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2016

S. A. I. le Prince Takahito MIKASA

Élu associé étranger, le 28 juin 1991, au fauteuil de Maurice LEROY, S. A. I. le Prince Takahito MIKASA, doyen de la famille impériale japonaise, est décédé à Tokyo, le 27 octobre 2016, à l’âge de cent ans. Après des études à la faculté des lettres de l’Université de Tokyo consacrées à l’Orient ancien, et plus particulièrement à l’archéologie égyptienne et aux langues sémitiques, S. A. I. le Prince Mikasa a enseigné dans diverses universités japonaises et a achevé sa carrière comme professeur à l’Université de Tokyo pour les beaux-arts et la musique. Il a également été professeur invité à la School of Oriental and African Studies de Londres. Fort actif au sein des grands congrès internationaux relevant de ses domaines de compétence et dont il assura bien souvent la présidence (congrès de l’Association internationale pour l’Histoire des Religions, congrès international des Sciences humaines en Asie et en Afrique du Nord, congrès international des Égyptologues, etc.), S. A. I. le Prince MIKASA nous laisse d’importantes publications consacrées à l’archéologie du Proche-Orient ancien, parmi lesquelles on mentionnera les plus récentes : L’histoire de l’ancien Orient et moi (1984) et Les dieux de l’ancienne Égypte (1988). Ancien Président de la Société japonaise d’Étude de l’Orient et membre de la Société française d’Égyptologie, il fonda à Tokyo en 1975 le « Centre culturel du Proche-Orient », véritable centre névralgique de la recherche orientaliste au Japon, qu’il dota d’une bibliothèque exceptionnelle réunissant l’ensemble des périodiques et des grandes publications scientifiques relatives à l’histoire et à l’archéologie de cette vaste région du monde. Au crédit de l’action culturelle de S. A. I. le Prince MIKASA, doit être aussi porté son rôle mémorable à l’UNESCO, en particulier au département du patrimoine ; président d’honneur pour la campagne internationale de sauvegarde du site de Mohenjo-Daro (Pakistan), son nom restera ainsi lié au sauvetage de cet énorme ensemble urbain de briques crues. Docteur honoris causa des Universités de Lancaster, Sofia, Ankara et Colombo, il reçut en 1989 le Prix mondial Ataturk pour la Paix.

José-María Blázquez-Martínez

Élu correspondant étranger de l’Académie, le 19 février 1999, l’antiquisant José-María Blázquez-Martínez est décédé à Madrid, le 27 mars 2016, à l’âge de 89 ans. Spécialiste des civilisations de la péninsule Ibérique, depuis la Préhistoire jusqu’au haut Moyen Âge, et plus largement de l’ensemble du bassin méditerranéen, J.-M. Blázquez-Martínez était un historien réputé pour ses travaux dans les domaines de l’archéologie, de l’épigraphie, de l’histoire des religions ou bien encore de l’histoire économique et sociale. Professeur à l’Université de Salamanque, puis à l’Université Complutense de Madrid, qui lui conféra l’éméritat en 1991, il dirigea des campagnes de fouilles en Espagne, à Cástulo, Cáceres et Ávila, ainsi qu’à Rome, sur le Monte Testaccio. Auteur d’une œuvre abondante sur l’Espagne antique (une cinquantaine de livres et plusieurs centaines d’articles), il organisa la publication systématique des mosaïques romaines de l’Espagne (11 vol. parus, dont 6 sous son nom ou avec des collaborateurs), auxquelles il consacra en 1994 un grand ouvrage de synthèse. Le Professeur J.-M. Blázquez-Martínez dirigea les revues Archivo Español de Arqueología et Gerión. Docteur honoris causa des Universités de Bologne, Salamanque, Valladolid et León, il fut, entre autres, médaille d’argent de l’Académie d’Architecture de Paris et membre de nombreuses académies et sociétés savantes espagnoles, allemandes, italiennes et américaines.

Girolamo ARNALDI

Élu associé étranger, le 25 février 2000, après avoir été nommé correspondant étranger le 21 décembre 1990, à la place de Joshua Prawer, le grand médiéviste italien Girolamo ARNALDI est décédé à Rome, le 30 janvier 2016, à la veille de sa 88e année. Successivement professeur aux Universités de Bologne et de Rome « Sapienza », Girolamo ARNALDI était un maître éminent dans trois domaines principaux : l’histoire de l’Église et de la Papauté du haut Moyen Âge (en particulier des VIIIe-Xe s.), la culture des juges et des notaires italiens des XIIIe-XIVe siècles, enfin l’histoire de Venise et de la Terre ferme au Moyen Âge. Connaisseur hors pair de l’historiographie italienne du XIIIe siècle, il s’était également illustré par ses études portant sur les origines des universités de Bologne, Padoue et Naples, ou bien encore en s’intéressant aux rapports entre Dante Alighieri et l’Italie. Président, de 1982 à 2001, de l’Istituto storico italiano per il Medio Evo où il succéda à Raffaelo MORGHEN (1896-AIBL 1964-1983), Girolamo ARNALDI occupa une place de tout premier plan au sein de l’équipe des Monumenta Germaniae historica ; il joua aussi un rôle directeur dans l’entreprise internationale du Repertorium Fontium Historiae Medii Aevi (« Nouveau Potthast »). Très influencé par l’historiographie française, c’était un proche des historiens Georges DUBY (1919-AIBL 1974-1996), Jacques Le Goff et Pierre TOUBERT ou encore de l’École française de Rome, aux travaux de laquelle il collaborait souvent. Avec André VAUCHEZ et Reinhard Elze, il était le fondateur du Circolo medievistico romano, un lieu particulièrement vivant d’échanges entre historiens italiens et étrangers. Membre de l’Accademia dei Lincei, de la Bayerische Akademie der Wissenschaften et de la Polska Akademia Nauk, Girolamo ARNALDI était Grand Officier de l’Ordre du Mérite de la République Italienne et chevalier de la Légion d’Honneur. Parmi ses publications les plus récentes, l’on citera : cLe origini dello Stato della Chiesa (1987), Natale 875. Politica, ecclesiologia, cultura del papato altomedievale (1990), L’Italia e i suoi invasori (2002), enfin, plus près de nous, un recueil d’études paru en 2010, en hommage à Marc Bloch, sous le titre : Conoscenza storica e mestiere di storico.




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