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SILVESTRE DE SACY Antoine-Isaac

(1758 - M 1795 - 1838, Secrétaire perpétuel de 1833 à 1838). Arabisant.

Initié à l’hébreu dès l’âge de douze ans par le bénédictin Dom Berthereau, Silvestre de Sacy apprit ensuite presque sans maître le syriaque, le chaldéen, le samaritain, le turc et surtout l’arabe et le persan. À vingt-deux ans, il publiait des notes sur une version syriaque du IVe livre des Rois dans le Répertoire de littérature biblique d’Eichhorn. Viendront ensuite des Mémoires qui sont parmi les plus beaux monuments de l’érudition du siècle : Sur l’histoire des Arabes avant Mahomet et Sur leur littérature (1785), Sur diverses antiquités de la Perse (1787-1791). Ces travaux qui classaient ce philologue multilingue au tout premier rang des orientalistes de son temps le firent élire membre titulaire de notre Académie en 1795. La même année, il était appelé à la chaire d’arabe de l’École spéciale des langues orientales que la Convention venait de créer. Les résultats de son enseignement se traduiront par la publication, en 1810, d’une Grammaire arabe à l’usage des élèves de l’École spéciale des langues orientales qui, avec les Principes de grammaire générale de 1799, compte parmi les plus beaux titres de gloire de ce grand précurseur de la linguistique générale et comparée en France. En 1829, une Anthologie grammaticale arabe viendra compléter ces précieux outils d’enseignement que Sacy avait créés de toutes pièces et qui font de lui le véritable fondateur des études arabes en France. Parmi ses nombreux travaux, relevons aussi : l’Histoire de la dynastie des Sassanides, traduite du persan de Mirkhond (1793), la Chrestomathie arabe, vaste recueil de textes traduits et annotés (1806, 3 vol.), une Relation de l’Égypte, traduite de l’arabe d’Abdallatif (1810), l’édition et la traduction des fables de Pilpaï sous le titre de Calila et Dimna (1816), ), l’édition et la traduction du Pend-Namèh (1819), les Séances de Hariri (1822 ), enfin l’Exposé de la religion des Druses (1838, 2 vol.). C’est aussi au rôle institutionnel joué par Silvestre de Sacy que les études orientales durent une grande partie de leurs progrès au XIXe siècle : nommé professeur de persan au Collège de France en 1806, il devint administrateur de cet établissement en 1823 et y œuvra à la création de chaires de sanskrit, de tartare mandchou, de chinois et d’hindoustani. Il sera ensuite administrateur de l’École spéciale des langues Orientales (1824), conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque royale et Secrétaire perpétuel de notre Académie (1833). Il est en outre le fondateur, avec Abel Rémusat, de la Société asiatique (1822).



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