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2014


Jean-Pierre CALLU

Élu membre de l’Académie le 10 février 1995, au fauteuil de Pierre MAROT, le numismate et latiniste Jean-Pierre CALLU, est décédé à Donville-les-Bains, dans la Manche, le 29 août 2014, à l’âge de 84 ans. Normalien, agrégé des lettres, ancien membre de l’École française de Rome, docteur ès lettres, Jean-Pierre CALLU avait débuté sa carrière à l’Université de Rennes (1963-1972) avant de professer à Nanterre (1972-1988), puis à la Sorbonne qui lui conféra l’éméritat en 1998. Il était également directeur d’études émérite à l’École pratique des Hautes Études (IVe section). Sa compétence dans le domaine de l’histoire monétaire lui avait valu d’être nommé représentant français au Comité des Experts pour le choix de la face communautaire de l’euro en 1997. Spécialiste de l’histoire monétaire et économique du Bas-Empire romain, Jean-Pierre CALLU avait consacré de fructueuses recherches à l’Histoire Auguste – dont il coordonna l’édition générale, éditant lui-même les Vies d’Hadrien, d’Aelius et d’Antonin. Coéditeur de l’Historiae Augustae Colloquium Argentoratense, il publia également dans la CUF les Lettres de Symmaque en 3 vol. (1972-1995). Au nombre de ses principaux ouvrages, d’une vaste érudition passée au crible d’un esprit de rigueur exemplaire, l’on mentionnera notamment : son mémoire consacrée au Genio Populi Romani (295-316). Contribution à une histoire numismatique de la Tétrarchie (1960), sa grande thèse sur La politique monétaire des Empereurs romains de 238 à 311 (1969), enfin deux recueils d’études parus respectivement en 2006 en 2010 : La monnaie dans l’Antiquité tardive et Culture profane et critique des sources de l’Antiquité tardive.

Jean-François JARRIGE

Élu membre de l’Académie le 14 mars 1997 au fauteuil de Jacques HEURGON, après avoir été nommé correspondant le 17 décembre 1993, l’orientaliste Jean-François JARRIGE est décédé le 18 novembre 2014 à Paris, à l’âge de 74 ans. Historien des arts du monde indianisé, Jean-François JARRIGE était l’un des archéologues contemporains les plus réputés en raison de l’ampleur de ses découertes au Balochistan pakistanais (fouilles de Mehrgarh, Nausharo et Pirak). Ayant conduit de patientes études sur les antécédents de la civilisation de l’Indus, son développement et sa disparition (7000-1900 av. J.-C.), c’était le spécialiste incontesté des IIe et Ier millénaires av. notre ère dans les plaines indo-gangétiques. Ancien professeur à l’École du Louvre, directeur de recherche émérite au CNRS, il y avait dirigé le Centre de Recherches archéologiques Indus-Balochistan et la mission archéologique de l’Indus à partir de 1975. En raison de ses vastes compétences archéologiques et muséographiques, il avait été appelé en 1986 au musée Guimet, qu’il dirigea jusqu’en 2008. Concepteur des galeries du Panthéon bouddhique inaugurées en 1991, il présida à la superbe rénovation que connut cet établissement, dont il peut être considéré à juste titre comme le refondateur. Il fut le commissaire d’expositions majeures organisées à Paris, dont on mentionnera quelques-unes des plus célèbres : « Les citées oubliées de l’Indus » (1989) ; « Angkor et dix siècles d’art khmer » (1997) ; « Afghanistan, une histoire millénaire » (2001) ; « Montagnes célestes, Trésors des musées de Chine » (2004). Organisateur de grand talent, Jean-François JARRIGE occupa, de 1994 à 2014, le siège de secrétaire général de la Commission consultative des Recherches archéologiques à l’étranger du ministère des Affaires étrangères. Vice-président du Comité culture de la Commission nationale de l’UNESCO, il présida le bureau de l’Association internationale des Archéologues de l’Asie du Sud. Membre du collège des conservateurs de Chantilly depuis 2008 (Institut de France), il était, à l’Académie, l’un des directeurs des Monuments et Mémoires de la fondation Piot.

Jean FAVIER

Élu membre de l’Académie le 26 avril 1985, au fauteuil de Raymond LEBÈGUE, le médiéviste Jean FAVIER, est décédé le 12 août 2014, à Paris, à l’âge de 82 ans. Jean FAVIER était l’un des médiévistes contemporains les plus réputés, pour l’ampleur de ses recherches sur la fiscalité et l’histoire monétaire, l’administration au bas Moyen Âge, mais aussi sur l’histoire urbaine, fluviale et sociale de Paris. Sa thèse sur Les finances pontificales à l’époque du Grand Schisme d’Occident (1966), son maître livre sur Finances et fiscalité au bas Moyen Âge (1971) ou bien celui consacré à Paris au XVe siècle sont des classiques. Historien à la puissance de travail considérable, d’une érudition impeccable, Jean FAVIER se distinguait également par ses importants travaux de synthèse, qui constituent autant de jalons précisant l’étendue de nos connaissances sur la France au temps des principautés (XIe-début du XVIe s.) et en particulier sur la guerre de Cent Ans. Biographe de talent, il s’était attaché à l’étude approfondie de certaines grandes figures qui s’illustrèrent au cours du Moyen Âge : l’empereur Charlemagne, Philippe le Bel et son conseiller Enguerran de Marigny, François Villon, Louis XI, Le roi René. Auteur d’un ambitieux Dictionnaire de la France médiévale paru en 1993, il dirigea la Revue historique de 1973 à 1997. Archiviste paléographe, ancien membre de l’École française de Rome, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, Jean FAVIER fut élu en 1965 directeur d’études à la IVe section de l’EPHE, en 1969 professeur à la Sorbonne – dont il dirigea l’Institut d’histoire de 1970 à 1975 ; il y enseigna jusqu’en 1997. Il assuma aussi d’importantes fonctions d’ordre administratif comme directeur général des Archives de France de 1975 à 1994 ; il y donna corps à certaines idées qui aboutirent à la loi de 1979 sur les archives, mais veilla aussi à la réalisation des salles de travail du fameux CARAN ainsi qu’à la construction d’importants dépôts en province. Il a renouvelé profondément les règles de l’archivistique française et a publié plusieurs ouvrages consacrés aux archives, devenus immédiatement des références. Président de la Bibliothèque nationale de France de 1994 à 1997, Jean FAVIER présida la Commission française pour l’UNESCO à partir 1997. Il fut, de 1995 à 2012, le conservateur du château de Langeais de l’Institut de France. Grand-Croix de la Légion d’honneur, Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, Jean FAVIER était membre de la Mediaeval Academy of America (Cambridge, Ma), de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique et de l’Institut Grand-Ducal du Luxembourg, docteur honoris causa de l’Université de Rome.

Peter LEWIS

Élu associé étranger de l’Académie le 8 décembre 1995, au fauteuil de Dion PIPPIDI, après avoir été nommé correspondant le 19 juin 1990, le médiéviste Peter LEWIS, est décédé le 30 juillet 2014, à Oxford ; il allait fêter ses 83 ans. Emeritus Fellow d’All Souls (1953-1998), conservateur en chef de la prestigieuse Codrington Library de l’Université d’Oxford, de 1982 à 1998, Peter LEWIS était l’un des meilleurs spécialistes de la France de la fin du Moyen Âge, notamment des questions relatives la vie sociale et politique sous les premiers Valois ; son nom restera également attaché à une entreprise d’édition considérable, celle des Écrits politiques de Jean Juvénal des Ursins, publiés en 3 vol. (1978-1992). Au titre de sa bibliographie, on doit également mentionner son maître-livre intitulé Later Medieval France. The Polity (1968, trad. fr. 1977), devenu un classique, un volume réunissant ses principaux articles portant le titre : Essays in Later French History (1985) ainsi que l’édition qu’il a procuré de l’Histoire de Charles VI de Jean Juvénal des Ursins (1996).

Georges LE RIDER

Élu membre de l’Académie le 19 mai 1989, au fauteuil de Georges POSENER, le numismate et helléniste Georges LE RIDER, est décédé à Givors, (Rhône) le 3 juillet 2014, à l’âge de 86 ans. Normalien, agrégé de lettres, docteur ès lettres, ancien membre de l’École française d’Athènes et de l’Institut d’archéologie de Beyrouth, Georges LE RIDER avait suivi une carrière brillante et rectiligne. Il occupa le poste de conservateur en chef du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale (1961-1975) et enseigna à la IVe section de l’EPHE, où il fut directeur d’études ; professeur à la Sorbonne de 1984-1993, il enseigna au Collège de France de 1993 à 1998. Il assuma également de hautes fonctions directoriales comme administrateur général de la Bibliothèque nationale (1975-1981), puis directeur de l’Institut français d’Études anatoliennes d’Istanbul (1981-1984). Il fut le conservateur du manoir Kérazan de l’Institut de France de 1999 à 2012. Spécialiste internationalement reconnu de numismatique grecque, avec comme sujet de prédilection l’histoire monétaire et ses relations avec l’histoire politique et l’histoire économique, Georges LE RIDER était également un historien des provinces orientales du monde gréco-romain. Il laisse une oeuvre abondante composée d’ouvrages, de synthèses et de très nombreux articles parmi lesquels on citera sa thèse consacrée à Suse sous les Séleucides et les Parthes. Les trouvailles monétaires et l’histoire de la ville (1965), Code pour l’analyse des monnaies (1975), Le monnayage d’argent et d’or de Philippe II frappé en Macédoine de 359 à 294 (1977), ou bien encore, plus près de nous, Monnayages et finances de Philippe II, un état de la question (1996) et Alexandre Le Grand. Monnaie, finances et politique paru en 2003 (trad. angl. 2007). Docteur honoris causa des Universités de Louvain et de Lausanne, Georges LE RIDER était membre de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique et de l’Académie polonaise des Sciences et Lettres de Cracovie.

Anna MORPURGO DAVIES

Nommée correspondant étranger de l’AIBL, le 29 juin 1990, la linguiste Anna Morpurgo Davies est décédée le 26 septembre 2014, à l’âge de 77 ans. Formée à l’Université de Rome qui lui conféra un doctorat ès lettres, Junior Fellow du Centre for Hellenic Studies de l’Université Harvard, elle accomplit l’essentiel de sa carrière à Oxford où elle occupa, de 1971 à 2004, la chaire de « Comparative Philology ». Pionnière dans le domaine de la mycénologie (elle publia en 1963 le premier dictionnaire du grec mycénien), spécialiste réputée de la grammaire comparée des langues indo-européennes, reconnue pour ses travaux sur l’anatolien ancien, Anna Morpurgo Davies était régulièrement appelée à enseigner dans les universités américaines les plus prestigieuses (Harvard, Yale, Stanford, Berkeley). Elle était docteur honoris causa des Universités St Andrews et de Nancy.

Michel SAKELLARIOU

Nommé correspondant étranger de l’AIBL, le 29 juin 1990, l’helléniste Michel Sakellariou est décédé le 16 août 2014, à l’âge de 102 ans. Docteur d’État de la Sorbonne avec une thèse sur La migration grecque en Ionie, il avait professé à l’Université de Thessalonique, dont il fut le doyen de la faculté des lettres. Il fut également professeur associé à l’Université de Lyon II. Membre éminent de l’Académie d’Athènes, fondateur du Centre de l’Antiquité grecque et romaine, qu’il dirigea de 1979 à 1991, il avait présidé la Fondation pour la Culture hellénique à partir de 1993 (Athènes). L’un des meilleurs spécialistes du monde préhellénique et de la Grèce durant l’« âge obscur » et la période archaïque, il laisse une œuvre abondante comportant de nombreuses monographies, la plupart écrites en français. Il fut l’un des codirecteurs de l’Histoire de l’Humanité publiée par l’UNESCO.

Alberto VARVARO

Élu associé étranger de l’Académie le 14 mars 2014, le philologue et médiéviste Alberto VARVARO, spécialiste de linguistique et de littérature romanes, est décédé le 22 octobre 2014 à Naples, à l’âge de 80 ans. Professeur émérite à l’Université de Naples, membre de l’Accademia dei Lincei et Senior Member du Wolfson College de Cambridge, Alberto VARVARO était un grand romaniste dont l’autorité était internationalement reconnue. Appelé à dispenser son enseignement dans de nombreuses Universités (Zurich, Berkeley, Los Angeles, Heidelberg et Liège), il avait été reçu docteur honoris causa par celles de Chicago et de Heidelberg. Sa très riche bibliographie comporte un nombre impressionnant d’ouvrages, d’éditions et d’articles, embrassant le domaine de presque toutes les langues romanes et de leurs dialectes, notamment le sicilien auquel il avait consacré plusieurs livres. Une large part de ses études a été réunie en 2004 dans un imposant recueil intitulé : Identità linguistiche e letterarie nell’Europa romanza. Directeur de la collection « Romanica neapolitana » et de la revue Medioevo Romanzo, il avait reçu en 1998 le Prix national du Président de la République italienne sur proposition de la classe des sciences morales, historiques et philologiques de l’Accademia dei Lincei.



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