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Journal des Savants : Janvier-Juin 2016


144 p., 33 ill.
Parution : juin 2016
Abonnement : l’année 2016 en 2 fasc., particuliers : 80 € ; institutions : 100 €.

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Sommaire et résumés

« Les images acheïropoiètes du Sauveur – le mandylion et le kéramion – en Géorgie : la tradition de leur translation dans l’ancienne littérature géorgienne », par Zaza Aleksidzé, correspondant étranger de l’AIBL.

L’origine du mandylion – célèbre image acheïropoiète – est relatée dans la correspondance de Jésus et d’Abgar, dont il existe huit versions géorgiennes des Ve-XIe siècles et deux magnifiques copies illustrées du XIe siècle. Néanmoins, à cette époque, aucune tradition ne rapporte que le mandylion, ou sa copie miraculeuse sur argile, le kéramion, se soient jamais trouvés en Géorgie. Toutefois, à partir du XIIIe siècle, on prétend que l’apôtre André a apporté avec lui l’une de ces deux images, ou encore que le moine syrien du VIe siècle, Antoine, aurait gardé près de lui le kéramion, dans son ermitage de Mart’q’opi. Bien plus, au XVIIIe siècle, on identifie l’icône Antchis Khati à l’image acheïropoiète. Selon l’un des manuscrits découverts en 1976 au Sinaï, deux des Pères syriens venus en Géorgie au vie siècle, Théodose d’Édesse et Isidore de Hiérapolis, étaient à l’origine desservants du mandylion et du kéramion. Dès leur arrivée en Géorgie, ils entreprennent de peindre une fresque et une icône du Christ : le Sauveur se présente alors lui-même pour accomplir le travail.

« La Peste Noire (1348), entre histoire et biologie moléculaire », par Pierre TOUBERT, membre de l’Académie.

Les recherches sur la Peste Noire de 1348-1350 et ses différents aspects d’ordre médical, démographique, social et culturel ont fait des progrès considérables depuis l’ample synthèse – d’ailleurs excellente en son temps – du Docteur Jean-Noël Biraben (2 vol., 1975-1976). Ce sont désormais les très remarquables travaux de O.J. Benedictow (2006-2010) qui peuvent être à juste titre qualifiés de « complete History » de la Peste Noire. Au moment même cependant où paraissait la somme de Benedictow, les progrès extraordinaires de la biologie moléculaire ont enrichi la question d’un ensemble inattendu de sources absolument nouvelles et de facto irréfutables : à savoir le séquençage génomique des anciens germes pathogènes responsables de la peste bubonique (Yersina pestis), ceci à partir d’échantillons (ossements et surtout pulpe dentaire) prélevés sur les restes de victimes de la grande pandémie de 1348. Cette masse de recherches et de publications dues à des équipes internationales de spécialistes de l’ADN ancien sont difficiles d’accès et largement ignorées par les historiens. Le présent article a pour objet de tenter une présentation de la situation actuelle et d’évoquer les conditions d’un dialogue nécessaire entre historiens et biologistes spécialistes de l’ADN ancien.

« Entre France et Angleterre : Jean IV, duc de Bretagne, et la signature », par Claude Jeay.

Jean IV (1365-1399) est le premier duc de Bretagne à avoir apposé sa signature sur un document. Ce geste matérialisé sur le papier ou le parchemin n’est pas le fruit du hasard. Le duc se met à signer après le roi de France, mais avant le roi d’Angleterre. Tous inventent leur propre signature dans le contexte politique troublé de la guerre de Cent Ans. Pour le roi de France, la signature contribue à consolider une légitimé contestée de toutes parts, aux côtés du portrait, de l’emblématique et de l’héraldique. Le duc de Bretagne est confronté à des difficultés de même ordre et prend la plume à son tour pour promouvoir sa qualité et son rang de prince grâce notamment à la formule De par le duc, scandant d’un document à l’autre un titre encore fragile. Jean IV crée ainsi une signature originale, inédite, sorte de signature-souscription révélatrice de la position des ducs de Bretagne sur l’échiquier politique, entre les royaumes de France et d’Angleterre. Choisir sa signature et signer sont de véritables actes politiques.

« Cesare Ripa lecteur d’Alciat : Emblématique et Iconologie », par Pierre LAURENS, membre de l’AIBL et Florence Vuilleumier Laurens.

Dans la riche production d’ouvrages de librairie illustrant l’intérêt des contemporains pour tous les aspects de la pensée symbolique, deux livres se détachent, l’un dans le premier tiers, l’autre dans les toutes dernières années du XVIIe siècle, l’un et l’autre porteur d’un titre appelé à une grande fortune : les Emblèmes d’André Alciat et l’Iconologie de Cesare Ripa. Les liens entre les deux ouvrages sont nombreux, le premier étant une des sources principales du second et tous deux pouvant servir une fin décorative ; la confusion est même si naturelle que la traduction anglaise du livre de Ripa sera Iconologia or Moral Emblems. Il n’en est que plus urgent de mettre en évidence, par l’analyse des compositions inspirées par le même sujet et parmi lesquelles nous avons privilégié celles qui dérivent de sources monétaires, la différence qui existe entre un projet qui vise une portée morale et un autre, porteur d’une ambition encyclopédique.

« La robe entre deux chaires : la famille Arnauld, du calvinisme au jansénisme », par Bernard Barbiche.

La famille Arnauld, rendue célèbre par des personnalités d’exception (la mère Angélique abbesse de Port-Royal, le Grand Arnauld, le ministre Simon Arnauld de Pomponne) a été partagée, comme tant d’autres, entre les trois grandes composantes du paysage religieux français au XVIIe siècle : protestantisme, jansénisme et catholicisme romain. Écartelée entre son idéal spirituel et son ambition politique au service de la monarchie et de l’État (tant auprès de Sully sous Henri IV qu’au Conseil d’En haut sous Louis XIV), elle a réussi à maintenir de génération en génération sa solidarité et sa cohésion, y compris sur le plan des enjeux financiers, matrimoniaux et sociaux, dans une commune adhésion à la doctrine augustinienne.

« La collection d’antiquités grecques de l’Institut d’art et d’archéologie de Paris. I. La céramique » par Alain Duplouy et Audrenn Asselineau.

L’Institut d’art et d’archéologie de Paris dispose d’une collection d’antiquités grecques naguère constituée et exposée en Sorbonne. Composée d’environ 300 pièces, cette collection est aujourd’hui placée au coeur d’un programme de valorisation scientifique et pédagogique du patrimoine universitaire. Cette première étude concerne la céramique grecque, soit 164 vases ou fragments. Elle porte plus spécifiquement sur l’histoire de la constitution de la collection entre 1890 et 1921 au sein de l’Université de Paris. Afin de retracer l’origine de ces pièces, une double enquête a été menée, d’une part, à travers un examen attentif des marquages et, d’autre part, par une étude des décrets de dépôt et autres documents administratifs d’archives. Dans une seconde partie, nous discutons la question des envois pédagogiques de l’État et leur utilisation en Sorbonne puis à l’Institut d’art et d’archéologie au service de l’enseignement de l’archéologie grecque.



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