Accueil du site > Prix et Fondations > Fondations > Fondation Flora Blanchon > 2017

Lauréats 2017

Prix 2017 : Mme Amandine Dabat

 


 Le Prix Flora Blanchon couronne une thèse se distinguant dans les domaines d’études portant sur l’Extrême-Orient en vue d’en aider la publication.

Mme Amandine Dabat, historienne de l’art et spécialiste du Vietnam, a soutenu en 2015 sa thèse de doctorat à l’Université Paris-Sorbonne (INHA) sur : « Hàm Nghi (1871-1944). Empereur en exil, artiste à Alger ».

Hàm Nghi (1871-1944), empereur patriote selon l’historiographie vetnamienne, victime ou acteur de la résistance anticoloniale selon les historiens français, fut exilé à Alger dans l’espoir de mettre fin au mouvement Cần Vương. Déporté à l’âge de dix-huit ans, pion sur l’échiquier politique de l’Indochine, il était considéré par une partie des autorités françaises comme un homme politique influent. Il fut surveillé toute sa vie et ne fut jamais autorisé à entrer en contact avec l’Indochine. Cependant, celui qui était désormais appelé « prince d’Annam », noua des amitiés avec des élèves vietnamiens au lycée d’Alger, des officiers et des missionnaires français, qui circulaient entre l’Indochine, l’Algérie et la métropole. Ces intermédiaires lui permirent de conserver un lien avec l’Indochine. Hàm Nghi consacra sa vie à l’art. Il devint peintre et sculpteur. Il fut l’élève du peintre orientaliste Marius Reynaud, du sculpteur Auguste Rodin, et fréquenta de nombreux artistes de son époque. Les archives nationales, vietnamiennes et françaises, nous apprennent les aspects administratifs de son exil : seul le point de vue du gouvernement français est alors connu. Les archives privées du fonds Hàm Nghi, récemment découvertes, apportent le regard intime de l’empereur exilé sur sa vie, par l’intermédiaire de sa correspondance. Ces documents permettent d’écrire une biographie et d’établir un catalogue raisonné de son œuvre..

Prix 2017 : Mme Yola Gloaguen

 


Mme Yola Gloaguen, architecte, historienne de l’art et japonologue, a soutenu en 2015 sa thèse de doctorat à la section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des Hautes Études sur : « Les villas réalisées par Antonin Raymond dans le Japon des années 1920 et 1930. Une synthèse entre modernisme occidental et habitat vernaculaire japonais ».

Abordé sous la forme d’une étude de cas, ce travail se situe à la croisée de l’histoire de l’architecture moderne et de l’histoire du Japon. Il aborde une partie de la vie et de l’œuvre de l’architecte occidental originaire de Bohême Antonin Raymond (1888-1976), qui a exercé dans le Japon de l’Entre-deux-guerres. L’auteur de cette étude propose de cerner le processus de conception architecturale par lequel Raymond a réalisé une « synthèse » entre un modernisme occidental emblématique des années 1920 et 1930 et l’habitat vernaculaire japonais, produit d’une tradition ancienne de la conception de l’espace et de la construction. Organisée en trois parties, la thèse s’ouvre sur une biographie présentant le parcours qui mène Raymond de sa Bohême natale jusqu’au Japon, en passant par les États-Unis. Elle se poursuit avec l’examen des circonstances dans lesquelles il s’établit en tant qu’architecte indépendant à Tokyo, en rendant compte de l’acquisition d’un certain nombre de moyens humains et techniques nécessaires à la pratique architecturale dans le contexte japonais. Enfin, une sélection de dix-sept villas réalisées à Tokyo et dans les destinations de villégiatures environnantes entre 1921 et 1938 est présentée. L’analyse architecturale détaillée de ces habitations réalisées pour une clientèle d’élite japonaise et occidentale permet d’observer les différentes étapes de l’élaboration du processus de création architecturale qui a permis à Antonin Raymond et son équipe de proposer une architecture à dimension universelle ancrée dans un contexte local. Par le biais de l’architecture, ce travail illustre ainsi une partie des problématiques et des enjeux soulevés par le processus de modernisation qui caractérise l’histoire du Japon dans la première moitié du XXe siècle.

 

Bourse 2017 : Mme Clémence Le Meur

 


Mme Clémence Le Meur, archéologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études sur : « Les tambours miniatures en alliage cuivreux de la culture de Dong Son (Vietnam, Ve s. av.-IIe s. ap. J.-C.) ».

L’âge du Fer (500 av. J.-C. - 500 ap. J.-C.), en Asie du Sud-Est, est une période de bouleversements socio-économiques qui se traduit par l’expansion du nombre de biens manufacturés et l’émergence de centres de pouvoir régionaux hiérarchisés. La différenciation sociale est plus marquée, l’acquisition de ces biens de valeur sert à assoir l’autorité d’une catégorie réduite de la population. Au Vietnam, une entité géographique et humaine se distingue au nord : la culture de Đông Sơn. Celle-ci est connue par son riche mobilier en bronze, notamment par ses grands tambours. Il existe des tambours miniatures répliques de leurs grands modèles, issus de contextes funéraires. Contrairement à leurs grands modèles, ils sont circonscrits au Nord du Vietnam et au Sud de la Chine, et sont moins nombreux. Leur usage est donc différent, une des questions sera pour moi de préciser leur fonction. L’analyse intrinsèque des objets permettra de déterminer la source du minerai et comment ces objets sont fabriqués. Nous nous intéresserons donc à l’économie de ce groupe humain, mais aussi à son organisation sociale, par les informations tirées du contexte de découverte, en tentant de déterminer la place des artisans et pour qui étaient destinées ces pièces prestigieuses. L’influence de l’Empire Han sera à prendre en considération, car dès 111 av. J.-C, la région nord de l’actuel Vietnam en faisait partie.

 

Bourse 2017 : M. Christophe Decoudun

 


M. Christophe Decoudun, archéologue et sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) sur : « Les développements des représentations imagières bouddhiques en Chine (et dans les régions périphériques) à partir des textes de la tradition huayan, des dynasties du Nord et du Sud de la dynastie Song (VIe-XIIe s.) ».

Les recherches de M. Decoudun traitent de quatre types de productions iconographiques inspirées de l’Avataṃsaka-sūtra. Le premier type concerne l’étude des portraits de Vairocana, le buddha principal dans l’Avataṃsaka-sūtra. Il s’agit des premières représentations du buddha sous sa forme dite « buddha cosmique », c’est-à-dire avec le corps couvert de références au discours cosmologique du sūtra. Ces figures, que l’on trouve en sculptures et en peintures, vont du Ve au IXe siècles et se trouvent principalement dans l’Ouest de la Chine (Xinjiang et Gansu). Le second type comprend l’environnement imagier de ces buddhas du VIe au VIIe siècles ainsi que d’autres sculptures de Vairocana en Chine (Shandong et Henan) consacrés à la méditation et à l’influence des autres écoles bouddhiques. Le troisième type porte sur le développement de nouveaux portraits et l’influence du bouddhisme ésotérique. Ces images datent principalement de la dynastie Song (XIe-XIIe s.). Les seuls exemples préservés se trouvent dans la province du Sichuan. Le quatrième type traite de deux formes d’images narratives : les représentations d’assemblées en peintures sous la dynastie Tang (VIIIe-Xe s.) et les ouvrages imprimés du Gaṇḍavyūha-sūtra (XIe-XIIe s.), le dernier chapitre de l’Avataṃsaka-sūtra qui narre l’histoire d’un jeune garçon indien parti en pèlerinage pour atteindre l’éveil. Les images des assemblées se trouvent dans l’ouest de la Chine, au Gansu, et les représentations du Gaṇḍavyūha-sūtra sont conservées dans des musées japonais..

 

Bourse 2017 : Mme Candice Del Medico

 


Mme Candice Del Medico, archéologue, prépare une thèse de doctorat à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur : « Les mosquées traditionnelles du Nord de la Chine. Architecture sino-islamique des périodes Ming et Qing (1368-1911) ».

Les recherches de Mme Candice Del Medico sont concentrées sur les provinces du Shanxi, Shaanxi et Henan et sur les complexes architecturaux d’époques Ming et Qing. Son projet a pour objectif de comprendre la façon dont ces sites d’origine étrangère ont pu se développer dans les régions où la tradition chinoise est la plus forte. Des relevés architecturaux du bâti ancien seront effectués afin d’établir ensuite des plans au sol et des plans d’élévations. Des enquêtes auprès des musulmans seront,également réalisées pour recueillir l’histoire orale de ces mosquées et des communautés qui leur sont rattachées. Des recherches en bibliothèque et dans les archives viendront compléter ce travail de terrain.

 



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC