(1878 - O 1921 - 1945). Sinologue.
Paul Pelliot est l’un des maîtres des études asiatiques françaises. À la fois philologue, linguiste, archéologue et historien, on s’accorde à reconnaître en lui l’une des dernières figures de savant complet, expert en de multiples disciplines ; que l’on en juge à la liste des nombreux domaines qu’il a exploré avec profit : histoire de l’Asie centrale turque et mongole, histoire chinoise et indochinoise, littérature et philologie chinoises, linguistique (études sur le tokharien, le koutchéen et les langues altaïques), archéologie et histoire de l’art (grottes des « mille Bouddhas » à Dunhuang ; bronzes et jades chinois), histoire des religions (manichéisme chinois, bouddhisme, taoïsme, christianisme en Extrême-Orient), histoire des voyages médiévaux en Extrême-Orient (notamment Marco Polo, Hiuan-tsang).
Diplômé de chinois à l’École des Langues orientales vivantes en 1898, formé auprès des sinologues Édouard Chavannes, Henri Cordier et Sylvain Lévi, le spécialiste incontesté du bouddhisme, pensionnaire en 1899 de la Mission archéologique d’Indochine à Hanoï – la future EFEO –, nommé professeur de chinois dans ce grand établissement en 1901, Paul Pelliot effectue plusieurs missions à Pékin où il achète des manuscrits qui formeront le noyau du fonds chinois de la bibliothèque nationale – et, au passage, se distingue lors de la révolte des Boxers. Au vu de ses compétences scientifiques, mais aussi de ses qualités d’homme d’action, notre Académie lui confiera le soin de diriger la fameuse expédition en Asie centrale (1906-1908) reliant Paris à Pékin le long de la Route de la Soie, par le Nord. Parmi la riche moisson récoltée au cours de ce périple, on retiendra bien sûr les manuscrits en chinois, sanscrits et koutchéen du monastère bouddhique en ruine de Douldou-Aqor, mais surtout la riche collection de manuscrits des VIe-XIe siècles (en chinois, tibétain, ouïgour, sanscrit, etc.), les peintures et objets d’art acquis à Dunhuang, que Pelliot inventoriera lui-même. Les résultats de la célèbre expédition scientifique paraîtront entre 1914 et 1928 dans une série intitulée : Mission Pelliot en Asie centrale. I. Les grottes de Touen houang. Peintures et sculptures bouddhiques des époques des Wei, des T’ang et des Song, 6 vol. II. Sûtra des causes et des effets du bien et du mal (édition et traduction d’après les textes sogdien, chinois et tibétain ; en collaboration avec R. Gauthiot).
Professeur des langues, histoire et archéologie de l’Asie centrale au Collège de France (1911-1914 ; 1918-1945), directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, IVe section (1927-1945), professeur de philologie, littérature et art chinois à l’Institut des Hautes Études chinoises de la Sorbonne (1927-1945), Paul Pelliot fut codirecteur (avec Henri Cordier) puis directeur de la revue T’oung Pao, dont il fit l’organe le plus prestigieux de la sinologie mondiale.
Lods, Adolphe, « Éloge funèbre de M. Paul Pelliot, membre ordinaire de l’Académie », in Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 89e année, N. 4, 1945. pp. 520-525. (Consulté le 20 mai 2011).
Renou, Louis, « Notice sur la vie et les travaux de M. Paul Pelliot, membre de l’Académie », in Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 94e année, N. 2, 1950. pp. 130-144. (Consulté le 20 mai 2011).



