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Monsieur
le Chancelier,
Mesdames et Messieurs les secrétaires
perpétuels
Excellences,
Mes chers confrères,
Mesdames et Messieurs,
Sans qu'il en ait été
ainsi à l'origine, c'est néanmoins une très
longue tradition qui prévoit que, chaque année, le
dernier vendredi de novembre, l'Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres tienne une séance solennelle sous la Coupole.
Les traditions sont respectables, mais elles ne sont pas figées
: elles évoluent au fil des ans. Sans remettre en cause ni
le dernier vendredi de novembre, ni la Coupole, nous introduisons
cette année une nouveauté ; elle est seulement technique,
et nous l'introduisons prudemment : des écrans ont été
installés, qui, remédiant aux difficultés que
crée la configuration des lieux, devraient vous permettre
de mieux suivre la séance.
Les hasards du calendrier font que,
cette année, nous fêtons le deuxième centenaire
de l'affectation, en application d'une décision de Napoléon,
du Collège des Quatre-Nations à l'Institut de France
et à ses quatre classes devenues ensuite les quatre puis
les cinq académies ; le joyau du collège fondé
par Mazarin étant la chapelle, transformée en amphithéâtre
pour répondre à sa nouvelle destination, c'est à
la suite de cette affectation que les académies s'identifient,
dans l'imaginaire collectif, avec la Coupole. Et c'est à
la décision de Napoléon qui nous devons, aujourd'hui,
d'y être abrités.
Cette séance sous la Coupole
est dite de rentrée. C'est là une désignation
impropre, puisque nous n'avons pas attendu cette rentrée
publique pour nous remettre au travail après la trêve
estivale : voilà en effet déjà deux mois que
nous avons repris nos séances du vendredi. Mais la solennité
de cette rentrée n'en reste pas moins un événement
majeur de la vie de notre compagnie, d'autant mieux souligné,
d'ailleurs, par le lieu prestigieux où elle se déroule
que, aux Inscriptions et Belles-Lettres, nous n'abusons pas de la
Coupole ; si donc ce décor sert de cadre exceptionnel, une
fois par an, à l'une de nos séances hebdomadaires,
c'est pour mieux correspondre, Mesdames et Messieurs, à l'honneur
que constitue votre présence ici et répondre à
l'amitié que vous nous faites en venant entendre les communications
qui ont été préparées à votre
intention.
Il me revient, d'abord, avant de
vous présenter un bref bilan de l'activité de l'Académie
pendant l'année écoulée, de faire mémoire
des membres de la compagnie qui nous ont quittés. Une académie
partage en effet avec les familles les mêmes lois de la vie,
selon lesquelles la pérennité n'est assurée
que par le départ des uns et l'arrivée des autres.
Notre Académie a été rudement éprouvée
par la disparition brutale de Serge Lancel, qui nous était
apparu encore en bonne santé à la fin du printemps
dernier et qu'un mal inexorable a emporté au bout de quatre
mois, le 9 octobre dernier. C'était, si l'on peut dire, un
" Africain ", qui avait exploré tout le passé
si riche de civilisation des provinces romaines d'Afrique du nord
: le passé punique d'abord, qu'il avait fait revivre en dirigeant
les fouilles archéologiques à Tipasa et à Carthage,
et dont il a offert à un large public les belles synthèses
que représentent son Carthage et son Hannibal,
traduits l'un et l'autre en plusieurs langues ; le passé
romain, ensuite, qui l'a conduit inévitablement au passé
chrétien puis vendale de l'Afrique du nord, tant les persécutions
du IVe siècle, les controverses entre donatistes et catholiques
et surtout la personnalité de l'évêque d'Hippone
se sont imposées à l'historien ; et le Saint Augustin
de Serge Lancel portera longtemps témoignage du passé
chrétien de cette Afrique du nord qu'il aimait tant.
Nous déplorons par ailleurs
cette année le décès de plusieurs membres correspondants,
français ou étrangers, et notamment des deux doyens
d'élection de nos correspondants étrangers. De Janos
Harmatta, nous n'avons appris le décès qu'avec quelque
retard puisqu'il est survenu l'année dernière, à
Budapest, le 24 juillet 2004 ; c'était un spécialiste
de l'histoire et de la civilisation des peuples nomades de l'Eurasie
et des épigraphies parthe et sassanide. Puis, le 16 mai,
nous avons perdu le chanoine Astrik Gabriel ; né à
Pecs, en Hongrie, au temps de l'empire austro-hongrois (il était
presque, à quelques semaines près, le doyen d'âge
de nos correspondants étrangers), il avait émigré
aux Etats-Unis ; il s'est consacré, entre autres, à
l'histoire des collèges universitaires parisiens du Moyen
Âge. Un troisième correspondant étranger, Georges
Redard, est décédé à Kirchlindach, près
de Berne, le 24 janvier 2005 ; c'était un spécialiste
de philologie indo-européenne, qui s'était consacré,
notamment, à l'étude des dialectes iraniens et afghans.
Le 15 décembre 2004, c'est
le professeur Lucien Musset qui s'éteignait à Caen
où il avait accompli une longue carrière universitaire.
Il était historien de la Normandie, entendue dans son acception
la plus large, de la Scandinavie à la Sicile. Le 14 mars
2005, un autre universitaire français, notre correspondant
Pierre Bonassie, est décédé à Toulouse
où il avait fait toute sa carrière d'enseignant ;
il était historien de l'Europe méridionale au Moyen
Âge médian.
Quand l'année 2004 s'est terminée,
notre compagnie comptait plusieurs places de membres ordinaires
qui étaient alors vacantes ; elles ont été
pourvues au long du premier semestre de 2005. Le 18 mars, nous avons
élu Michel Bur au fauteuil de Philippe Wolff, remplaçant
ainsi un spécialiste du pays d'oc médiéval
par un spécialiste du pays d'oïl ; historien de la Champagne
des Xe-XIIIe siècles, Michel Bur est également un
archéologue de terrain, notamment en matière de castellologie,
et un éditeur de sources, tant littéraires que documentaires.
Avec Christian Robin, élu le 18 mars au fauteuil qu'avait
rendu vacant le décès du doyen Schneider, l'Académie
s'est adjoint un arabisant spécialiste du monde pré-islamique,
en particulier du Yemen ; se fondant sur les inscriptions sud-arabiques,
il a pu reconstituer l'histoire des royaumes de la péninsule
arabique aux siècles qui ont précédé
l'Islam. Enfin, après qu'elle ait complété
ses rangs avec un médiéviste et un orientaliste, il
revenait à l'Académie, le 22 avril, de pourvoir à
la troisième des grandes aires culturelles qui relèvent
de son ressort, en installant au fauteuil de Maurice Euzennat l'antiquisant
Jean-Louis Ferrary ; notre nouveau confrère est un latiniste
qui est tout à la fois historien, philologue et épigraphiste
; ses recherches portent sur les relations entre les mondes grec
et romain et sur les institutions et l'histoire politique de Rome
; Jean-Louis Ferrary a l'importante responsabilité de la
direction de la partie latine de ce qu'on appelle familièrement
la Collection Budé.
Même si elle ne tient séance
qu'une fois par semaine, l'Académie en tant que corps travaille
beaucoup, et le travail qu'elle accomplit n'est pas aussi mystérieux
qu'il est réputé l'être. En fait, chacune des
trois volets de son activité comporte une partie publique
qui devrait contribuer à lever ses mystères, si tant
est qu'il y en ait. Les séances hebdomadaires sont la mieux
connue de nos activités, même si elles n'ont pas lieu
sous la Coupole comme d'aucuns le croient ; non seulement elles
sont ouvertes au public, qui est parfois nombreux, mais les textes
des communications sont publiés dans les Comptes rendus
des séances (familièrement, et même affectueusement,
on parle des CRAI) et donc facilement consultables. Ces volumes
des CRAI atteignent maintenant un nombre respectable de pages,
et, malgré l'alourdissement de la tâche qui en résulte
pour le secrétariat de l'Académie, le délai
d'attente entre la lecture en séance et la publication dans
les CRAI a été considérablement réduit
: il a été ramené à environ un an, c'est-à-dire
au minimum nécessaire, et au reste incompressible, à
la mise au point matérielle des textes qui nous sont soumis
; il y a peu de périodiques qui peuvent se flatter d'une
telle ponctualité. Nous avons, en un an, tenu 33 séances
et entendu 58 communications ; une part non négligeable d'entre
elles sont le fait de savants extérieurs à l'Académie,
des universitaires, des archéologues ou des chercheurs qui
viennent quai Conti nous entretenir des résultats d'une fouille
en cours, nous informer de la direction originale que prennent leurs
recherches, ou encore faire en quelque sorte acter, sous l'autorité
de notre compagnie, quelque découverte qui leur tient à
cur.
Ces séances hebdomadaires mettent en somme l'Académie
au centre d'un réseau d'informations historiques et archéologiques
de première main dans les disciplines que nous cultivons.
Un deuxième volet des activités
de l'Académie est constitué par la recherche scientifique
qu'elle poursuit elle-même, en tant que corps, au travers
de ses publications.
L'activité éditoriale
de notre compagnie est véritablement impressionnante ; c'est
en effet une vingtaine de collections ou de périodiques qui
émargent au budget de l'Académie. Ces collections,
certes, ne figurent pas toutes dans les bilans annuels d'activité
de l'Académie, tant s'en faut, puisque le rythme de leurs
publications ne dépend pas d'une politique commerciale qui
serait totalement inadaptée aux travaux d'érudition
que nous produisons, mais des opportunités scientifiques
qui les font vivre ; elles n'en progressent pas moins à tour
de rôle, ce qui se traduit chaque année par un nombre
variable de titres. Ces titres couvrent tout l'éventail des
compétences de l'Académie, qui sont, comme on le sait,
très vastes chronologiquement (de la préhistoire à
l'aube du XVIIe siècle) et culturellement (de l'extrême
Orient à l'extrême Occident). Certains titres ont une
ancienneté fort respectable : le Journal des savants,
le Recueil des historiens de la France, ou l'Histoire
littéraire de la France, par exemple, sont la continuation
d'entreprises nées sous l'Ancien Régime, mais qui
n'en restent pas moins jeunes, sinon même, pour certaines,
merveilleusement rajeunies. Le Journal des savants remonte
à 1665 ; il a connu, au long de sa longue histoire, plusieurs
avatars et transformations, y compris une interruption pendant la
Révolution, jusqu'à ce qu'il ait rejoint, en 1909,
le giron de notre Académie : sa ponctualité, la solidité
scientifique de son contenu, sa typographie impeccable et son illustration
en noir et maintenant en couleurs donnent à ses 500 pages
annuelles une séduction de jeune homme.
Le Recueil des historiens des
Gaules et de la France était une entreprise des Mauristes,
reprise et continuée par la 3e classe de l'Institut devenue
notre Académie ; mais ces énormes volumes in-folio
ont été abandonnés en 1904, et ils ont été
poursuivis par plusieurs séries thématiques in-4°
qui, sous le même titre ancien qui leur est commun mais où
la référence à la Gaule a disparu, publient,
en collections parallèles, des Obituaires, des Pouillés,
des Documents financiers. Ces collections avancent lentement,
car elles réclament des collaborateurs d'une haute compétence
scientifique. C'est dans la série des Obituaires qu'est
paru cette année un premier et gros volume consacré
à un nouveau type documentaire, les Rouleaux des morts,
le premier d'une série annoncée de quatre volumes
; le volume publié cette année, qui porte sur les
rouleaux antérieurs à 1180, enrichit considérablement
le corpus et propose pour la première fois l'édition
de tous ces textes.
Quant à l'Histoire littéraire
de la France, autre création mauriste, elle a renoncé,
il n'y a guère, au plan strictement chronologique adopté
par ses fondateurs, de façon à profiter des occasions
que crée la " rencontre " d'un auteur relevant
de son programme et d'un érudit spécialiste de cet
auteur ; on évite ainsi les trop longs délais d'attente
pour que soit rassemblée une copie suffisante pour faire
un volume, de sorte qu'il a été possible de publier
cette année, trois ans seulement après le précédent
fascicule, un autre demi volume qui augure favorablement de l'avenir
de la nouvelle formule.
Avec les Mémoires de l'Académie,
notre compagnie a repris une autre série remontant à
l'Ancien Régime, puisqu'elle avait été initiée
par l'ancienne Académie royale ; mais cette série
a été, elle aussi, considérablement rajeunie,
donnant naissance à deux publications parallèles :
les Mémoires proprement dits, dont la série
actuelle remonte à 1975, paraissent certes sans périodicité,
mais ils n'en ont pas moins une parution régulière,
puisque trois nouveaux volumes (les t. 31, 32 et 33) sont sortis
cette année : le Recueil des inscriptions concernant les
cultes isiaques, qui compte trois tomes, des Pages d'histoire
militaire médiévale, réunies par l'un de
nos confrères, enfin la Commanderie d'Epailly, établissement
bourguignon de l'ordre de l'Hôpital dont il reste encore de
beaux restes archéologiques.
L'autre publication issue des Mémoires
de l'ancienne et de la nouvelle Académie, ce sont les Comptes
rendus des séances, qui vont bientôt pouvoir fêter
leur 150e anniversaire ; j'en ai déjà souligné
la ponctualité assez exceptionnelle dans le paysage des publications
périodiques savantes.
En deux cents d'histoire, l'Académie
ne s'est pas contentée de poursuivre des travaux commencés
avant elle, elle a créé plusieurs publications, périodiques
ou non, pour des travaux scientifiques spécifiques. Les Monuments
Piot sont nés, à la fin du XIXe siècle,
de la générosité d'un amateur d'art dont l'Académie
a pérennisé le nom en le faisant figurer dans le titre
de la revue que son legs a permis de publier ; d'une périodicité
incertaine à ses débuts, la revue est maintenant annuelle,
et le t. 84 vient de sortir.
La Carte archéologique
de la Gaule connaît ces dernières années
un développement exemplaire. Née dans les années
30, elle avait été conçue au départ
comme la part française d'un programme lancé par l'Union
Académique Internationale, qui devait produire une carte
générale de l'Etat romain à partir de feuilles
réalisées par fascicules commentant ces cartes ; mais
ce projet s'est peu à peu enlisé. Il a été,
en 1988, repris par l'Académie entièrement sur nouveaux
frais, les volumes étant maintenant illustrés, et
largement illustrés. Confiée à la direction
dynamique de Michel Provost, la Carte archéologique de
la Gaule couvre déjà les quatre cinquièmes
du territoire national, avec trois ou quatre volumes pour chaque
département ; et ce ne sont pas moins de onze volumes, soit
plus de 4000 pages, qui sont sortis en 2005, concernant aussi bien
l'est que l'ouest du pays ou le si riche midi méditerranéen.
Le Corpus vasorum antiquorum
est un vaste programme international, que l'Académie a proposé
à l'Union académique internationale en tant que premier
chantier (c'était en 1920) de coopération inter-académique,
et dans lequel elle assume la part du corpus conservée en
France. Le 40e fascicule français est sorti cette année,
qui recense les vases se trouvant à Lille, et un volume hors
série est sous presse, qui contiendra les actes du colloque
sur " Les clients de la céramique grecque ".
Enfin, la dernière-née
des séries publiées par l'Académie accueille
les actes des colloques qui se tiennent, chaque année depuis
1990, dans le cadre merveilleux de la villa Kérylos ; sont
donc parus cette année les actes du colloque de 2004 sur
La Grèce antique sous le regard du Moyen Âge occidental,
qui a donné lieu à un beau volume de plus de 200 pages.
Et le colloque 2005 a eu pour thème " L'homme face aux
calamités naturelles dans l'Antiquité et au Moyen
Âge ", avec une participation de plusieurs de nos confrères
de l'Académie des sciences.
Cette activité éditoriale
est considérable, puisque, évaluée au poids
du papier, ce sont douze à quinze mille pages qui portent
ainsi chaque année l'estampille de l'Académie. Tout
cela implique un travail énorme : celui de mes confrères,
d'abord, qui reçoivent la copie des collections dont ils
sont responsables, traitent avec les auteurs, mettent au point leurs
manuscrits ; celui aussi du secrétariat de l'Académie,
qui, sous la direction du secrétaire perpétuel, gère
cette production, en corrige les épreuves, en assure la diffusion,
tout cela avec une compétence et même un professionnalisme
qui fait bon ménage avec sa disponibilité permanente
et son inépuisable complaisance.
Je ne peux clore cet exposé
quelque peu austère des publications de l'Académie
pendant l'année écoulée sans le compléter
par un compte rendu de la façon dont notre compagnie s'est
acquittée des tâches qui lui ont été
confiées dans le cadre de l'Institut de France. Vous savez,
bien sûr, qu'elle a, pendant la vingtaine d'années
qui ont suivi la suppression par la Révolution de l'ancienne
Académie royale, fonctionné comme une des classes
de l'Institut avant d'en devenir une des Académies ; or c'est
pendant cette vingtaine d'années que se sont produits les
deux événements importants dont on a fêté,
coup sur coup, les deux bicentenaires : la création elle-même
de l'Institut, en 1795, et l'affectation à l'Institut, en
1805, des locaux où nous sommes encore, comme je l'ai rappelé
tout à l'heure.
Lors du bicentenaire du premier de
ces événements, en 1995, les cinq académies
ont confié à notre secrétaire perpétuel,
Jean Leclant, la réalisation d'un index biographique et bibliographique
de tous les membres et correspondants de l'Institut pour qu'il constitue
la suite de celui qu'avait publié le comte de Franqueville
lors du premier centenaire de l'Institut. Tâche énorme,
puisqu'elle constitue une prosopographie d'environ 4000 notices,
que Jean Leclant, avec l'aide d'Hervé Danési, a réalisée
en trois volumes, totalisant 2500 pages, dont le troisième,
pour les correspondants français et étrangers, vient
de paraître, juste à temps pour relier les deux bicentenaires.
D'autre part, les deux cents ans de la présence des Académies
à l'ancien Collège des Quatre-Nations ont donné
lieu à un très beau volume, le Palais de l'Institut,
où notre Académie se trouve également impliquée
grâce au travail d'un autre de nos confrères, Jean-Pierre
Babelon, qui retrace la longue transformation en " palais "
académique du collège voulu par Mazarin et réalisé
par Colbert et Louis Le Vau.
Mais la responsabilité de
l'Académie à l'égard de la recherche scientifique
ne se borne pas à la voir éclore, lors de nos séances,
ou à contribuer à son développement, grâce
à nos publications, il lui appartient aussi de juger de ce
qui se fait dans le champ des spécialités que nous
cultivons. ?C'est là le troisième volet des activités
de l'Académie. Il se traduit d'abord par le contrôle
scientifique qui est statutairement confié à l'Académie
sur les grands établissements français de recherche
à l'étranger que sont les écoles françaises
de Rome, d'Athènes, de Jérusalem et d'Extrême-Orient,
dont elle suit de près l'activité scientifique des
pensionnaires. Et, de façon plus générale,
l'Académie est tenue constamment au courant de ce qui se
publie, en France comme à l'étranger, dans les domaines
relevant de ses compétences ; nous entendons donc chaque
semaine, sous le nom générique d'hommages, des recensions
critiques de livres récemment parus appartenant à
l'un ou l'autre de ses domaines de compétences : nous en
avons entendu 141 dans l'année qui vient de s'écouler
; les meilleurs de ces livres sont ensuite récompensés,
après examen par une commission ad hoc (il en existe une
quarantaine), par l'attribution de l'un des prix qui ont été
fondés par divers donateurs et confiée à cette
fin à notre compagnie. Avant de passer la parole au vice-président
qui va vous lire le palmarès de ces prix, je voudrais souligner
qu'il s'agit en quelque sorte d'un double palmarès, puisque
la liste des récipiendaires fait écho à celle
des fondateurs, dont nous perpétuons ainsi, d'année
en année, le souvenir du geste généreux.
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