archaizing features which follow an artistic trend from the late Libyan Period and can be dated accordingly. Apart from metal figures, the corpus of three-dimensional representations of divinities comprises a comparatively small number of statues made of stone, “faience”, or wood which bear dedicatory inscriptions of the Libyan Period (and which cannot be suspected of being reused works of an earlier period). Large format stone statues are very rare. However, well-dated theophorous statues of Dynasty 22 officials also help us to understand the stylistic development of divine imagery in three-dimensional art. “Faience” statuettes of seated lion-headed goddesses with astronomical figures on their thrones appear to form a specific group in the divine sculpture of the Third Intermediate Period. The cartouches of Takeloth III and his consort Betjat date one such object, from Thebes, while another, similar statuette surprisingly bears the cartouches of the 18th Dynasty pharaoh Tuthmose IV, presumably in a commemorative context. Two-dimensional images of divinities are a well-known feature of the iconography of many 22nd Dynasty private statues. These often densely inscribed statues typically include also small-scale relief representations of gods and goddesses which tend to cover the cloaked body – and occasionally even the wig and the crown of a bald head. While they are sporadically attested as early as the late New Kingdom and still found as late as the Late Period, this kind of surface ornament peaks during the Third Intermediate Period. Under Kushite and Saite rule, it gradually fell out of use, only to be occasionally revived in the 4th Century B.C. when it apparently prepared the way for the artistic concept of the so-called healing statues serving very specific magical purposes.





« Les statues d’un pontife d’Héliopolis à l’époque saïte et leur apport », par Anthony Leahy, Professeur à l’Université de Birmingham.

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Héliopolis en Basse-Égypte a été le centre du culte solaire le plus important durant toute l’histoire de l’Égypte ancienne. Un de ses grands prêtres sous le règne de Psammétique Ier (664-610 BC), Horouda fils de Haroua, nous a laissé un nombre de statues vraiment exceptionnel. Elles ont été retrouvées dans des temples disséminés à travers tout le pays, mais plus particulièrement en Haute Egypte. L’analyse attentive de ces monuments, de leur répartition et de ce qu’elles peuvent nous dire de l’homme lui-même et de sa carrière, fournit une explication à ce paradoxe. Elle nous rappelle aussi ce que les « objets d’art » peuvent apporter à l’histoire de ce pays sans historiens.





« The Nature of Pharaonic Art in the Ptolemaic Period : the So-called Mixed Style and Regionalism Revisited », par Robert St. Bianchi, Conservateur collection antiquités, Fondation Gandur pour l’Art de Genève.

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The validity of stylistic analysis for dating sculpture in the round created in a pharaonic, Egyptian idiom during the Ptolemaic Period will be tested by examining as case studies selected monuments inscribed for specific individuals whose functions enabled them to move seamlessly between Egyptian and Hellenistic spheres. The conclusions reached will then be tested against the hypotheses of both a mixed school of art (in which Hellenistic and pharaonic stylistic elements are suggested to have been combined into one composition) and regionalism (in which one posits the existence of different ateliers operating at different sites throughout the country).




« “Demeurer dans le temple éternellement” : quelques caractéristiques des socles des statues privées au Ier millénaire avant notre ère », par Laurent Coulon, Chercheur au CNRS, Université de Lyon, HiSoMA.

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Si les statues égyptiennes sont pourvues quasi systématiquement d’une base qui leur assure une meilleure stabilité, un grand nombre d’entre elles étaient également fixées sur une seconde base à laquelle nous réserverons la désignation « socle ». Ces socles se caractérisent fréquemment par l’emploi d’un matériau différent et une relative indépendance vis-à-vis de la statue, ce qui a corrélativement amené la perte d’un grand nombre d’entre eux. Néanmoins, ces éléments, souvent inscrits et de réalisation soignée, ne peuvent être omis dans l’appréciation des œuvres dans leur globalité ; par ailleurs, bien que les socles découverts dans leur contexte archéologique initial soient rares, leur prise en compte est fondamentale pour comprendre l’insertion des statues dans les espaces où elles sont installées. À travers une série d’exemples de statues de temple bien conservées, il s’agit dans cette présentation de mettre en lumière quelques caractéristiques de ces socles pour les statues privées du Ier millénaire avant J.-C, en nous intéressant particulièrement à quelques cas représentatifs issus du corpus de la Cachette de Karnak.




Séance de l’Académie : allocution d’accueil par Michel ZINK, Secrétaire perpétuel.

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« Un art du continent africain ? », par Dietrich Wildung, Ancien directeur du musée égyptien de Berlin, sous le patronage de M. Nicolas Grimal.

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L’histoire de l’art européen a exclu l’Égypte ancienne du classicisme et du primitivisme. L’étude de « l’Égypte en Afrique » se borne aux comparaisons ethnologiques. L’analyse de l’art, surtout de la statuaire révèle des éléments africains dans la figure et le visage humains, non pas seulement dans la production artistique kouchite de la Basse Époque, mais aussi à travers l’histoire jusqu’à l’Ancien Empire. Une des racines de l’art égyptien se trouve au néolithique du Nord du Soudan.





« De véritables statues d’orants dans les temples aux époques tardives et le “principe du retournement” », par Olivier Perdu, Égyptologue attaché à la chaire de Civilisation pharaonique du Collège de France, sous le patronage de M. Nicolas Grimal.

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Notre typologie des statues que les particuliers avaient coutume de déposer dans les temples depuis la fin de l’Ancien Empire n’a jamais permis de mettre en évidence l’existence parmi elles de représentations d’orants. Aux époques tardives, nous pouvons pourtant repérer plusieurs exemples que leur attitude impose de considérer comme des rondes-bosses montrant leur propriétaire en adoration devant la divinité locale. Ils apparaissent aussi bien à l’époque libyenne qu’à la XXVIe dynastie ou sous la domination lagide. Outre ce nouveau rôle pour de tels monuments, ces témoignages mettent en lumière ce que nous pouvons appeler le « principe du retournement », en même temps qu’ils permettent de s’interroger sur le sens des effigies associant au personnage une figure divine, éventuellement insérée dans un naos (statues théophores ou naophores).





« Le “principe du retournement” illustré par des statues antérieures aux époques tardives », par Christophe Barbotin, Conservateur au département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, sous le patronage de M. Nicolas Grimal.

La statuaire égyptienne, au Nouvel Empire, fut animée d’une créativité tout à fait remarquable. Plusieurs typologies nouvelles en sont issues, celles notamment qui restituent sur un seul plan le face à face entre l’être humain et la divinité. Ainsi naquit la gamme des statues théophores et naophores appelée à une très longue descendance au premier millénaire.



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