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Journal des Savants : Juillet-Décembre 2014

148 p., 25 ill., juillet-décembre 2014
Abonnement annuel (deux fascicules) : 80 €. 

 

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Sommaire et résumés

 

Le millénaire de Rome au Grand Cirque : un cas de condensé symbolique », par Robert TURCAN, membre de l’Académie.

Réexamen d’un médaillon frappé en 248 pour le millénaire de Rome et célébrant les Saeculares avec courses de chars. À l’emplacement de la spina, on distingue différents monuments étrangers au décor habituel du Grand Cirque, notamment un amphithéâtre, le temple de Vesta, le temple de Vénus et de Rome sur la Vélia. Il s’agit de références symboliques à l’universalité en même temps qu’à la pérennité de l’Vrbs.

« Priscien de Lydie, la géographie et les origines néoplatoniciennes de la ”Collection philosophique” », par Didier Marcotte

Les Solutiones ad Chosroem de Priscien de Lydie constituent un des rares témoignages sur le séjour des derniers néoplatoniciens d’Athènes a la cour sassanide en 531-532. Le prologue de ce traité donne un catalogue des sources, qui est lui-même significatif de la bibliothèque dont se servaient Priscien et les philosophes du cercle de Damascius. Les relations que ce catalogue entretient avec plusieurs titres de la « Collection philosophique » doivent faire supposer qu’une partie de celle-ci tire ses origines lointaines de la bibliothèque des néoplatoniciens d’Athènes. Dans la bibliothèque en question, la géographie occupait une place importante, qu’illustrent notamment les auteurs mentionnés par Priscien. Une analyse des Chrestomathies de Strabon, conservées dans les manuscrits Palatinus Heidelberg. gr. 398 et Parisinus gr. 571, montre que ce recueil a été compilé au VIe siècle dans un environnement scientifique marqué par la doctrine de Platon et intéressé par la réalité géographique du Proche et du Moyen-Orient.

« Saint François au Mont-Saint-Michel. Enquête sur la transmission mémorielle d’une image disparue », par Véronique Rouchon-Mouilleron

Dans le cloître de la Merveille au Mont-Saint-Michel, un relief du XIIIe siècle, sévèrement martelé, ne doit son identification qu’à quelques documents modernes des XVIIe et XVIIIe siècles, issus des pères mauristes, historiens du monastère, et de l’intendant de Basse-Normandie, Foucault. Ils le désignent comme une représentation de saint François prise sur le modèle de l’image figurée par Joachim de Flore dans la basilique Saint-Marc de Venise. Ils reportent aussi l’inscription (également disparue) qui l’accompagnait, dont le formulaire commémore la coïncidence entre la canonisation du saint et l’achèvement du cloître en 1228. Le renseignement est essentiel pour tous les spécialistes de l’architecture montoise, car il permet de caler les autres étapes du chantier de la Merveille. Or l’ensemble de ces données a été retenu sans que les modalités de leur rédaction et de leur transmission aient été vraiment soumises à analyse. On s’est donc proposé de recontextualiser la documentation qui touche la sculpture de ce saint François et les enjeux de sa réception, entre Moyen Âge et Temps modernes. L’enquête concerne la tradition textuelle et visuelle qui a fait rapporter l’image normande à l’abbé de Flore et à la Venise du XIIIe siècle. Or, la mémoire savante des bénédictins apparaît ici, de façon inattendue, très dépendante du contentieux qui divisait alors l’ordre des mineurs, entre les observants et les capucins, à propos de la forme de l’habit franciscain. Car le relief médiéval montois servait à alimenter les discussions sur l’authenticité du vêtement originel de saint François. L’implication de cette sculpture dans l’actualité religieuse des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que des considérations épigraphiques et iconographiques obligent à revoir la certitude qui entoure la date de 1228, non seulement pour la sculpture de ce saint François, mais, en corollaire, pour l’ensemble du chantier du cloître.

« La fondation de l’université de Bourges (1463-1474) », par Jacques VERGER, membre de l’Académie

L’université de Bourges a été la dernière université fondée en France au Moyen Âge, à une époque où pratiquement toutes les fondations universitaires étaient devenues d’origine princière. Celle de Bourges résulta de la volonté conjointe du roi Louis XI et de son frère Charles, duc de Berry, en même temps que du clergé et de la population de la ville. La charte royale de fondation (décembre 1463) fut confirmée le 12 décembre 1464 par une bulle du pape Paul II et les enseignements furent officiellement inaugurés le 9 mars 1467, avec une douzaine de régents recrutés dans les universités voisines. Mais cette fondation se heurta à une très vive opposition des universités plus anciennes d’Orléans et de Paris, qui, inquiètes de cette concurrence qui amenuisait leur recrutement et leur prestige, s’efforcèrent d’obtenir du Parlement de Paris qu’il refusât d’enregistrer les lettres de fondation. Cette opposition entraîna un procès plaidé en décembre 1469 et janvier 1470. Les avocats de Bourges soutinrent le droit souverain du roi à fonder de nouvelles universités dans son royaume et l’utilité de la nouvelle fondation pour la ville de Bourges, chère au cœur de Louis XI, et le duché de Berry dans la perspective d’un développement équilibré du savoir dans les diverses régions du pays. Pour tenter d’empêcher la nouvelle création, les maîtres et avocats de Paris (et accessoirement d’Orléans) leur opposèrent la primauté ancienne de Paris, fondée sur la translatio studii, garante de l’orthodoxie du savoir et du niveau des études, justifiée par l’affection particulière que les rois de France avaient toujours portée à leur « fille aînée ». Ce statut privilégié ne pouvait pas s’accommoder de la multiplication des fondations nouvelles. Mais ces arguments ne fléchirent pas la détermination de Louis XI, qui imposa l’enregistrement des lettres de fondation (20 mars 1470). Une ultime tentative des universitaires parisiens et orléanais contre Bourges en 1474 n’eut pas davantage de succès.

« La collection Palmyr Cordier à la Société asiatique et à la Bibliothèque nationale de France », par Pierre-Sylvain FILLIOZAT, membre de l’Académie.

Dans le vaste champ de l’indianisme, l’histoire des littératures médicales de l’Inde a une place importante, grâce aux efforts de quelques personnalités exceptionnelles, à la fois médecins et orientalistes. L’ancienneté et la valeur de la médecine indienne ont été reconnues dès le milieu du XIXe siècle. L’allemand Franz Hessler publia en 1855 une traduction latine du grand traité sanscrit de l’Antiquité, la Suśrutasaṃhitā. Le français Gustave Liétard publia bientôt la première grande étude sur le même texte et d’autres apparentés. Palmyr Cordier, du corps français de médecine coloniale, qui, affecté en Inde tout en exerçant ses tâches considérables de médecin, apprit le sanscrit et le tibétain, réunit une collection de quelque trois cents manuscrits sanscrits, dont près de deux cents de médecine âyurvédique. On lui doit quelques publications révélant sa grande acribie philologique. En 1914, il fut malheureusement une des premières victimes de la Première Guerre mondiale. Jean Filliozat retrouva sa bibliothèque en 1932, fit acheter sa précieuse collection de manuscrits par la Bibliothèque nationale de France et poursuivit à son exemple une carrière de médecin et d’indianiste.

 

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