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Linguistique de l’universel

Réflexions sur les universaux du langage, les concepts universels, la notion de langue universelle.

Par Robert MARTIN, membre de l’Académie.
116 pages | Décembre 2016 | 20 €.

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Présentation
Le présent recueil regroupe deux communications présentées devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l’une en mai 2014 (« Sur les universaux du langage »), l’autre en juin 2016 (sur « Les concepts universels »), ainsi que le discours prononcé lors de la séance solennelle sous la Coupole en novembre 2015 (« La notion de langue universelle »). Ces interventions ont en commun de porter sur le thème des langues et de l’universalité. Elles ont été reproduites sans changement, mais il a paru judicieux d’y ajouter, non seulement une brève Annexe où sont explicitées les options théoriques qui ont été prises, mais aussi un chapitre supplémentaire (« La linguistique et l’universalité ») qui montre la place déterminante des universaux du langage dans le statut de science que la linguistique revendique. Dédié à la « linguistique de l’universel », cet ouvrage procure, en linguistique générale, une synthèse novatrice.

Table des matières

  • Préface.
  • Sur les universaux du langage.
    • Discussion.
  • Les concepts universels.
    • Discussion.
  • La langue comme support de la culture : la notion de langue universelle.
  • La linguistique et l’universalité : vers l’unification de la discipline.
  • Annexes : quelques précisions complémentaires.
    • Pour une définition opératoire de la modalité.
    • Les valeurs de vérité. Le possible comme opérateur et comme concept.
    • La prédication d’existence.



Extraits

Sur les universaux du langage.

La communication, inhabituelle, que je me risque à présenter s’inscrit parmi les orientations de notre composante dite des « Divers ». Dédiée aux disciplines qui ne se rattachent ni à l’Antiquité classique, ni au Moyen Âge, ni à l’orientalisme, cette composante fait un sort aussi, pour l’ensemble de nos disciplines, à des approches d’un ordre un peu différent, épistémologiques, méthodologiques ou théoriques : c’est ce point de vue qui me conduit à proposer une réflexion sur les universaux du langage – au risque de nous éloigner, brièvement, de nos préoccupations majeures.
Les langues tiennent une place de choix dans le champ de recherche de notre Académie, surtout les langues anciennes (le latin, le grec, le sanscrit védique et classique, l’égyptien…), mais aussi l’arménien, le persan, certaines langues non indo-européennes (l’arabe, l’hébreu, le japonais, le chinois) et les états anciens des langues (en particulier l’ancien et le moyen français). D’éminents linguistes ont fait partie de notre Compagnie, Michel Bréal, Ferdinand Brunot, Antoine Meillet, Émile Benveniste et beaucoup d’autres. C’est dire que la linguistique générale ne nous est pas indifférente, bien au contraire.
Au cœur de la linguistique générale figurent les universaux du langage : un universel du langage est un trait commun à toutes les langues. À première vue, l’existence d’universaux peut sembler douteuse. Jamais les mots ne se correspondent strictement d’une langue à une autre ; une langue est un système qui structure la réalité à sa façon, et le découpage varie considérablement de langue à langue. Les odeurs et les senteurs par exemple appellent en français des mots comme parfum, effluve, exhalaison, fumet, relent et d’autres encore : il y a fort à parier qu’aucune autre langue au monde ne présente cette même palette ; certaines peuvent être plus riches, d’autres plus économes, mais toutes sont différentes. On ne trouverait même aucune catégorie qui serait commune à toutes les langues, pas même celles du substantif et du verbe : les langues sans opposition verbo-nominale, plus rares que les autres, sont loin d’être inexistantes (c’est le cas par exemple du tagalog ou de telle ou telle langue amérindienne comme le kalispel, naguère décrit par Hans Vogt). (…)



La langue comme support de la culture : la notion de langue universelle.

Pour clore cette séance, je voudrais essayer de montrer qu’en donnant toute sa place à la langue comme support de la culture, on peut éclairer aussi la notion si importante de « langue universelle ». En 1784, l’Académie de Berlin a mis au concours le sujet que l’on sait : « Qu’est-ce qui a fait de la langue française la langue universelle de l’Europe ? Par où mérite-t-elle cette prérogative ? Peut-on présumer qu’elle la conserve ? » Il est surprenant qu’à aucun moment, l’Académie ne se soit interrogée sur ce qu’est une langue universelle, sur les conditions qui doivent être satisfaites pour qu’une langue, en l’occurrence le français, puisse être dite « universelle ». La question pourtant n’est pas sans conséquence : si plusieurs définitions étaient envisageables, s’il existait plusieurs sortes de langues universelles, si l’idée de culture s’y mêlait, les réponses pourraient fortement diverger. Une brève réflexion sur les critères définitoires devrait suggérer qu’en effet plusieurs approches sont possibles et que du fait même l’universalité est peut-être moins exclusive qu’il n’y paraît. (…)



Pour se procurer cet ouvrage :
Librairie De Boccard, 11 rue de Médicis 75006 Paris
Tél. 01 43 26 00 37 ; Fax : 01 43 54 85 83
Site : www.deboccard.com
Courriel : info@deboccard.com



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