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Journal des Savants : Janvier-Juin 2012



Abonnement annuel (deux fascicules) : 80 €.









Sommaire et résumés

 

Les inscriptions grecques d’Iran et d’Asie centrale. Bilinguismes, interférences culturelles, colonisation, par Georges Rougemont.

En s’appuyant sur le recueil, paru en 2012, des Inscriptions grecques d’Iran et d’Asie centrale, l’auteur replace d’abord ce corpus en expansion (de nouveaux textes apparaissent presque sans cesse) dans son contexte historique et géographique. Ensuite, il passe en revue quelques inscriptions grecques d’Iran et d’Asie centrale qui témoignent d’une situation de « bilinguisme » (au sens large du mot) ou d’interférences culturelles. Enfin il s’interroge sur la relative rareté des textes de ce genre : dans la majorité des documents écrits qu’ils produisaient, les Grecs d’Iran et d’Asie centrale montraient, voire affichaient, un hellénisme impeccable. Cette identité culturelle hautement revendiquée était-elle, partout et toujours, profonde, sincère, ancienne ? La documentation disponible est encore trop restreinte pour répondre à cette question ; mais cette réponse, si un jour elle devient possible, sera probablement complexe et nuancée, comme le montre une comparaison, si sommaire et si discutable soit-elle, avec les populations européennes implantées de façon durable, aux XIXe et au XXe siècles, dans les vastes territoires coloniaux d’Afrique ou d’Asie.

L’auteur : Georges Rougemont est professeur émérite de grec, Université Lyon 2 ; Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, laboratoire HiSoMa (Histoire des sources des mondes antiques).

Automates et statues merveilleuses dans l’Alexandrie antique, par Hélène Fragaki.

Cet article propose une synthèse sur les automates et autres artifices impliquant des statues à Alexandrie, à partir d’une étude d’ensemble des sources actuellement disponibles, littéraires ou autres. Il s’agit non seulement de présenter le fonctionnement de ces dispositifs et de montrer leur faisabilité, mais aussi d’éclairer leur rôle dans la société de l’époque tout en les mettant en rapport avec les idéologies et les mentalités dominantes, ainsi que les tendances artistiques. Les textes techniques qui nous apprennent le processus de fabrication de ces étranges créatures, leur mode de fonctionnement et les principes théoriques sur lesquels il s’appuyait, constituent la base de cette réflexion. L’apport des mécaniciens est mis en relation avec d’autres données, écrites ou matérielles, afin d’appréhender l’utilisation de ces inventions, leur place dans l’Alexandrie antique et leur éventuelle valeur symbolique. Les automates et autres artifices sont présentés par catégories, après avoir été classés sur des critères techniques, puis regroupés en fonction des effets produits. Ils sont considérés à la fois comme une manifestation extrême de l’illusionnisme qui caractérise la production artistique de l’époque hellénistique et comme le résultat d’une quête innée du « vivant artificiel », souvent mis au service de la propagande royale ou de la religion. L’objectif final consiste à révéler un volet de l’univers alexandrin qui n’a pas été suffisamment mis en avant jusqu’à présent.

L’auteur : Hélène Fragaki travaille au sein de l’UMR 7041 ArScAn (Archéologies et sciences de l’Antiquité), Maison René Ginouvès (Nanterre), CNRS, Universités Paris 1 et Paris 10.

Les quatre travaux de maître Quentin (…1250-1276…) : cartulaires de Picquigny et d’Audenarde, Veil rentier d’Audenarde et Terrier l’évêque de Cambrai. Des écrits d’exception pour un clerc seigneurial hors normes ?, par Jean-François Nieus.

L’étude parallèle de deux rares cartulaires seigneuriaux du XIIIe siècle – ceux de Picquigny dans la Somme (Paris, Archives nationales, R1 672) et ceux de Pamele-Audenarde en Flandre-Orientale (Lille, Archives départementales du Nord, B 1570), respectivement datés de 1250 et 1261 – a révélé qu’ils sont l’œuvre d’un seul et même clerc, un dénommé Quintinus qui s’identifie en tête du premier document. La recherche a aussi permis de montrer que ce Quintinus (alias maistre Quentin), resté inconnu des historiens jusqu’à présent, est en outre le concepteur de deux autres écrits administratifs exceptionnels, à savoir les deux célèbres livres fonciers illustrés connus sous le nom de Veil rentier d’Audenarde (Bruxelles, Biblibliothèque royale, ms. 1175) et de Terrier l’évêque de Cambrai (Lille, Archives départementales du Nord, 3 G 1208), tous deux datés de 1275-1276, et qu’il fut le rédacteur d’une partie des chartes du sire Jean Ier d’Audenarde entre les années 1250 et les années 1270. Non seulement ces résultats jettent une lumière nouvelle sur la genèse des œuvres concernées, mais ils permettent – chose rarissime pour le Moyen Âge central – de reconstituer le profil et la carrière d’un administrateur professionnel au service de l’aristocratie laïque. Très polyvalent (ajoutons qu’on le voit aussi classer des archives et effectuer des travaux d’arpentage), très original (il fait rehausser ses manuscrits d’une illustration foisonnante), très à la pointe en matière d’innovations administratives (il pratique aussi l’enregistrement des actes à petite échelle), maître Quentin fait figure de pionnier du recours à l’écrit pour la gestion seigneuriale dans le nord-ouest de l’Occident.

L’auteur : Jean-François Nieus est chargé de recherche FNRS (Fonds national de la recherche scientifique, Belgique), Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix (Namur).

Un humaniste en son atelier : les études grecques de Pomponio Leto à la lumière d’un témoin nouveau, par Didier Marcotte.

Chef de file de l’humanisme romain à la fin du Quattrocento, Pomponio Leto (1428-1498) est toujours resté, pour ses contemporains comme pour la postérité, une figure paradoxale et contrastée, dans son excellence à manier la langue latine et dans la distance qu’il aurait marquée face au grec. La présente étude tend à corriger partiellement cette réputation, en montrant que le grec a longtemps été, pour Leto, une ambition contrariée, mais réelle, dont témoigne désormais son commentaire à la Description du monde de Denys d’Alexandrie, récemment retrouvé à la Biblioteca Augusta de Pérouse. Cette pièce nouvelle fait voir l’étendue des recherches menées par l’humaniste sur la géographie et l’ethnographie antiques, ainsi que l’ampleur du corpus d’auteurs grecs auxquels il recourait ; elle le montre aussi utilisant de première main des textes qui n’étaient pas encore traduits, voire restaient inédits de son temps. Enfin, elle permet de comprendre la consistance et la cohérence de son intérêt pour les antiquités du monde grec, manifesté dès son voyage vers la mer Noire en 1480, et dont l’édition du Denys latin, en 1497-1498, à l’extrême fin de sa carrière, devait être le point d’aboutissement, au moment où il achevait son ouvrage sur les Caesares.

L’auteur : Didier Marcotte est professeur de langue et de littérature grecques à l’Université de Reims.



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