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REINACH Salomon et Théodore

(1858 - O 1896 - 1932) et (1860 - L 1909 - 1928). Hellénistes.

Formant avec leur frère Joseph, célèbre avocat engagé, le fameux trio des « Je-Sais-Tout » (« Joseph-Salomon-Théodore ») – car censé détenir ensemble un savoir universel –, Salomon et Théodore Reinach demeurent dans les mémoires comme les parangons du savant complet ; d’une érudition prodigieuse, leur rigueur d’esprit ainsi que leur sens aigu de la méthodologie ne le cédait en rien à l’étendue de leurs curiosités vouées à l’étude des riches domaines de l’Antiquité classique. Élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de grammaire, puis membre de l’École d’Athènes, Salomon Reinach se distingue dès les années 1880-1882 par des découvertes archéologiques de tout premier plan accomplies sur le site de Myrina en Éolide. Les résultats de ces fouilles seront dûment consignés dans deux ouvrages intitulés : Terres cuites et autres antiquités trouvées dans la nécropole de Myrina (en collaboration avec E. Pottier, 1886) et La nécropole de Myrina (en collaboration avec E. Pottier et A. Veyries, 1887, 2 vol.). Chargé, à son retour de Grèce, de différentes missions scientifiques en Tunisie (1883-1884 et 1885), Salomon Reinach se tourne alors vers l’étude de l’ancienne province romaine : il donnera, à la mort de Ch. Tissot, une édition considérablement révisée et augmentée du grand ouvrage de géographique historique entrepris par celui-ci, l’Exploration scientifique de la Tunisie, lui adjoignant notamment un important Atlas archéologique de la Tunisie (en collaboration avec R. Cagnat et E. Babelon, 1884-1888). Ces travaux novateurs valurent à Salomon Reinach d’entrer comme attaché au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye en 1886, puis d’être nommé professeur d’archéologie à l’École du Louvre en 1890. Il deviendra conservateur du musée de Saint-Germain en 1902.

Parmi la très riche bibliographie de S. Reinach, retenons les précieux instruments de travail qu’il a procurés tant au philologue – Manuel de philologie classique (1880), Grammaire latine (1886) – qu’à l’épigraphiste – La langue des inscriptions attiques (1880), Traité d’épigraphie grecque (1885) – ou à l’historien de l’art, avec ses remarquables Répertoires : de la statuaire grecque et romaine (1896-1930, 6 vol.), de vases peints grecs et étrusques (1899-1900, 2 vol.), de peintures du Moyen Âge et de la Renaissance (1905-1923, 6 vol.), de reliefs grecs et romains (1909-1912 ; 3 vol.), de l’art quaternaire (1913), de peintures grecques et romaines (1922). Relevons aussi les ouvrages qu’à titre de conservateur du musée de Saint-Germain-en-Laye il a consacrés aux antiquités de la Gaule : les Antiquités nationales. Description raisonnée du musée de Saint-Germain (1889-1894, 2 vol.) et Le Musée de Saint-Germain (1898, 5 vol.). Mentionnons enfin les livres qui, de son vivant, le firent connaître du grand public et furent d’innombrables fois réédités et traduits : Apollo, histoire générale des arts plastiques (1904), Orphéus, histoire générale des religions (1907).

Tout comme son frère aîné, Théodore, se consacra à l’étude de l’Antiquité. On doit à l’ampleur de son érudition et à son génie polyvalent une Histoire des Israëlites, depuis l’époque de leur dispersion jusqu’à nos jours (1884) ainsi que des études qui ont fait date tant en histoire du droit et des institutions – De l’Etat de siège et des institutions de Salut public à Rome, en France et dans la législation comparée (1885), La représentation en matière de successions féminines dans les droits égyptien, grec et romain (1893) – qu’en épigraphie – Recueil des inscriptions juridiques grecques (1890-1898) – en archéologie – Une nécropole royale à Sidon (en collaboration avec O. Hamdy Bey, 1892-1896) – ou en musicologie – La musique grecque (1926). Éminent philologue, il donna la première traduction française de la République d’Athènes d’Aristote (1891) avant de diriger la traduction et l’édition des Œuvres complètes de Flavius Josèphe (1902-1929). C’est cependant à la numismatique que Th. Reinach s’attacha par prédilection. Parmi les nombreux travaux qui ont fait de leur auteur l’un des meilleurs spécialistes de cette discipline, rappelons : Les Monnaies juives (1887), l’Essai sur la numismatique des rois de Cappadoce (1887), l’Essai sur la numismatique des rois du Pont (1888), Trois royaumes de l’Asie mineure : Cappadoce, Bithynie, Pont (1888), L’histoire par les monnaies (1902), ainsi que le Recueil général des monnaies grecques de l’Asie mineure (établi en collaboration avec E. Babelon, 1904). Après avoir enseigné la numismatique (1894-1896), puis la musique et la métrique grecques à la Sorbonne (1901-1903), Théodore Reinach devint professeur de numismatique au Collège de France en 1924.



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