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Mémoires présentés par divers savants - Tome XV-1




352 p., 40 planches hors-texte
Parution : 1960
Prix : 63 €


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Table des matières

  • Recherches sur la chronologie de l’époque mycénienne, par M. Jean Bérard.
  • Sabbat et parascève à Éléphantine, par M. André Dupont-Sommer, d’après des ostraca araméens inédits.
  • La Grèce et Saba, une nouvelle base pour la chronologie sud-arabe, par Mlle Jacqueline Pirenne.
  • Les inscriptions araméennes de Sfiré (stèles I et II), par M. André Dupont-Sommer avec la collaboration de M. l’abbé Jean Starcky.

Extraits d’articles

Recherches sur la chronologie de l’époque mycénienne.

Le problème de la chronologie mycénienne ne se posait pas tant que l’âge héroïque de la Grèce ne nous était connu que par des traditions légendaires. Ces traditions pouvaient être accueillies alors avec plus ou moins de confiance ou de méfiance. Elles pouvaient être soumises à une critique interne quant à leur cohérence et leur vraisemblance ; mais le moyen manquait de compléter cette critique interne par une critique externe faute d’un témoignage extérieur. Ce témoignage extérieur à la tradition nous a été fourni par les découvertes archéologiques qui ont été faites tant en Grèce et dans le bassin égéen qu’en Asie Mineure, à Chypre, en Syrie, en Égypte, depuis qu’en 1870 Schliemann entreprit d’explorer le site de Troie. Les fouilles de Mycènes, de Tirynthe et de cent autres sites de la Grèce propre, les fouilles d’Evan à Cnossos et les autres fouilles de Crète, nous ont révélé la civilisation de la Grèce à la fin de l’âge du bronze, cependant que l’exploration archéologique de Rhodes, de la Cilicie, de Chypre, de la Syrie, de l’Égypte, nous en apprenaient le lointain rayonnement. Ces découvertes venaient confirmer les traditions relatives à l’âge héroïque de la Grèce : elles nous montraient qu’à la fin de l’âge du bronze l’Hellade connut une civilisation brillante, telle que la décrivaient les légendes épiques ; et les grands centres de cette civilisation étaient ceux-là mêmes dont la tradition avait gardé le souvenir bien qu’à l’époque classique ils eussent, comme Mycènes, perdu toute importance, ou comme Pylos de Triphylie entièrement disparu. Les concordances étaient trop saisissantes pour que la civilisation de l’âge héroïque ne fût pas identifiée avec la civilisation mycénienne ; identification qui aujourd’hui encore est unanimement reconnue, quoique de manière plus ou moins explicite, et constitue la base de toute notre connaissance de la Grèce primitive. (…)



Sabbat et parascève à Éléphantine d’après des ostraca araméens inédits.

Les papyrus araméens découverts à Éléphantine durant la première décade de ce siècle ont fourni, comme chacun sait, sur la vie religieuse, au Ve siècle avant J.-C., de la fameuse colonie juive installée dans cette ville un certain nombre de données extrêmement précieuses. Mais, comme on n’a pas manqué de le remarquer, il y a un point sur lequel ces documents sont étrangement muets : le Sabbat, jour sacré, dont l’observation est au premier rang des prescriptions de la Loi juive et figure dans le Décalogue même. Cowley écrit à ce sujet : « Cette institution essentiellement juive …, le Sabbat, n’est nulle part signalée. Même s’il n’y avait pas d’occasion pour le mentionner explicitement, nous nous attendrions à ce qu’il intervînt quelquefois dans les transactions commerciales, quand celles-ci comportaient la rédaction d’un acte. Aujourd’hui nul Juif orthodoxe pratiquant n’écrirait un jour de Sabbat. Le Dr Fotheringham, dans une note sur ce sujet… , conclut d’après le calcul des dates que celles-ci ne démontrent pas l’existence d’un tel scrupule, ni assurément son absence, car aucun acte passé entre Juifs ne semble être daté avec certitude du Sabbat. Il y a en fait silence complet sur ce sujet ». Ce silence, croyons-nous, est maintenant rompu : sur plusieurs des ostraca araméens recueillis à Éléphantine, en 1907-1909, par Clermont-Ganneau et ses collaborateurs, et encore inédits, nous avons reconnu récemment la mention du mot Sabbat. Il y a plus : un autre ostracon inédit, appartenant aussi à la collection Clermont-Ganneau, nous a livré un autre mot étroitement lié au mot Sabbat : celui qui désigne précisément la veille du Sabbat, ou la « Parascève ». Ces divers ostraca, tous originaires du Ve siècle avant J.-C., sont de beaucoup les plus anciens documents - l’Ancien Testament mis à part attestant l’existence du Sabbat juif. Nous présenterons d’abord les textes ; puis nous chercherons brièvement à montrer l’importance de ces données nouvelles en ce qui concerne l’histoire de la grande institution juive. (…)



La Grèce et Saba, une nouvelle base pour la chronologie sud-arabe. XIIIe, VIIIe ou Ve siècle ?

Ce ne sont pas des documents nouveaux que nous pouvons espérer apporter aujourd’hui à la science sud-arabe, mais bien une interprétation neuve de documents déjà acquis, et spécialement de ceux qui relèvent de la plus ancienne période, actuellement connue, de l’histoire sabéenne. Pour en situer tout d’abord le sens et la portée, dans le développement de la science sud-arabe, nous dirions que, des deux bases données par Glaser et Hommel à l’histoire sudarabe, nous croyons que non seulement la première (l’antériorité des Minéens) est à abandonner, comme elle l’est aujourd’hui, mais encore que la seconde (le synchronisme assyro-sabéen du VIIIe siècle), toujours admis comme terminus a quo de la chronologie sabéenne, ne résiste pas mieux que la première à l’épreuve d’un examen paléographique et archéologique. Sans méconnaître tout ce que la science sud-arabe doit à Glaser et Hommel, qui resteront deux de ses plus illustres pionniers, il faut bien dire qu’ils ont suivi une méthode toute différente de celle, prudente et solide, qui vise à recueillir, à publier tous les éléments de la documentation avant de se livrer à des synthèses : méthode suivie par l’Institut de France, par exemple, et qui nous a valu le Corpus Inscriptionmn Semiticarum, puis le Répertoire d’épigraphie sémitique, ces grands instruments de base, auxquels viendra bientôt s’ajouter le Dictionnaire de notre maître, le Professeur G. Ryckmans. Au contraire, Glaser et, après lui, Hommel, disposant de la mine de renseignements rapportés par Glaser de ses quatre voyages, ne se sont pas préoccupés de publier exhaustivement ces documents ; ils ont relevé, dans cette masse, certains textes qu’ils publiaient en les intégrant immédiatement dans des études ; pour reconstituer rapidement le cadre chronologique de l’histoire, ils ont extrait de leurs contextes inédits des titulatures de souverains, permettant de construire des généalogies. De plus, on ne pouvait alors attacher aux données archéologiques et paléographiques l’importance qu’elles auraient méritée : elles faisaient trop souvent défaut. Bon nombre d’inscriptions rapportées d’Arabie, tant par Arnaud et Halévy que par Glaser, n’avaient pu être que copiées et, pour la reproduction des documents recueillis, les moyens techniques étaient loin d’offrir les possibilités dont nous disposons aujourd’hui. Ainsi les estampages de Glaser sont restés inédits et les critères archéologiques et paléographiques sont restés étrangers à la reconstruction de l’histoire (…)



Les inscriptions araméennes de Sfiré (stèles I et II).

Sfiré est une grosse bourgade si tuée à 25 kilomètres au Sud-Est d’Alep, au débouché du couloir qui sépare le lac de Djabboul du massif volcanique du Djebel Hass. Cette bourgade occupe l’emplacement d’une ville antique, comme en témoigne la présence d’un tell de dimensions considérables. Au pied de ce tell, en 1928, fut découvert un torse de statue de lave, du XVe siècle environ av. J.-C. Une prospection du site fut alors entreprise par C.-L. Brossé, qui découvrit notamment « les ruines presque intactes d’une grande porte fortifiée, édifiée en blocs de lave taillés qui atteignent jusqu’à 2 m. 50 de longueur. Cette porte est située au Nord d’une enceinte de forme à peu près circulaire, formée d’un mur de briques de terre crue, de plus de 4 mètres d’épaisseur. Des tours demi-circulaires font saillie sur la face extérieure de cette puissante muraille ; elles sont espacées de 40 mètres en moyenne » (Les Guides Bleus, Moyen-Orient,Paris, Hachette, 1956, p. 322.) R. Dussaud a proposé d’identifier Sfiré avec la ville de Sipri, mentionnée au XIVe siècle av. J.-C. dans le traité entre Suppiluliuma et Mattiwaza. En mai-juin 1930, MM. ’Assâl et Dumbakly, négociants en antiquités à Alep, acquirent auprès du cheikh et des villageois de Sfiré tout un lot de fragments d’inscriptions araméennes. Le Révérend Père S. Ronzevalle, dès 1930, a eu sous les yeux cet ensemble de fragments ; il les a ainsi décrits : « Quatre d’entre eux, avec des éclats qui ont pu leur être restitués, forment une stèle à laquelle il manque malheureusement une bonne vingtaine de lignes ; mais le nombre total des lignes restantes, plus ou moins bien conservées, est très élevé : il dépasse la centaine (exactement 105 ). Une seconde stèle, très fragmentaire, n’a laissé d’elle qu’une trentaine de lignes, toutes très incomplètes et mutilées. D’autres menus fragments ne se raccordent actuellement à aucune des deux stèles précédentes : leur état de conservation n’ajoute presque rien d’essentiel à l’intelligence du long texte, dont il sera uniquement question dans cette première notice » (…)



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