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DUMÉZIL Georges

(1898 - L 1970 - 1986). Linguiste et anthropologue.

Dès ses années de lycée, Georges Dumézil se passionne pour le Dictionnaire étymologique de la langue latine de Michel Bréal et s’initie par lui-même au sanskrit. Après l’École Normale Supérieure et l’agrégation des lettres, il rédige, sous la direction de Louis Meillet, une thèse sur Le festin d’immortalité dans les mythologies indo-européennes (1924).

Professeur d’histoire des religions à l’université d’Istanbul de 1925 à 1931, il fait pendant son séjour en Turquie la découverte capitale des langues du Caucase, puis un poste de lecteur à l’Université d’Uppsala (1931-1933) lui permet de s’initier aux mythologies nordiques et germaniques. Nommé directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études (Ve section) en 1935, il y enseignera l’étude comparée des religions des peuples indo-européens jusqu’en 1968. En 1949, Émile Benveniste l’avait accueilli à la chaire de civilisation indo-européenne que le Collège de France venait de créer pour lui ; il rejoignit notre Compagnie en 1970, puis, en 1979, l’Académie française.

Mais, quelque rôle qu’il ait joué dans ces différentes institutions savantes, Dumézil compte bien plus encore par son œuvre, qui renouvelait radicalement l’étude de la mythologie indo-européenne. Lorsque, préparant son livre sur les Mythes et dieux des Germains (1939), l’anthropologue formé à l’école de la grammaire comparée découvre le principe de la « trifonctionnalité » - souveraineté magique et juridique, force physique et guerrière, fécondité - la méthode comparative, que son génie avait été d’étendre à l’étude des mythes, permit de dégager des structures de pensée communes aux différentes peuples du domaine indo-européen.
En montrant que l’« idéologie des trois fonctions » constitue le principe organisateur de la mythologie indo-européenne, les travaux de Dumézil permirent de réviser l’idée même de mythe : non plus production incohérente de la pensée pré-logique, comme on le pensait jusqu’alors, mais ensemble rigoureusement structuré, doté d’une logique et d’une cohérence propres. Cette découverte ouvrait de nouvelles voies à la recherche, non seulement en mythologie comparée et en histoire des religions, mais dans toutes les disciplines relevant de l’anthropologie.

Parmi une œuvre foisonnante, rappelons les ouvrages qui mettent en évidence « l’idéologie tripartite » dans les mythologies respectives des Germains (Mythes et dieux des Germains, 1939), des Latins (Jupiter Mars Quirinus, vol. I et II, 1941-1944) ou des Iraniens (Naissance d’Archanges, 1945). Mentionnons aussi les exposés de type systématique que proposent Les Dieux des Indo-Européens (1952) et L’idéologie tripartie des Indo-Européens (1958), enfin les grands ouvrages de synthèse comme Mythe et épopée (1969-1973) ou Fêtes romaines d’été et d’automne (1975).

Publications de Georges Dumézil à l’Académie :
Le verbe oubykh. Études descriptives et comparatives, T. 1 des Mémoires de l’académie.



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