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Épées d’académiciens (2ème partie)

E-exposition Juin 2013




Deuxième volet de l’exposition virtuelle sur les épées d’Académiciens.

Épée de membre de l’Institut d’Égypte retravaillée et personnalisée.
Créée lors de l’expédition aux rives du Nil de 1798 à 1801, entreprise qui a acquis plus de gloire scientifique que militaire, l’Institut d’Égypte a été fondé par un décret du 5 fructidor an VI (22 août 1798). Il groupait en quatre sections (Mathématique, Physique, Économie politique, Littérature et Arts, de douze membres chacun) d’éminentes personnalité. Au retour en France, ces savants et techniciens restèrent fort unis ; nombre de ces « Égyptiens », comme ils se dénommaient entre eux, continuèrent à fréquenter le Quai de Conti, les plus brillants étant au cours des ans élus membres de l’Institut de France. Ils reçurent une épée, témoignage concret de leur appartenance à un corps illustre. C’est à cette série qu’appartient cette épée.

  • Elle présente des poinçons d’argent 1809-1819 : poinçon de titre Paris 950, poinçon de l’Association des orfèvres, poinçon de moyenne garantie et de petites garantie Paris, poinçon d’orfèvre « JFR ».
  • La lame triangulaire est dorée et bleuie au tiers d’attributs militaires, marquée au talon « AK ».
  • La fusée est ornée de plaquettes de nacre, gravée d’un buste d’Isis Pharia, augure de bonne navigation, à l’écart des périls. Sa monture est en argent ciselé, poinçonné, le pommeau rond est décoré de palmettes, la chape, elle-même en argent découpé, est gravée sur la partie haute des lettres DECAN ; celles-ci évoquent David, Emmanuel, Camille, Alexandra, Nathalie, initiales des quatre enfants et de l’épouse de l’Académicien.
  • La garde comporte une branche à quilles en tête léonesque évoquant le bestiaire pharaonique.
  • Le bouton de chape d’origine figure une tête de jeune taureau ciselée par Michel Renonciat, symbole des rapports étroits qui lient le récipiendaire à la pompe des pharaons.
  • Le fuseau en cuir noir est à deux garnitures. Il a reçu une longue plaque en argent gravée d’hiéroglyphes égyptiens avec trois maximes du sage Ptallohotep : « Ne t’enorgueillis pas de ce que tu sais… Consulte aussi bien l’ignorant que le savant… L’art est sans limites ».

Épée d’un Académicien spécialiste de la guerre au Moyen Âge.

  • Sur la fusée figure la silhouette de la tour de la Mutte de la cathédrale de Metz, lieu de naissance du récipiendaire.
  • Sur la garde de l’épée, de part et d’autre, figurent les images de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc :
    • Sainte Geneviève, patronne de Paris et prénom de l’épouse de l’Académicien. Elle est ici représentée tenant une bougie qu’un vilain petit diable tente d’éteindre en arrivant subrepticement derrière elle ;
    • Jeanne d’Arc, devenue l’un des principaux sujets d’étude de l’Académicien, est ici représentée à genoux face au roi Charles VII (entrevue de Chinon de février 1429).
  • Sur la lame, l’inscription « vive labeur », exaltation du travail des champs, et du travail en général. L’expression renvoie à la devise de l’université de Nancy, à laquelle l’Académicien a un temps appartenu.
  • Le pommeau représente l’oriflamme de Saint-Denis, telle qu’elle est représentée sur le sceptre de Charles V.

Épée d’un helléniste, créée par Arthus-Bertrand.
Cette épée se place à la fois sous le signe du feu avec la base noire et l’or des flammes du pommeau, et de la Grèce symbolisée par la colonne dorique en marbre de la fusée, ornée d’un médaillon ovale inspiré d’une gemme du Musée de Berlin, à l’effigie d’Héraclès (le héros dorien en relation avec Hippocrate) ainsi que par le serpent d’Asclépios stylisé de la garde, portant sur une face la maxime hippocratique « Être utile ou ne pas nuire » et sur l’autre, celle d’Eschyle dans l’Agamemnon « Apprendre par la souffrance ». S’y ajoute le drapé grec à la grâce ionienne de la coquille dont le centre porte en applique l’emblème des Aldes tiré de l’édition princeps de Sophocle, avec l’ancre marine autour de laquelle s’enroule un dauphin : allusion au travail éditorial de l’Académicien. Enfin, la double origine lorraine et béarnaise du récipiendaire est évoquée par la gravure du chardon des armoiries de Nancy et de celles de Gaston Phébus, sous la coquille.

Épée du XVIIIe siècle d’un garde du corps du roi Louis XVI.

Sabre courbe (shamshir) offert à un Académicien spécialiste de l’islam.
Cette lame Safavide, longue de 97,2 cm, comme le veut la tradition, date du XVIIe siècle. Elle a appartenu à un certain Assadullah ou Asad Ullah, « Le Lion de Dieu ».
Son propriétaire n’aurait su posséder un nom plus adapté, si l’on en croit l’étymologie populaire, qui rapproche le nom persan de cette arme de celui de la ville de Shamshir dans la province afghane de Helmand, et que l’on peut traduire par « Queue de lion ». Comme on peut le voir, en effet, la shamshir présente une incurvation, en moyenne de cinq à quinze degrés, qui évoque la queue du roi des animaux. Cette épée est probablement la Sampsera décrite par Flavius Josèphe (Antiquitates Iudaicae 20.2.3), parvenue jusqu’à nous sous le nom de « cimeterre », par l’intermédiaire de l’italien scimitarra.
Proche du khanda indien, cette arme apparaît, vers le 9e siècle dans le nord-est iranien, dans le Khorassan. Elle se répand en Iran à partir du 12e siècle et connaît son apogée au 16e dans le Moyen Orient, sous des formes proches : kilij en Turquie, talwar dans l’Empire moghol, saif dans le monde arabe.
C’est donc l’arme redoutable des conquérants Safavides que porte au côté son récipiendaire, l’arme de ces héritiers de la tradition soufie qui régnèrent sur la Perse de 1501 à 1732 et qui diffusèrent le chi’isme duodecimain. Pour être plus exact, cette épée se rapproche de la shamshir shikargar, littéralement « une épée de chasseur » ou « de chasse » : la lame est en effet gravée, - non d’une scène de chasse, comme le voudrait la tradition, mais d’un cartouche où est inscrit en lettres dorées, difficilement lisibles, « Abbas bandeh shah-i vilayet », que l’on peut traduire par « Abbas, serviteur du Seigneur des mondes ».
Cet Abbas est Shah Abbas II, le 7e shah Safavide, qui régna de 1642 à 1666.
Le fourreau, lui, date du XIXe siècle ; il est en argent repoussé, décoré en travail syrien.

Épée à ciselure d’officier général « Restauration », transformée « Monarchie de Juillet ».
Épée en bronze doré, clavier décoré des armes de France sur fond de trophée de drapeaux. Les trois fleurs de lys ont été transformées en trois étoiles, emblème du grade de lieutenant-général, mais nécessairement dans l’ordre des fleurs de lys (deux en haut, une en bas), qui est contraire à celui des étoiles du grade.
La poignée est en corne filigranée.
La lame à deux pans creux, est dorée et bleuie, sur chaque face, d’un monogramme (JC) sous couronne. Longueur : 85,5 cm.
Le fourreau est en cuir verni noir avec chape et bouterolle en laiton doré, refait au modèle, avec l’ajout des initiales JD sur la chape.
Longueur totale : 102,5 cm.

Voir les première et troisième parties de l’E-exposition sur les épées d’Académiciens

Pour en savoir plus sur les épées d’Académiciens :



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