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Dossier de presse





Le Prix 2013 d’histoire des religions de la Fondation « Les amis de Pierre-Antoine Bernheim » a été décerné par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à M. Israel Jacob Yuval pour son ouvrage « Deux peuples en ton sein ». Juifs et Chrétiens au Moyen Âge (Albin Michel, 2012)



Israel Jacob Yuval
Israel Jacob Yuval est né en 1949 à Sdé Eliyahu en Israël. Diplômé de l’Université de Cologne et titulaire d’un doctorat en histoire juive de l’Université hébraïque de Jérusalem, il est Professeur au Département d’histoire juive de l’Université hébraïque depuis 2012. Israël Jacob Yuval a également enseigné à l’Université de Tel Aviv (1984-88) et est aujourd’hui responsable académique de la Jack, Joseph and Morton Mandel School for Advanced Studies in the Humanities. Lauréat du Prix Zalman Shazar en Histoire juive (1989) pour son premier ouvrage : Scholars in Their Time : The Religious Leadership of German Jewry in the Late Middle Ages, publié en hébreu en 1988, il a reçu en 2002 le Prix Bialik en études et littérature juives pour « Two Nations in Your Womb ». Perceptions of Jews and Christians. Publié en 2000 à Tel Aviv, en hébreu, cet ouvrage a déjà été traduit en anglais (University of California Press, 2006) et en allemand (Vandenhoeck & Ruprecht, 2007) avant d’être traduit en français par les éditions Albin Michel en 2012.

PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE COURONNÉ

L’ouvrage d’Israël Jacob YUVAL, Professeur à l’université hébraïque de Jérusalem et spécialiste éminent du judaïsme médiéval, est original et novateur dans la mesure où il se propose de substituer à la traditionnelle relation filiale entre le judaïsme et le christianisme une relation de concurrence, dont le symbole biblique serait le couple de jumeaux Jacob et Esaü, les fils de Rebecca. Dans cette perspective, l’auteur renouvelle en profondeur la perception des rapports entre juifs et chrétiens au Moyen Age en montrant que, loin d’appartenir à deux univers étanches, les « frères ennemis » possédaient une subtile connaissance l’un de l’autre, fondée sur une réelle familiarité avec les catégories théologiques de l’adversaire, ainsi que sur de constants renversements mutuels d’images, de symboles et de rituels. L’étude se concentre surtout sur le judaïsme ashkénaze (Allemagne, France capétienne, Angleterre) qui a entretenu avec la chrétienté des relations beaucoup plus conflictuelles que les juifs séfarades du monde méditerranéen pour lesquels la fin du monde ne devait pas s’accompagner d’un massacre des Nations mais de leur conversion. Sans bien sûr minimiser les expressions et les anifestations d’hostilité de la part des chrétiens vis-à-vis des juifs, l’auteur souligne que l’appel de la vengeance divine contre leurs persécuteurs a tenu en revanche une place de plus en plus grande dans l’apologétique et les textes liturgiques chez les ashkénazes .Ces derniers en effet, reconnurent alors une fonction rédemptrice à l’effusion du sang des Gentils et en firent un étape préalable à la venue du Messie, qui devait être marquée par la seconde révélation de l’élection d’Israël . Informée de ces malédictions et scandalisés par le fait que, lors des violences exercées contre les juifs de Rhénanie pour les contraindre à se convertir lors de la première croisade, certains parents avaient préféré égorger leurs enfants, l’opinion chrétienne sera désormais convaincue que, s’ils sont capables de tuer leurs propres enfants, les juifs le sont encore plus de tuer des enfants chrétiens à l’occasion de la célébration de la fête de Pessah – la Pâque juive - pour se procurer leur sang, ce qui allait conduire à l’apparition et à la généralisation des accusations de meurtre rituel qui furent lancées contre eux dans l’Europe du Nord-Ouest à partir des XIIe et XIIIe siècles. La dernière partie du livre est consacrée à un examen comparatif de l’apocalyptique juive et chrétienne et de leurs interférences respectives étudiées à partir des écrits de Maimonide, dont l’œuvre marque une renaissance du prophétisme au sein du judaïsme contemporaine de celle que Joachim de Flore opéra à la même époque dans le christianisme occidental. Au total, ce livre savant mais pas trop érudit et bien traduit en français, accompagné d’un riche appareil de notes et de références bibliographiques qui seront utiles aux spécialistes mais n’entravent pas une lecture courante , est un ouvrage important qui renouvelle profondément et de façon très équilibrée notre approche des rapports entre le judaïsme et le christianisme. Il montre, sans polémique ni recherche de culpabilité, que ceux-ci ont été beaucoup plus complexes qu’on ne l’avait dit ou cru jusqu’à présent et qu’ils n’ont pas fonctionné à sens unique. A ce titre, je considère personnellement qu’il s’agit d’un livre exemplaire qui mériterait qu’on lui accorde le Prix de la Fondation Bernheim pour cette année.

André Vauchez, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, ancien directeur de l’École française de Rome, rapporteur du jury de l’Académie

Documents joints

Prix du livre d’histoire des religions 2013 - Dossier de presse

29 mai 2013
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1 Mo

Présentation de l’ouvrage par les éditions Albin Michel

29 mai 2013
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