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Tome XLIV

Les formulaires de Grande Chancellerie, 1500-1580.


Par H. Michaud.
218 pages.
Parution : 1972
Prix : 31 €





Présentation
« Genre réputé austère, sinon ennuyeux », telle était la caractéristique brutalement appliquée par Alain de Boüard dans l’étude d’ensemble qu’il présentait des formulaires. Un commentaire de ces compilations obscures peut-il trouver une justification ? Au point de vue strictement technique, l’emploi de recueils de modèles par les officiers chargés de dresser les actes d’une chancellerie répond, en principe, à deux préoccupations : faciliter leur travail, en épargnant temps et peine ; entourer de garanties particulières l’établissement du texte des expéditions pour prévenir toutes contestations ultérieures. A ce titre, un tableau des activités de la chancellerie royale, tel que nous l’avons dressé par ailleurs, risquerait de paraître incomplet sans l’étude d’un instrument de travail jugé indispensable à la qualité des actes qu’elle élaborait. Mais, sur un plan plus général, comment oublier la puissance enfermée dans les formules par lesquelles le pouvoir souverain octroie ou retire, absout ou condamne, formules qui revêtent, aux yeux des régnicoles, un caractère quasi magique ? Le retour des mêmes termes, la multiplication des incidentes, sont, pour les usagers, des gages d’authenticité. Si l’expression des volontés royales s’égarait dans la fantaisie ou le néologisme, où serait la sécurité pour ceux qui attendent que justice leur soit rendue ? Par les instruments juridiques, le roi communique avec ses sujets. Comment imaginer que les modalités d’un tel langage puissent être indifférentes, remises au hasard ?

L’écrit, support indispensable, reste entouré de quelque mystère, car il est, dans les premiers siècles du Moyen Age, relativement rare, et de respect. Dans ces conditions, les officiers qui se voient confier la responsabilité de la mise en forme des décisions, font confiance à des guides et, dès le temps de la monarchie mérovingienne, ont été élaborés des recueils, parmi lesquels on distingue ceux dont le contenu se limite exclusivement à une série de formules et les recueils annexés aux traités de l’art d’écrire ou dictamina.

L’historique des uns et des autres montre qu’en France, et plus particulièrement pour les manuels destinés à l’usage de la Chancellerie royale française, le genre du formulaire a refleuri, après une longue éclipse, au cours des XIVe et XVe siècles. Ce renouveau de succès aboutit à l’élaboration d’un protocole tel que celui d’Odart Morchesne, jugé digne de l’impression, moyennant quelques modifications, dès les premières années du XVIe siècle. Ce protocole a fait figure, en quelque sorte, de manuel officiel pour la rédaction des lettres royaux.

Mais l’intérêt suscité auprès des historiens et des diplomatistes pour les oeuvres médiévales ne s’est pas étendu à celles qui leur ont succédé et pour une raison bien compréhensible : les documents authentiques transmis par les siècles les plus reculés subsistaient en trop petit nombre pour qu’on négligeât une source de ce genre. Passé le XVe siècle, au contraire, l’abondance des pièces d’archives conservées, soit à l’état d’originaux, soit de copies dignes de foi, explique qu’une attention moindre ait été accordée à des compilations artificielles. Pourtant, l’existence du protocole imprimé signalé plus haut n’empêcha pas la prolifération d’œuvres manuscrites. Le nombre de celles qui subsistent atteste, en effet, à quel point le souci de réunir une collection de modèles a été largement répandu. Une enquête, menée principalement au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, complétée dans les bibliothèques parisiennes et, éventuellement, dans des bibliothèques étrangères, nous a permis de grouper des notices relatives à 23 formulaires. Elle ne prétend pas être exhaustive, d’autant qu’elle a été, volontairement, limitée aux seuls protocoles de Grande Chancellerie. (…)

Table des matières

  • 1. Paris. Bibl. Sénat. 9119. Mention portée au dos de la reliure : « Stille de la Court de Parlement. Lettres d’Anne de Bretagne. » - « Ce protocole et instruction appartient à moy soubzsigné Claude Marchant, notaire et secrétaire du Roi… Et sont lesd. instructions escriptes de la main de… Macé Marchant mon ayeul aussi secrétaire du Roy et des roines Anne et Claude. »
  • 2. Milan. Bibl. ambrosienne. Cod. Trivulz. 1338. "Prothecolle de lectres tant missives que pactentes », exécuté pour Jean Grolier.
  • 3. Paris. Bibl. nat., ms. fr. 5500. Dépourvu de tout titre, avec cette annotation : « Monsieur le Mareschal, sr de Corbet et d’ Azy … m’a donné ce présent registre… Gassot. »
  • 4. Ms. fr. 19822. Incipit : « C’est la table de ce présent prothocolle qui traicte de plusieurs lettres de chancellerie tant de commandemens, de justice, que aultres, avec plusieurs autres clauses. » - « Ce présent prothocolle de chansellerie appertient à René de Baugy, chauffecyre de la chansellerie de France et l’a fait fere… à ses propres coustz et despens… De Baugy. »
  • 5. Ms. fr. 5501. Sans titre ni indication de provenance.
  • 6. Ms. fr. 24029. Dépourvu de titre. « C’est à monsr le prothonotaire me Jehan Guyot. »
  • 7. Ms. fr. 5086. Mention au dos : "Dépêches de François Ier.
  • 8. Ms. fr. 14368. Sans titre ni indication de provenance.
  • 9. Ms. fr. 5503. Dépourvu de titre, avec, à différentes reprises, la signature : « Clausse ».
  • 10. Vienne. Bibl. nat. ms. 6979. Mention au dos de la reliure : « Recueil de diverses pièces curieuses ». Attribué en partie à Claude Burgensis.
  • 11. Paris. Bibl. nat. ms. fr. 5124. « Lettres de justice en chancellerie avec aultres colligées de diverses manières. » Par Louis Berthier, secrétaire du Roi, d’après les mentions de collation.
  • 12. Ms. fr. 18111. Dépourvu de titre, avec la signature : « Du Lis, escuier, sr de Choullot, Chichamp ».
  • 13. Ms. n. acq. fr. 20256. Dépourvu de date, avec la signature : « Clausse ».
  • 14. Ms. fr. 5269. Mention au dos : « Ordonnances des rois de France ». - « Monsieur Du Péré [Nicolas Rennequin]".
  • 15. Ms. fr. 16240. « Instruction généralle pour un secrétaire d’Estat, où sont toutes les commissions et mandemens consernans la guerre, ensemble plusieurs expéditions, lettres et aultres pièces nécessaires. »
  • 16. Ms. fr. 5134. « Protocole pour un secrétaire d’Estat ».
  • 17. Paris. Bibl. de l’Institut de France. Godefroy 536. Sans titre ni signature.
  • 18. Paris. Bibl. nat. Ms. Dupuy 273. « Registre d’un secrétaire d’Estat du temps des roys François I et Henry Il, contenant diverses provisions de charges, etc. »
  • 19. Ms. fr. 18676. Mention au dos de la reliure : « Déclaration des bailliages, sièges présidiaux et séneschaussées de France ». - « Ce prothocole appartenant à de Berville, secrétaire de monseigneur de Lymoges. 1575. »
  • 20. Ms. fr. 5285. Mention au dos de la reliure : « Formulaire d’expéditions au nom du Roy ».
  • 21. Ms. fr. 5085. Mention au dos de la reliure : « Registre de lettres ».
  • 22. Ms. fr. 11469. Dépourvu de titre. « Commancé à Paris, le premier jour de septembre 1575. Foucault. »
  • 23. Ms. fr. 5286. Dépourvu de titre, avec la signature : « Gassot ».

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