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2009

Robert ÉTIENNE

Né à Mérignac, le 18 janvier 1921, notre confrère Robert ÉTIENNE, qui avait été élu le 18 juin 1999 au fauteuil de Roland MARTIN, est décédé à Bordeaux, le 4 janvier 2009. Normalien de la rue d’Ulm (1942), agrégé d’histoire (1946) et ancien membre de l’École française de Rome (1947-1949), le professeur Robert ÉTIENNE avait accompli une carrière très brillante et rectiligne à l’Université de Bordeaux III (1949-1988), où il occupa dès 1961 la chaire d’histoire romaine ; il y dirigea l’Institut d’Histoire (1970-1973 ; 1976-1979) et le Centre Pierre-Paris (1974-1986) qui, sous son impulsion, devint une véritable Maison de l’archéologie, précieuse structure de recherche qui abrite une bibliothèque d’une grande richesse sur l’Antiquité hispanique et aquitaine et a donné naissance au Centre « Ausonius », célèbre par ses travaux et ses publications. Archéologue et homme d’action, il dirigea plusieurs chantiers de fouilles importants, au Maghreb tout d’abord, qu’il découvrit jeune Farnésien (Volubilis et Apollonia de Cyrénaïque, avec P. Montet), puis au Portugal où il s’affirma comme l’un de ses meilleurs maîtres (Conimbriga, 1964-1979 ; Saõ Cucufate, 1977-1988 ; Troia), enfin en Roumanie où il fut à partir de 1990 codirecteur des fouilles de Sarmizegetusa.

Georges Tate

Né à Vigneux-sur-Seine (Seine-et-Oise) le 26 février 1943, M. Georges Tate, qui avait été nommé correspondant de l’AIBL le 17 novembre 1989 au poste de Charles Higounet, est décédé à Joigny, le 5 juin 2009. Archéologue et byzantiniste, il était le spécialiste des sociétés rurales de la Syrie du Nord des IIe-VIIe siècles, mais également un fin connaisseur du Proche-Orient actuel ; il fut de 2003 à 2007 conseiller culturel auprès de l’ambassadeur de France à Bagdad. Ancien directeur de l’IFAPO (1981-1990), directeur de la Mission archéologique de la Syrie du Nord (1976) et professeur d’histoire ancienne à l’Université de Versailles (1994), G. Tate avait été directeur scientifique adjoint du département des Sciences de l’Homme et de la Société au C.N.R.S. Il avait publié en 2004 une belle et ample monographie sur Justinien. L’épopée de l’Empire d’Orient (527-565).

Domenico MAFFEI

Élu associé étranger de l’AIBL le 16 avril 1999, après avoir été nommé correspondant en 1996, le professeur Domenico MAFFEI est décédé le 4 juillet 2009 à Sienne, à l’âge de 83 ans. Professeur à l’Université de Pise, puis à l’Université de la Sapienza à Rome, il était l’un des principaux chefs de file de la très brillante école italienne d’histoire des droits médiévaux, canonique, civil et commercial, mais aussi un spécialiste internationalement reconnu des universités médiévales – au travers de l’étude critique des grands textes de la littérature juridique des XIIe-XVIe siècles et de la production littéraire des érudits des XVIe-XVIIIe siècles. Parmi sa très abondante bibliographie, on mentionnera sa thèse novatrice et originale sur Gli inizi dell’Umanesimo giuridico (1956) ou encore l’immense entreprise du Catalogue des manuscrits du collège d’Espagne de Bologne, dont il fut l’animateur infatigable.

Dietrich von BOTHMER

Élu associé étranger de l’Académie le 14 novembre 1997, après avoir été nommé correspondant en 1979, l’helléniste Dietrich von BOTHMER est décédé le 12 octobre 2009 à New York, à l’âge de 91 ans. Ancien conservateur en chef du département de l’art grec et romain du Metropolitan Museum of Art de New York et professeur à l’Institute for Fine Arts de l’Université de New York, il avait présidé le comité américain du Corpus Vasorum Antiquorum (CVA) de 1959 à 1983. Considéré comme l’un des plus grands experts en céramique grecque, il avait fait enrichir de nombreuses acquisitions les collections du Metropolitan Museum qui le distingua en le nommant Distinguished Research Curator (1990), puis en baptisant de son nom deux de ses principales galeries de vases antiques (1999). Sa bibliographie compte plusieurs ouvrages et études importants, notamment Amazons in Greek Art (1957), Greek and Roman Art, Guide to the Collections, Metropolitan Museum of Art (1974), The Amasis Painter and his World (1985) ainsi que des volumes du CVA.

Grigori BONGARD-LEVINE

Une conférence internationale à la mémoire de Grigori BONGARD-LEVINE (1933-2008), associé étranger de l’AIBL, a été organisée du 24 au 26 septembre 2009 par l’Académie russe des Sciences (Institut d’Histoire du Monde) et l’Université d’État russe des Sciences humaines. À cette occasion, une communication sur le site d’Aï Khanoum par M. Paul BERNARD, empêché, a été lue en séance. MM. Glen BOWERSOCK, Pierre DUCREY et Miltiade HATZOPOULOS, associés étrangers de l’Académie, ont présenté des exposés intitulés respectivement : « Strabo and the Memory of Mithridates Eupator » ; « Érétrie, Eubée, Grèce. L’apport des découvertes récentes à l’histoire de la Grèce antique » ; « La langue des anciens Macédoniens à la lumière des découvertes épigraphiques récentes ». Les actes de la conférence organisée par M. Askold Ivantchik (CNRS Bordeaux et Académie russe des Sciences), en collaboration avec les académiciens russes A. Chubarian et I. Urilov, seront publiés par le comité scientifique, au sein duquel figurent MM. Jean LECLANT, Secrétaire perpétuel de l’Académie, Paul BERNARD et Glen BOWERSOCK.

Ikuo Hirayama

M. Ikuo Hirayama, élu correspondant étranger de l’AIBL le 19 février 1999, est décédé à Tokyo le 2 décembre 2009, à l’âge de 79 ans. Spécialiste de la transmission du bouddhisme en Asie dans ses expressions textuelles et artistiques, le professeur Hirayama avait occupé, à deux reprises, la charge de recteur de l’Université des Beaux-Arts et de Musique de Tokyo (en 1989-1995, puis en 2001-2005). Peintre reconnu de tradition nihonga, attaché notamment aux sujets d’inspiration bouddhique, c’était une personnalité culturelle majeure dans son pays, où ses initiatives et ses fondations ont fait beaucoup pour la promotion du patrimoine national. Grand spécialiste de la Route de la Soie, l’une des sources fondamentales de son inspiration picturale, il s’était mis au service de l’UNESCO pour protéger les trésors culturels les plus menacés en Asie, tel les temples d’Angkor Vat au Cambodge, les grottes de Mogao en Chine, les Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan, détruits par les talibans depuis lors, les peintures murales de Dunhuang en Chine ou encore le riche ensemble des tombes de Koguryo en Corée du Nord. Grand ami de la France, il a aidé plusieurs institutions de notre pays, dont le musée Guimet, à développer leurs collections et leurs recherches sur les arts de l’Extrême-Orient. Décoré, en 1998 de l’ordre de la Culture, la plus haute distinction japonaise, il avait présidé l’Association de l’Amitié sino-japonaise ; nommé officier de la Légion d’honneur en 1996, il avait fondé en 1999 à l’AIBL un prix annuel destiné à encourager les études sur l’Extrême-Orient.

André GOURON

M. André GOURON, élu membre de l’AIBL le 7 mai 1999, au fauteuil de Paul-Marie DUVAL, est décédé à Montpellier le 22 décembre 2009, à l’âge de 78 ans. Docteur en droit et agrégé de droit romain et d’histoire du droit, le médiéviste André GOURON était un historien du droit romain et coutumier français de réputation internationale, mais également un grand spécialiste de la littérature juridique et de l’enseignement du droit dans le Midi de la France au Moyen Âge ; ses travaux sur les juristes méridionaux du XIIe siècle, dont l’activité intense était certes inspirée mais aussi, à bien des égards, autonome des entreprises menées par l’École de Bologne, conduisirent à en réhabiliter le rôle et connurent un grand retentissement. Professeur émérite de l’Université de Montpellier I, où il enseigna à la faculté de droit et sciences économiques à partir de 1961 et dont il fut le doyen de 1969 à 1972, directeur de l’École doctorale de droit privé de Montpellier de 1994 à 1999, il avait également animé, de 1976 à 1991, l’Institut d’Histoire des anciens Pays de Droit écrit du CNRS. De son ample bibliographie, on se bornera à citer les ouvrages fondamentaux suivants, qui forment un ensemble de références incontournables : La science juridique française aux XIe et XIIe siècles : diffusion du droit de Justinien et influences canoniques jusqu’à Gratien (1978), La science du droit dans le Midi de la France au Moyen Âge (1984 ), Études sur la diffusion des doctrines juridiques médiévales (1987), Droit et coutume en France aux XIIe et XIIIe siècles (1993) et Juristes et droits savants : Bologne et la France médiévale (1999).

Thomas James

Élu correspondant étranger de l’AIBL le 23 juin 2000, l’égyptologue Thomas James est décédé le 16 décembre 2009, à l’âge de 86 ans – ce dont l’Académie n’a été informée que cet été. Ayant accompli toute sa carrière au British Museum, il en fut le directeur du département des Antiquités égyptiennes de 1971 à 1988. Archéologue et épigraphiste, chairman de l’Egypt Exploration Society, il mena de nombreuses campagnes de fouilles à Saqqarah, dans la nécropole thébaine et au Gebel es-Silsila. Auteur d’importantes publications, dont les catalogues des textes hiéroglyphiques du British Museum et du musée de Brooklyn, directeur du Journal of Egyptian Archaeology, il avait édité les fameux papyri de Heqanahkt, connus du profane pour avoir inspiré à Agatha Christie son roman La mort n’est pas une fin.



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