MEMBRES

Personnalités historiques

Silvestre de Sacy, Antoine-Isaac Silvestre dit (Paris 1758-id. 1838)
Silvestre de Sacy qui était l'orientaliste le plus admiré, l'autorité unanimement reconnue et incontestée, qui, de plus, avait les meilleures relations auprès du gouvernement et dans la haute société de la Restauration, ainsi que dans toute l'Europe savante, se vit offrir la présidence de la première séance ; il fut aussitôt confirmé dans cette fonction qu'il garda jusqu'en 1929, pour la céder à Rémusat. Il la reprit à la mort prématurée de ce dernier en 1832 et se retira définitivement en 1835. Sa science, sa réputation et sa diplomatie permirent à la Société asiatique de traverser toutes les difficultés, d'origine extérieure ou intérieure, que dut traverser la jeune institution dans sa première décennie.
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Rémusat, Pierre, Jean, Abel (Paris 1788-id. 1832)
Rémusat eut initialement une formation médicale ; il fut reçu médecin en 1810. Une vocation et des talents d'une exceptionnelle précocité firent de lui l'un des fondateurs des études chinoises. Dès 1811 il publie un Essai sur la langue et la littérature chinoises. En 1814 il est choisi pour occuper le poste nouvellement créé de professeur de langue et littérature chinoises au Collège de France. En 1816 il entre à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. En 1822 il est un des membres fondateurs les plus actifs de la Société asiatique et son premier secrétaire. Il en devient le président en 1829, à la suite de la démission de Silvestre de Sacy. Il est conservateur des manuscrits orientaux de la Bibliothèque royale en 1824. Il exerce toutes ses fonctions jusqu'à sa mort prématurée en 1832.
Son œuvre scientifique comporte une célèbre Grammaire chinoise (1822), des traductions de livres chinois, dont le roman Les deux cousines dont il lut un extrait lors de la première séance de la Société asiatique, le récit du pèlerin chinois Fa Hien, Fo Kouo Ki (1836), de nombreux Mémoires de l'Académie.

Lasteyrie du Saillant, Charles, comte de (Brive-la-Gaillarde 1759-Paris 1849).
Publiciste, agronome et philanthrope, après avoir longtemps voyagé pour étudier l'économie rurale, il fonda sous le Consulat en faveur des savants et gens de lettres une Société d'encouragement qui fut bientôt dissoute par la police de Napoléon. A partir de 1812, il s'attacha à propager en France l'industrie naissante de la lithographie. Animé par un vif esprit associatif, il fut pendant la seconde moitié de sa vie, un des fondateurs et des membres les plus actifs de sociétés des plus diverses, Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale, Société philanthropique, Société centrale d'Agriculture, Société de Vaccine, Société pour l'Enseignement mutuel, etc. La Société asiatique dont il fut vice-président de la fondation à 1848 a une grande dette à son égard, pour tout ce qui a touché son administration et ses relations publiques.
Il a laissé divers ouvrages d'économie et de philanthropie, dont un essai, De la liberté de la presse illimitée (1830).

Saint-Martin, Antoine-Jean (Paris 1791-id. 1832)

Fils d'un tailleur, il étudie l'arabe, le turc, le persan et l'arménien sous Silvestre de Sacy. Il se fait vite connaître comme homme de lettres érudit, ainsi que par ses opinions royalistes. En 1820 il entre à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. En 1824 il est second conservateur de l'Arsenal, en 1825 inspecteur des types orientaux à l'Imprimerie royale, secrétaire rédacteur au Ministère des Affaires étrangères, mais il est renvoyé à cause de mémoires contre les jésuites ; directeur du journal L'Universel fondé en 1829, il soutient les doctrines les plus extravagantes sur les prétendus droits de la monarchie de droit divin. La révolution de Juillet lui fit perdre la plupart de ses emplois. Il échoue au Collège de France et meurt du choléra en 1832. La Société asiatique lui doit divers services dès sa fondation, le plus notable étant la direction du Journal asiatique.

Chézy, Antoine-Léonard (Neuilly 1773-Paris 1832)
Fils d'un ingénieur, directeur de l'École des ponts-et-chaussées, il reçoit d'abord une formation scientifique. Son goût pour la poésie et ses dons pour l'apprentissage des langues le conduisent à l'orientalisme, alors domaine des langues inconnues. Auprès de Langlès et de Silvestre de Sacy il apprend l'arabe et le persan, se tourne vers le turc, l'hébreu, etc. Il se fixe d'abord sur la littérature persane, manque par une maladie de participer à l'expédition d'Égypte, obtient un emploi au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Frédéric Schlegel lui rend visite en 1803, accompagné de Helmina von Klenke, journaliste et poétesse de talent. Elle deviendra son épouse et laissera de savoureux mémoires sur sa vie conjugale, quelque peu malheureuse, et sur le monde littéraire parisien de l'époque napoléonienne. En 1806 Chézy débute sa carrière littéraire et scientifique par une traduction du poème persan de Djâmi, Medjnoun et Leïla qui lui vaut un prix en 1806. Il s'engage alors dans l'étude du sanskrit, seul et semble l'avoir maîtrisé dès 1810 si l'on considère la longue notice sur la Grammaire sanskrite de Wilkins qu'il publie dans le Moniteur. Ainsi méritait-il d'être le premier titulaire d'une chaire pour la langue et la littérature sanskrites créée au Collège de France en 1814. Il succèdera ensuite à Langlès dans la chaire de persan de l'École des Langues orientales en 1827. C'est pour les premières traductions françaises d'œuvres sanskrites qu'il est resté célèbre. Membre du conseil de la Société Asiatique dès la première heure, il travailla surtout pour le Journal.

 
Garcin de Tassy, Joseph, Héliodore, Sagesse, Vertu (Marseille 1794-Paris 1878)

Il a assuré l'enseignement de l'hindoustani à l'École nationale des langues orientales vivantes à partir de 1827 et est devenu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1838. On lui doit d'élégantes traductions françaises de classiques hindoustani, des grammaires de divers dialectes et surtout une remarquable Histoire de la littérature hindoui et hindoustani, Paris, 1839-1847. Il a eu le privilège d'être le secrétaire de la première séance de la Société asiatique, puis fût confirmé comme secrétaire-adjoint auprès de Rémusat ; il céda la place à Burnouf en 1826, mais resta toujours au service de la Société, pour, quarante-cinq plus tard, en 1867, en devenir président.

Burnouf, Eugène (Paris 1801-id. 1852)
Burnouf entra très jeune à la Société asiatique, très tôt au Conseil et s'y imposa par sa lucidité scientifique. Il y fut nommé secrétaire en 1830, fonction qu'il exerça, avec Jules Mohl comme adjoint, jusqu'à sa mort prématurée. Son action intelligente et mesurée engagea la Société dans la voie scientifique la plus sûre et rigoureuse.
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J.-F Champollion, Grammaire égyptienne, 1836


Champollion, Jean-François (Figeac 1791-Paris 1833)
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Mohl, Jules von (Stuttgart 1800-Paris 1876)

Frère d'un célèbre juriste allemand, il reçoit une formation classique à Tübingen où il est nommé professeur en 1826. Venu à Paris dès 1824 pour apprendre le persan auprès de Silvestre de Sacy, il se fixe en France, devient membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1844, professeur de persan au Collège de France en 1847. Sa grande œuvre est la traduction française du Châh Nameh, Paris, 1838-1878. Il a rendu les plus grands services à la Société asiatique dont il a été membre de 1824 à sa mort. S'il n'en fut pas un fondateur du premier jour, par son activité constante il lui donna l'assise scientifique, administrative, financière qui a assuré sa notoriété et sa longévité. Il y fut secrétaire-adjoint de 1841 à 1852, secrétaire de 1852 à 1867. En tant que membre de la commission des fonds il assurait aussi la gestion financière. Il fut président de 1867 à sa mort en 1876. On lui doit tous les rapports annuels de 1840 à 1867 sur les activités de la Société : remarquables rapports critiques sur toute la production orientaliste, estimés à tel point que tout chercheur considérait comme une reconnaissance et un honneur d'être cité par lui.

Renan, Ernest (Trégueir 1823-Paris 1892)
Renan a joué un grand rôle à la Société asiatique. Il entra au Conseil en 1860, fut nommé successivement deuxième secrétaire-adjoint la même année, seul dans cette fonction à partir de 1863, secrétaire en 1867, président en 1884 jusqu'à sa mort. Il prit la charge du rapport annuel, se faisant, selon sa formule, "le secrétaire des orientalistes" et continuant l'oeuvre de chroniqueur de la science de Jules Mohl qu'il égale en maîtrise. Tout au plus il se limite à la production française, y gardant une large hauteur de vue sur l'ensemble de l'Asie. Ce qu'il a confié au Journal asiatique est avant tout sa science. Il a livré à d'autres tribunes les grands thèmes de sa pensée originale, sa quête de l'être moral et spirituel universel de l'humanité à travers des races, sa conception binaire de l'humanité. il a maintenu la Société dans sa ligne d'érudtion et de documentation qui l'a toujours définie.
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Barbier de Meynard, Charles, Adrien, Casimir (Marseille 1826-Paris 1908)
Professeur de turc à l'École nationale des Langues orientales vivantes en 1863, il entra au Collège de France en 1875 pour enseigner le persan, puis à partir de 1885 l'arabe. Il devint membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1878, vice-président de la Société asiatique en 1884 et président en 1892. La Société lui doit une de ses plus belles publications, la traduction des Prairies d'or de Masudi en collaboration avec Pavet de Courteille, 5 tomes, Paris, 1862-1897.

Xylographie en couleurs : feuille d’almanach, année 1908, legs Chavannes
Darmesteter, James (Château-Salins 1849-Maisons-Laffitte 1894)
Frère du linguiste Arsène D., il reçut une formation de linguiste auprès de Michel Bréal et se spécialisa dans l'étude de l'iranien ancien qu'il professa au Collège de France. On lui doit une traduction du Zend-Avesta, Paris, 1892, et de nombreuses études sur les religions de l'Iran ancien. Il fut secrétaire de la Société asiatique de 1884 à sa mort prématurée. On lui doit les derniers remarquables rapports annuels sur l'activité de la Société contenant un tableau de la production orientaliste française.

Maspero, Gaston (Paris 1840-id. 1916)

Le grand égyptologue ne négligea pas la Société Asiatique qui avait accueilli et célébré Champollion. Il en fut vice-président de 1892 à sa mort en 1916.
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Sénart, Émile (Reims 1847-Paris 1928)
Indianiste d'une grande distinction, il devint membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1882. On lui doit des études originales sur les Upanishads, sur le bouddhisme avec des ouvrages qui ont fait date, Essai sur la légende du Bouddha, Paris, 1875, Les inscriptions de Piyadasi (1881-1886), le Mahâvastu, Paris, 1882-1898, enfin un ouvrage sur Les castes dans l'Inde, Paris, 1896. Il devint vice-président de la Société asiatique en 1890 et la présida de 1908 à sa mort. Sa longue présidence correspond à une époque de la plus grande prospérité et notoriété pour la Société. Il eut le privilège d'organiser la célébration du centenaire en 1922. Il a fait à la Société un des legs les plus importants qu'elle ait reçus.

Chavannes, Édouard (Lyon 1865-Paris 1918)
Normalien et agrégé de philosophie en 1888, il a suivi également les cours de chinois du marquis d’Hervey de Saint-Denis au Collège de France et de Jametel à l’École des Langues orientales. Sur les conseils de Henri Cordier, il abandonne la philosophie au profit de l’histoire de la Chine, spécialité délaissée à l’étude de laquelle ses remarquables travaux vont apporter une contribution décisive. Il séjourne et voyage en Chine dès 1889, y commence sa traduction des “Mémoires historiques de Se-ma T’sien”, et ses travaux sur la sculpture et le monument chinois, fondés sur des relevés archéologiques réalisés en Chine septentrionale. Il publiera également de nombreux travaux consacrés au bouddhisme chinois. Il succède à son maître au Collège de France en 1893, devient membre de l’Institut en 1903, mais décède en 1918, âgé seulement de cinquante-trois ans, non sans avoir formé cependant d’illustres successeurs comme Marcel Granet et Henri Maspero.
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  Finot, Louis (Bar-sur-Aube 1864-Toulon 1935)
Chartiste de formation, il abandonna les études classiques au profit des études orientales. Il fut le premier directeur de l’École française d’Extrême-Orient, à laquelle il consacra l’essentiel de sa carrière. Il est l’éditeur du Livre du centenaire de la Société asiatique (1822-1922), où il retrace l’histoire de la Société, suivi par des contributions faisant le bilan de cent ans d’orientalisme en France.

Lévi, Sylvain (Paris 1863-id.1935)
En 1882 Renan lui-même orienta le jeune Sylvain Lévi vers l'étude du sanskrit, en le confiant à Abel Bergaigne. Dès 1885 Sylvain Lévi fut chargé de cours à l'École pratique des Hautes Études aux côtés de son maître. Il lui succéda en 1888, pour cet enseignement, pour un autre à la Faculté des lettres en 1889. Il exerçait aussi une charge de cours à la section religieuse de l'École pratique des Hautes Études. Il eut pour premiers élèves Alfred Foucher, Meillet, Louis Finot. En 1894 il laissa toutes ces charges pour professer au Collège de France. Si ses premiers travaux sont consacrés aux belles-lettres sanskrites, notamment dans sa belle thèse sur le Théâtre indien en 1890, il se dirige bientôt dans les directions les plus nouvelles et diverses. Il devait au cours de sa longue carrière scientifique explorer l'ensemble de l'Asie, dans chaque domaine laisser sa marque et une œuvre utile. Il assoit l'histoire de l'Inde sur des bases chronologiques beaucoup plus sûres, fait une magistrale histoire du Népal, retrace les voies de l'expansion du bouddhisme, redéfinit la constitution des canons de diverses écoles du bouddhisme, dévoile la structure du sacrifice védique, apporte une contribution majeure au déchiffrement et à la compréhension du tokharien. Son rayonnement a été immense. Ses missions en Orient sont restées célèbres, en 1897, puis en 1921-1923. Il dirigea la Maison franco-japonaise de Tokyo de 1926 à 1928. Son influence en France a été décisive. Autant par son charisme chaleureux que par son savoir, il s'attachait ses élèves et collaborateurs par un lien d'admiration et d'amitié. A côté de son oeuvre immense d'érudition, il n'a pas dédaigné de s'adresser à un large public dans des écrits dont le style élégant et lucide rend accessible le fruit d'une vaste érudition : L'Inde civilisatrice, Paris, 1938, Mémorial Sylvain Lévi, Paris, 1937. Sylvain Lévi qui a confié au Journal asiatique nombre de ses recherches les plus précieuses, a été vice-président de 1925 à 1928 et président de cette date à sa mort de la Société asiatique.
 
Foucher, Alfred (Lorient 1865-Paris 1952)

C'est par sa formation classique, à partir des rares témoignages de la Grèce sur l'Inde, qu'Alfred Foucher s'est tourné vers l'étude du sanskrit et de l'archéologie indienne, auprès de Sylvain Lévi. Il accomplit une première mission de prospection archéologique en Inde en 1895-1897. En 1901 il prend un an l'interim de la direction de l'École française d'Extrême-Orient, puis de 1905 à 1907. A son retour il est chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris, puis est nommé directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études en 1914. En 1914-1915 il est professeur à Columbia University, est invité par l'Archaeological Survey of India de 1915 à 1918. Il accomplit une mission en Perse en 1921, en Afghanistan de 1922 à 1925 où il fonde la Délégation archéologique française en Afghanistan, dirige la Maison franco-japonaise à Tokyo en 1926. Nommé professeur à la Sorbonne en 1919 il reprend son enseignement à son retour et l'assure juqu'à sa retraite en 1936. Son œuvre scientifique repose sur la maîtrise de l'érudition sanskrite, sous ses formes indiennes en particulier, et la connaissance intime des monuments. On lui doit les bases de notre connaissance sur l'art gréco-bouddhique du Gandhâra (1905-1951), sur l'iconographie bouddhique, un chef d'œuvre d'exploration archéologique, La vieille route de l'Inde de Bactres à Taxila (1942-1947), une Vie du Buddha où par une méthode sûre il établit la démarcation la plus vraisemblable entre mythe et histoire, la traduction et un précieux commentaire d'un traité sanskrit de logique, le Tarkasangraha (1949). Il est entré à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1928. Dès 1901 il faisait partie du Conseil de la Société asiatique, à qui il a légué ses papiers et documents scientifiques, dont un grand nombre de photographies sur plaques de verre.

Pelliot, Paul (Paris 1878- id.1945)

Premier pensionnaire de l’École française d’Extrême-Orient, il fut envoyé à Pékin en 1900, afin d’acquérir des ouvrages pour la bibliothèque et des objets pour le futur musée de cette nouvelle institution. Il participa aux évènements de la guerre des Boxers et son rôle dans la défense des Légations étrangères lui valut la légion d’honneur à 22 ans. En 1901, il devient professeur de Chinois à l’EFEO. Il est surtout connu pour l’expédition qu’il dirigea en 1906-1908 en Asie centrale. De Dunhuang, un site bouddhique rupestre à la limite orientale de la Route de la Soie, il rapporte une collection inestimable de manuscrits, xylographes et bannières peintes toutes antérieures au Xe s., qui est conservée à la Bibliothèque Nationale et au Musée Guimet. En 1911, il est nommé professeur au Collège de France à la tête d’une chaire de “Langues, Histoire et Archéologie de l’Asie Centrale”, créée pour lui. A la fois linguiste, philologue, historien et archéologue, ses intérêts sont multiples : histoire des échanges diplomatiques, religieux et culturels, de la diffusion des techniques (l’imprimerie). Il n’a publié aucune synthèse, les jugeant encore prématurées, mais de très nombreux articles et notes érudites. Dans le Journal asiatique et dans le T’oung Pao, ses comptes rendus critiques d’une érudition sans défaut et d’un ton sans appel constituaient un véritable tribunal pour les auteurs.
Il fut président de la Société asiatique de 1935 à sa mort survenue en 1945.
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Bacot, Jacques (Saint-Germain-en-Laye 1877-Paris 1965)
La vocation tibétaine de Jacques Bacot est partie d'un voyage autour du monde en 1904 et d'une expédition au Tibet en 1906 partie du Tonkin, suivant un itinéraire de pèlerinage qui devait le mettre en contact intime avec la vie religieuse des Tibétains. A son retour en 1908 il se consacre à l'étude du tibétain auprès de Sylvain Lévi. En 1909 il fait un nouveau voyage au Tibet en un temps de révolte. Il a laissé le récit de ses voyages, Dans les marches tibétaines, Le Tibet révolté. Il s'est ensuite consacré à la recherche historique et philologique, produisant des ouvrages fondamentaux pour sa discipline, Grammaire du tibétain littéraire, Paris, 1946, des traductions et sa contribution à l'étude des documents tibétains rapportés par la mission Pelliot. Directeur d'études de tibétain à l'École pratique des Hautes Études à partir de 1936, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1947, il est entré à la Société asiatique dès 1908, s'est dévoué à son service, en particulier pendant les difficiles années de guerre. Il en est devenu président, à la mort de Paul Pelliot, en 1945. On se souvient encore de sa distinction extrême.

Filliozat, Jean, Lucien, Antoine (Paris 1906-id.1982)
En même temps qu'une formation médicale, Jean Filliozat se forme à diverses branches de l'orientalisme aux côtés de Sylvain Lévi, Alfred Foucher, Jules Bloch. Tout en exerçant l'ophtalmologie jusqu'en 1947, il fut attaché au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale où il commença le catalogue descriptif des manuscrits sanskrits, fut nommé en 1947 directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études (IVe section), en 1952 professeur au Collège de France, en 1966 membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il fonda en 1955 l'Institut français d'Indologie de Pondichéry et le dirigea jusqu'en 1976. Il dirigea l'École française d'Extrême-Orient de 1956 à 1977. Par son œuvre scientifique personnelle, par son enseignement et par ses conseils, il a joué le plus grand rôle dans la recherche de pointe dans tous les domaines d'étude de l'Inde ancienne et moderne, ainsi que de ses relations extérieures avec le monde gréco-latin et toute l'Asie. Son œuvre comporte des ouvrages de médecine, L'Oeil directeur, Paris, 1930, Le strabisme, Paris 1932, des ouvrages d'orientalisme, La doctrine classique de la médecine indienne (Paris, 1949), L'Inde classique (en collaboration avec Louis Renou etc.), Paris, 1949-1953, Les relations extérieures de l'Inde, Pondichéry, 1956, Inde: nation et traditions, Paris, 1961, Les philosophies de l'Inde, Paris, 1970, L'Inde vue de Rome (en collaboration avec J. André), etc.
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Xylographie en couleurs : le dieu martial Guangong et son serviteur, legs Chavannes

Demiéville, Paul (Lausanne 1894-Paris 1979)

Il eut deux grands maîtres à Paris :Ed. Chavannes pour le chinois, Sylvain Lévy pour le sanscrit et se forma également au japonais. Diplômé de l’École des Langues orientales en 1918, il est nommé membre de l’École française d’Extrême-Orient et sera pensionnaire à Hanoï à partir de 1920, puis professeur de philosophie occidentale, de bouddhisme et de sanscrit dans la toute nouvelle université d’Amoy (1924-26), avant de séjourner de 1926 à 1930 à la Maison franco-japonaise de Tokyo, nouvellement créée et dirigée par son ancien maître : S. Lévy. Ses séjours en Orient forgeront sa vocation de sinologue et de spécialiste du bouddhisme et de ses diverses traditions sectaires. Au Japon, il devient le rédacteur en chef du Hôbôgirin (1er) dictionnaire encyclopédique du bouddhisme d’après les sources chinoises et japonaises. Sa parfaite maîtrise du chinois et du japonais lui donne accès aux travaux des sinologues nippons, maîtres des études bouddhiques. De retour à Paris, il est d’abord professeur de chinois à l’École des Langues orientales (1931-1945), puis directeur d’Etudes à l’
École pratique des Hautes Études où il inaugure un cours de philologie bouddhique, il conservera ce poste lorsqu’il sera élu professeur au Collège de France en 1946, en remplacement de son ami Henri Maspero, à la chaire de Langue et littérature chinoises.
Seul rescapé d’une génération très éprouvée, Paul Demiéville va dominer les études chinoises en France jusqu’à sa mort. Sa production scientifique est immense et très diverse, avec deux grandes directions : études du bouddhisme sino-japonais et littérature chinoise en langue vulgaire (dont les racines sont également souvent bouddhiques).
 




Liste des présidents

Silvestre de Sacy 1822-1829
Abel Rémusat 1829-1832
Silvestre de Sacy 1832-1834
Amédée Jaubert 1834-1847
Joseph Reinaud 1847-1867
Jules Mohl 1867-1876
Garcin de Tassy 1876-1878
Adolphe Régnier 1878-1884
Ernest Renan 1884-1892
Barbier de Meynard 1892-1908
Emile Senart 1908-1928
Sylvain Lévi 1928-1935
Paul Pelliot 1935-1945
Jacques Bacot 1946-1951
Charles Virolleaud 1951-1964
George Coedès 1964-1969
René Labat 1969-1974
Claude Cahen 1974-1986
André Caquot 1986-1996
Daniel Gimaret 1996-2002
Jean-Pierre Mahé 2002




Membres du Bureau
(Décision du 5 juin 2008)

PRÉSIDENT

M. Jean-Pierre MAHÉ

VICE-PRÉSIDENTS

M. Pierre FILLIOZAT

M. Jean-Marie DURAND

1er SECRÉTAIRE

M. Jean-Louis BACQUÉ-GRAMMONT

2ème SECRÉTAIRE

M. Pierre BORDREUIL

3ème SECRÉTAIRE

M. Thierry GUINOT

TRÉSORIÈRE

Mme Caroline GYSS

TRÉSORIER-ADJOINT

M. Jacques LAGARCE

RÉDACTEUR GÉRANT DU
JOURNAL ASIATIQUE

M. Gérard COLAS


Membres du Conseil (Décision 5 juin 2008)

PRÉSIDENT D’HONNEUR M. Jean. LECLANT
Membre de l'Institut, Professeur honoraire au Collège de France
Secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres.
PRÉSIDENT HONORAIRE M. Daniel. GIMARET
Directeur d'Etudes honoraire à l'EPHE (sciences religieuses).
Membre de l'Institut
 PRÉSIDENT M. Jean-Pierre MAHÉ
Directeur d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Membre de l'Institut.
VICE-PRÉSIDENTS

M. Pierre FILLIOZAT
Directeur d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Membre de l'Institut

M. Jean-Marie DURAND
Professeur au Collège de France. Directeur d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Correspondant de l'Institut

SECRETAIRE
général

M. Jean-Louis. BACQUÉ-GRAMMONT
Directeur de Recherche au CNRS
2è SECRETAIRE M. Pierre BORDREUIL
Directeur de Recherche au CNRS.
3è SECRETAIRE M. Thierry GUINOT
Huissier de Justice/Tribunal de Grande Instance à Paris.
TRESORIÈRE Mme Caroline GYSS
Chargée de Recherche au CNRS.
TRESORIER-ADJOINT M. Jacques. LAGARCE
TRESORIER Adjoint Directeur de Recherche au CNRS.

RÉDACTEUR -
GÉRANT DU JOURNAL
ASIATIQUE

M. Gérard COLAS
CENSEURS

Mme Michèle POUTONNET
Retraitée

Mme Andrée MASTIKIAN
Retraitée

 

MEMBRES

Mme Jeanne-Marie ALLIER
Bibliothécaire bénévole de la Société Asiatique

Melle Nalini. BALBIR
Directrice d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Professeur à l'Université de Paris III.

M. Olivier de BERNON

Melle Annie BERTHIER
Conservateur Général à la Bibliothèque Nationale de France.

Mme Marie BOSCALS de REALS
Ingénieur-documentaliste au CNRS, retraitée

M. Christian. BOUY
Bibliothécaire de l'ICI, Collège de France.

M. François DÉROCHE
Directeur Etudes Antiquités et Codicologie arabes Sorbonne

Mme Chantal. DUHUY
Bibliothécaire de l'ICI, Collège de France

Mme Nathalie HOFFMANN

M. Jean-François JARRIGE
Inspecteur Général des Musées de France.
Directeur du Musée des Arts Asiatiques Guimet.
Membre de l'Institut

M. Jean Noël ROBERT
Directeur d'Etudes à L'EPHE (sciences religieuses)
Membre de l'Institut

M. Christian. ROBIN
Directeur de Recherches CNRS (IREMAM)
Membre de l'Institut

Mme Cristina-Anna SCHERRER-SCHAUB

M. Michel TARDIEU
Professeur au Collège de France

M. Eric. TROMBERT
Chercheur CNRS (EPHE-MIDIC)

M. Franciscus VERELLEN
Directeur de l'EFEO
Membre de l'Institut