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DOSSIER DE PRESSE





Le Prix 2014 d’histoire des religions de la Fondation « Les amis de Pierre-Antoine Bernheim » a été décerné le 20 juin par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à M. Thomas Römer pour son ouvrage « L’invention de Dieu » (Seuil, 2014)

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Thomas Römer
Thomas Römer a étudié aux facultés de théologie des universités de Heidelberg et Tübingen. Il étudie l’hébreu biblique, l’ougaritique et d’autres langues sémitiques notamment sous la direction de Rolf Rendtorff, professeur d’Ancien Testament à Heidelberg, qui l’encourage à développer une thèse sur la question des Patriarches dans le Deutéronome et l’histoire déteuronomiste. Lors de la préparation de celle-ci à Paris, il fréquente l’École pratique des Hautes études, l’Institut catholique de Paris et l’Institut protestant de Théologie et obtient son doctorat en 1988. A l’invitation d’Albert de Pury, rencontré à Paris, il rejoint l’Université de Genève où il devient maître d’enseignement et de recherche à la faculté de Théologie de 1989 à 1991, avant d’y enseigner la philologie biblique et l’exégèse biblique jusqu’en 1993. A partir de 1993, il enseigne la Bible hébraïque à la faculté de Théologie et de Science des Religions à l’Université de Lausanne, ainsi qu’à l’Institut romand des Sciences bibliques (IRSB) qui lui est rattaché. En 2003, il est contacté par les autorités françaises, quand Jacques Chirac tente d’éclaircir les allusions de George W. Bush aux prophéties bibliques sur « Gog et Magog » quelques semaines avant l’invasion de l’Irak. Il leur remet une note biblique sur cette prophétie de type apocalyptique. En 2007, sur la proposition de l’assyriologue Jean-Marie Durand, Thomas Römer est nommé professeur au Collège de France où il occupe la chaire « Milieux bibliques » : c’est la première fois que le mot « Bible » figure dans l’intitulé d’une chaire du Collège de France, où l’hébreu est pourtant enseigné depuis 1530. Figure phare de la recherche internationale dans le domaine biblique, Thomas Römer dirige la revue Semitica et les prestigieuses collections « Ancient Israelite Literature » d’Atlanta, « le Monde de la Bible », et « Essais bibliques » de Genève. Il participe également aux comités de rédaction des principales revues vétérotestamentaires. Les travaux de Thomas Römer ont contribué à renouveler profondément la compréhension de la formation et de la datation du Pentateuque ainsi de la constitution des traditions juives sur les Pères, Abraham et Moïse en particulier.



PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE COURONNÉ
Avec un art consommé de l’exposé clair mais savant, Thomas Römer aborde dans L’invention de Dieu, le problème redoutable du développement du Dieu unique à partir de plusieurs dieux, de l’époque des premier royaumes israélites et judéens jusqu’à l’époque hellénistiques, soit entre le IIe millénaire et le IIIe siècle av. n. è. Dans ce volume, qui illustre sa méthodologie, Thomas Römer a l’art de rendre accessibles aux non-spécialistes, qui constituent l’essentiel de ses lecteurs, les très difficiles problèmes de l’interprétation du texte et des noms divins de la Bible hébraïque, dont il examine la signification à l’aide d’inscriptions contemporaines des premières rédactions, des archives assyriennes et babyloniennes aussi bien que des sources archéologiques, sans oublier les choix opérés par les traducteurs de la Septante. Ces questions sont ardues. Elles ont été très largement débattues depuis près de deux siècles, et souvent de manière passionnée. Avec une calme assurance Thomas Römer fait ainsi découvrir les différents dieux des premiers groupes d’Hébreux, il montre comment ils se sont unis au gré des événements politiques et militaires sous le nom d’un seul dieu, un dieu qui avait d’ailleurs pendant longtemps à ses côtés une déesse. C’est après plusieurs réformes internes et sous le double effet de la destruction de Jérusalem et de l’Exil babylonien que la Bible et le Dieu des Hébreux ont acquis leur forme définitive. Ces débats érudits se trouvent exposés de façon extraordinairement claire par Thomas Römer qui s’appuie aussi sur une vaste bibliographie récente, souvent allemande.

En bref, Thomas Römer réussit le tour de force de présenter un livre à la fois érudit et ouvert à tous. Il fait le point sur les connaissances et hypothèses les plus actuelles sur une question qui intéresse un des socles des trois grandes religions monothéistes. De ce fait il se recommande de toute évidence pour le prix Bernheim.

John Scheid,
Correspondant français de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
membre de la commission du Prix d’histoire et
des religions Pierre-Antoine Bernheim

Documents joints

Dossier de presse Bernheim 2014

15 mai 2014
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