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MEMBRES
Personnalités
historiques
Silvestre de Sacy, Antoine-Isaac Silvestre dit (Paris 1758-id. 1838)
Silvestre de Sacy qui était l'orientaliste le plus admiré,
l'autorité unanimement reconnue et incontestée, qui, de
plus, avait les meilleures relations auprès du gouvernement et
dans la haute société de la Restauration, ainsi que dans
toute l'Europe savante, se vit offrir la présidence de la première
séance ; il fut aussitôt confirmé dans cette fonction
qu'il garda jusqu'en 1929, pour la céder à Rémusat.
Il la reprit à la mort prématurée de ce dernier
en 1832 et se retira définitivement en 1835. Sa science, sa réputation
et sa diplomatie permirent à la Société asiatique
de traverser toutes les difficultés, d'origine extérieure
ou intérieure, que dut traverser la jeune institution dans sa
première décennie.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL
Rémusat, Pierre, Jean, Abel (Paris 1788-id. 1832)
Rémusat eut initialement une formation médicale ; il fut
reçu médecin en 1810. Une vocation et des talents d'une
exceptionnelle précocité firent de lui l'un des fondateurs
des études chinoises. Dès 1811 il publie un Essai sur
la langue et la littérature chinoises. En 1814 il est choisi
pour occuper le poste nouvellement créé de professeur
de langue et littérature chinoises au Collège de France.
En 1816 il entre à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
En 1822 il est un des membres fondateurs les plus actifs de la Société
asiatique et son premier secrétaire. Il en devient le président
en 1829, à la suite de la démission de Silvestre de Sacy.
Il est conservateur des manuscrits orientaux de la Bibliothèque
royale en 1824. Il exerce toutes ses fonctions jusqu'à sa mort
prématurée en 1832.
Son uvre scientifique comporte une célèbre Grammaire
chinoise (1822), des traductions de livres chinois, dont le roman
Les deux cousines dont il lut un extrait lors de la première
séance de la Société asiatique, le récit
du pèlerin chinois Fa Hien, Fo Kouo Ki (1836), de nombreux
Mémoires de l'Académie.
Lasteyrie du Saillant, Charles, comte de (Brive-la-Gaillarde 1759-Paris
1849).
Publiciste, agronome et philanthrope, après avoir longtemps voyagé
pour étudier l'économie rurale, il fonda sous le Consulat
en faveur des savants et gens de lettres une Société d'encouragement
qui fut bientôt dissoute par la police de Napoléon. A partir
de 1812, il s'attacha à propager en France l'industrie naissante
de la lithographie. Animé par un vif esprit associatif, il fut
pendant la seconde moitié de sa vie, un des fondateurs et des
membres les plus actifs de sociétés des plus diverses,
Société d'Encouragement pour lIndustrie nationale,
Société philanthropique, Société centrale
d'Agriculture, Société de Vaccine, Société
pour l'Enseignement mutuel, etc. La Société asiatique
dont il fut vice-président de la fondation à 1848 a une
grande dette à son égard, pour tout ce qui a touché
son administration et ses relations publiques.
Il a laissé divers ouvrages d'économie et de philanthropie,
dont un essai, De la liberté de la presse illimitée
(1830).
Saint-Martin, Antoine-Jean (Paris 1791-id. 1832)
Fils d'un tailleur, il étudie l'arabe, le turc, le persan et
l'arménien sous Silvestre de Sacy. Il se fait vite connaître
comme homme de lettres érudit, ainsi que par ses opinions royalistes.
En 1820 il entre à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
En 1824 il est second conservateur de l'Arsenal, en 1825 inspecteur
des types orientaux à l'Imprimerie royale, secrétaire
rédacteur au Ministère des Affaires étrangères,
mais il est renvoyé à cause de mémoires contre
les jésuites ; directeur du journal L'Universel fondé
en 1829, il soutient les doctrines les plus extravagantes sur les prétendus
droits de la monarchie de droit divin. La révolution de Juillet
lui fit perdre la plupart de ses emplois. Il échoue au Collège
de France et meurt du choléra en 1832. La Société
asiatique lui doit divers services dès sa fondation, le plus
notable étant la direction du Journal asiatique.
Chézy, Antoine-Léonard (Neuilly 1773-Paris 1832)
Fils d'un ingénieur, directeur de l'École des ponts-et-chaussées,
il reçoit d'abord une formation scientifique. Son goût
pour la poésie et ses dons pour l'apprentissage des langues le
conduisent à l'orientalisme, alors domaine des langues inconnues.
Auprès de Langlès et de Silvestre de Sacy il apprend l'arabe
et le persan, se tourne vers le turc, l'hébreu, etc. Il se fixe
d'abord sur la littérature persane, manque par une maladie de
participer à l'expédition d'Égypte, obtient un
emploi au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale.
Frédéric Schlegel lui rend visite en 1803, accompagné
de Helmina von Klenke, journaliste et poétesse de talent. Elle
deviendra son épouse et laissera de savoureux mémoires
sur sa vie conjugale, quelque peu malheureuse, et sur le monde littéraire
parisien de l'époque napoléonienne. En 1806 Chézy
débute sa carrière littéraire et scientifique par
une traduction du poème persan de Djâmi, Medjnoun et Leïla
qui lui vaut un prix en 1806. Il s'engage alors dans l'étude
du sanskrit, seul et semble l'avoir maîtrisé dès
1810 si l'on considère la longue notice sur la Grammaire sanskrite
de Wilkins qu'il publie dans le Moniteur. Ainsi méritait-il
d'être le premier titulaire d'une chaire pour la langue et la
littérature sanskrites créée au Collège
de France en 1814. Il succèdera ensuite à Langlès
dans la chaire de persan de l'École des Langues orientales en
1827. C'est pour les premières traductions françaises
d'uvres sanskrites qu'il est resté célèbre.
Membre du conseil de la Société Asiatique dès la
première heure, il travailla surtout pour le Journal.
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Garcin de Tassy, Joseph, Héliodore, Sagesse, Vertu (Marseille 1794-Paris
1878)
Il a assuré l'enseignement de l'hindoustani à l'École
nationale des langues orientales vivantes à partir de 1827 et est
devenu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en
1838. On lui doit d'élégantes traductions françaises
de classiques hindoustani, des grammaires de divers dialectes et surtout
une remarquable Histoire de la littérature hindoui et hindoustani,
Paris, 1839-1847. Il a eu le privilège d'être le secrétaire
de la première séance de la Société asiatique,
puis fût confirmé comme secrétaire-adjoint auprès
de Rémusat ; il céda la place à Burnouf en 1826, mais
resta toujours au service de la Société, pour, quarante-cinq
plus tard, en 1867, en devenir président.
Burnouf, Eugène (Paris 1801-id. 1852)
Burnouf entra très jeune à la Société asiatique,
très tôt au Conseil et s'y imposa par sa lucidité scientifique.
Il y fut nommé secrétaire en 1830, fonction qu'il exerça,
avec Jules Mohl comme adjoint, jusqu'à sa mort prématurée.
Son action intelligente et mesurée engagea la Société
dans la voie scientifique la plus sûre et rigoureuse.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL |

J.-F Champollion,
Grammaire égyptienne, 1836
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Champollion,
Jean-François (Figeac 1791-Paris 1833)
Voir rubrique Grands personnages de lAIBL
Mohl, Jules von (Stuttgart 1800-Paris 1876)
Frère d'un célèbre juriste allemand, il reçoit
une formation classique à Tübingen où il est nommé
professeur en 1826. Venu à Paris dès 1824 pour apprendre
le persan auprès de Silvestre de Sacy, il se fixe en France, devient
membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1844,
professeur de persan au Collège de France en 1847. Sa grande uvre
est la traduction française du Châh Nameh, Paris,
1838-1878. Il a rendu les plus grands services à la Société
asiatique dont il a été membre de 1824 à sa mort.
S'il n'en fut pas un fondateur du premier jour, par son activité
constante il lui donna l'assise scientifique, administrative, financière
qui a assuré sa notoriété et sa longévité.
Il y fut secrétaire-adjoint de 1841 à 1852, secrétaire
de 1852 à 1867. En tant que membre de la commission des fonds il
assurait aussi la gestion financière. Il fut président de
1867 à sa mort en 1876. On lui doit tous les rapports annuels de
1840 à 1867 sur les activités de la Société
: remarquables rapports critiques sur toute la production orientaliste,
estimés à tel point que tout chercheur considérait
comme une reconnaissance et un honneur d'être cité par lui.
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Renan,
Ernest (Trégueir 1823-Paris 1892)
Renan a joué un grand rôle à la Société
asiatique. Il entra au Conseil en 1860, fut nommé successivement
deuxième secrétaire-adjoint la même année, seul
dans cette fonction à partir de 1863, secrétaire en 1867,
président en 1884 jusqu'à sa mort. Il prit la charge du rapport
annuel, se faisant, selon sa formule, "le secrétaire des orientalistes"
et continuant l'oeuvre de chroniqueur de la science de Jules Mohl qu'il
égale en maîtrise. Tout au plus il se limite à la production
française, y gardant une large hauteur de vue sur l'ensemble de l'Asie.
Ce qu'il a confié au Journal asiatique est avant tout sa science.
Il a livré à d'autres tribunes les grands thèmes de
sa pensée originale, sa quête de l'être moral et spirituel
universel de l'humanité à travers des races, sa conception
binaire de l'humanité. il a maintenu la Société dans
sa ligne d'érudtion et de documentation qui l'a toujours définie.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL
Barbier de Meynard, Charles, Adrien, Casimir (Marseille 1826-Paris 1908)
Professeur de turc à l'École nationale des Langues orientales
vivantes en 1863, il entra au Collège de France en 1875 pour enseigner
le persan, puis à partir de 1885 l'arabe. Il devint membre de l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres en 1878, vice-président de la
Société asiatique en 1884 et président en 1892. La
Société lui doit une de ses plus belles publications, la traduction
des Prairies d'or de Masudi en collaboration avec Pavet de Courteille,
5 tomes, Paris, 1862-1897.
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Xylographie en couleurs
: feuille dalmanach, année 1908, legs Chavannes
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Darmesteter,
James (Château-Salins 1849-Maisons-Laffitte 1894)
Frère du linguiste Arsène D., il reçut une formation
de linguiste auprès de Michel Bréal et se spécialisa
dans l'étude de l'iranien ancien qu'il professa au Collège
de France. On lui doit une traduction du Zend-Avesta, Paris, 1892,
et de nombreuses études sur les religions de l'Iran ancien. Il fut
secrétaire de la Société asiatique de 1884 à
sa mort prématurée. On lui doit les derniers remarquables
rapports annuels sur l'activité de la Société contenant
un tableau de la production orientaliste française.
Maspero, Gaston (Paris 1840-id. 1916)
Le grand égyptologue ne négligea pas la Société
Asiatique qui avait accueilli et célébré Champollion.
Il en fut vice-président de 1892 à sa mort en 1916.
Voir rubrique Grands personnages de lAIBL
Sénart, Émile (Reims 1847-Paris 1928)
Indianiste d'une grande distinction, il devint membre de l'Académie
des Inscriptions et Belles-Lettres en 1882. On lui doit des études
originales sur les Upanishads, sur le bouddhisme avec des ouvrages qui ont
fait date, Essai sur la légende du Bouddha, Paris, 1875, Les
inscriptions de Piyadasi (1881-1886), le Mahâvastu, Paris,
1882-1898, enfin un ouvrage sur Les castes dans l'Inde, Paris, 1896.
Il devint vice-président de la Société asiatique en
1890 et la présida de 1908 à sa mort. Sa longue présidence
correspond à une époque de la plus grande prospérité
et notoriété pour la Société. Il eut le privilège
d'organiser la célébration du centenaire en 1922. Il a fait
à la Société un des legs les plus importants qu'elle
ait reçus.
Chavannes, Édouard (Lyon 1865-Paris 1918)
Normalien et agrégé de philosophie en 1888, il a suivi également
les cours de chinois du marquis dHervey de Saint-Denis au Collège
de France et de Jametel à lÉcole des Langues orientales.
Sur les conseils de Henri Cordier, il abandonne la philosophie au profit
de lhistoire de la Chine, spécialité délaissée
à létude de laquelle ses remarquables travaux vont apporter
une contribution décisive. Il séjourne et voyage en Chine
dès 1889, y commence sa traduction des Mémoires historiques
de Se-ma Tsien, et ses travaux sur la sculpture et le monument
chinois, fondés sur des relevés archéologiques réalisés
en Chine septentrionale. Il publiera également de nombreux travaux
consacrés au bouddhisme chinois. Il succède à son maître
au Collège de France en 1893, devient membre de lInstitut en
1903, mais décède en 1918, âgé seulement de cinquante-trois
ans, non sans avoir formé cependant dillustres successeurs
comme Marcel Granet et Henri Maspero.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL
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Finot,
Louis (Bar-sur-Aube 1864-Toulon 1935)
Chartiste de formation, il abandonna les études classiques au profit
des études orientales. Il fut le premier directeur de lÉcole
française dExtrême-Orient, à laquelle il consacra
lessentiel de sa carrière. Il est léditeur du
Livre du centenaire de la Société asiatique (1822-1922),
où il retrace lhistoire de la Société, suivi
par des contributions faisant le bilan de cent ans dorientalisme en
France.
Lévi, Sylvain (Paris 1863-id.1935)
En 1882 Renan lui-même orienta le jeune Sylvain Lévi vers l'étude
du sanskrit, en le confiant à Abel Bergaigne. Dès 1885 Sylvain
Lévi fut chargé de cours à l'École pratique
des Hautes Études aux côtés de son maître. Il
lui succéda en 1888, pour cet enseignement, pour un autre à
la Faculté des lettres en 1889. Il exerçait aussi une charge
de cours à la section religieuse de l'École pratique des Hautes
Études. Il eut pour premiers élèves Alfred Foucher,
Meillet, Louis Finot. En 1894 il laissa toutes ces charges pour professer
au Collège de France. Si ses premiers travaux sont consacrés
aux belles-lettres sanskrites, notamment dans sa belle thèse sur
le Théâtre indien en 1890, il se dirige bientôt
dans les directions les plus nouvelles et diverses. Il devait au cours de
sa longue carrière scientifique explorer l'ensemble de l'Asie, dans
chaque domaine laisser sa marque et une uvre utile. Il assoit l'histoire
de l'Inde sur des bases chronologiques beaucoup plus sûres, fait une
magistrale histoire du Népal, retrace les voies de l'expansion du
bouddhisme, redéfinit la constitution des canons de diverses écoles
du bouddhisme, dévoile la structure du sacrifice védique,
apporte une contribution majeure au déchiffrement et à la
compréhension du tokharien. Son rayonnement a été immense.
Ses missions en Orient sont restées célèbres, en 1897,
puis en 1921-1923. Il dirigea la Maison franco-japonaise de Tokyo de 1926
à 1928. Son influence en France a été décisive.
Autant par son charisme chaleureux que par son savoir, il s'attachait ses
élèves et collaborateurs par un lien d'admiration et d'amitié.
A côté de son oeuvre immense d'érudition, il n'a pas
dédaigné de s'adresser à un large public dans des écrits
dont le style élégant et lucide rend accessible le fruit d'une
vaste érudition : L'Inde civilisatrice, Paris, 1938, Mémorial
Sylvain Lévi, Paris, 1937. Sylvain Lévi qui a confié
au Journal asiatique nombre de ses recherches les plus précieuses,
a été vice-président de 1925 à 1928 et président
de cette date à sa mort de la Société asiatique. |
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Foucher, Alfred (Lorient 1865-Paris 1952)
C'est par sa formation classique, à partir des rares témoignages
de la Grèce sur l'Inde, qu'Alfred Foucher s'est tourné vers
l'étude du sanskrit et de l'archéologie indienne, auprès
de Sylvain Lévi. Il accomplit une première mission de prospection
archéologique en Inde en 1895-1897. En 1901 il prend un an l'interim
de la direction de l'École française d'Extrême-Orient,
puis de 1905 à 1907. A son retour il est chargé de cours à
la Faculté des lettres de Paris, puis est nommé directeur
d'études à l'École pratique des Hautes Études
en 1914. En 1914-1915 il est professeur à Columbia University, est
invité par l'Archaeological Survey of India de 1915 à 1918.
Il accomplit une mission en Perse en 1921, en Afghanistan de 1922 à
1925 où il fonde la Délégation archéologique
française en Afghanistan, dirige la Maison franco-japonaise à
Tokyo en 1926. Nommé professeur à la Sorbonne en 1919 il reprend
son enseignement à son retour et l'assure juqu'à sa retraite
en 1936. Son uvre scientifique repose sur la maîtrise de l'érudition
sanskrite, sous ses formes indiennes en particulier, et la connaissance
intime des monuments. On lui doit les bases de notre connaissance sur l'art
gréco-bouddhique du Gandhâra (1905-1951), sur l'iconographie
bouddhique, un chef d'uvre d'exploration archéologique,
La vieille route de l'Inde de Bactres à Taxila
(1942-1947), une Vie du Buddha où par une méthode sûre
il établit la démarcation la plus vraisemblable entre mythe
et histoire, la traduction et un précieux commentaire d'un traité
sanskrit de logique, le Tarkasangraha (1949). Il est entré
à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1928. Dès
1901 il faisait partie du Conseil de la Société asiatique,
à qui il a légué ses papiers et documents scientifiques,
dont un grand nombre de photographies sur plaques de verre.
Pelliot, Paul (Paris 1878- id.1945)
Premier pensionnaire de lÉcole française dExtrême-Orient,
il fut envoyé à Pékin en 1900, afin dacquérir
des ouvrages pour la bibliothèque et des objets pour le futur musée
de cette nouvelle institution. Il participa aux évènements
de la guerre des Boxers et son rôle dans la défense des Légations
étrangères lui valut la légion dhonneur à
22 ans. En 1901, il devient professeur de Chinois à lEFEO.
Il est surtout connu pour lexpédition quil dirigea en
1906-1908 en Asie centrale. De Dunhuang, un site bouddhique rupestre à
la limite orientale de la Route de la Soie, il rapporte une collection inestimable
de manuscrits, xylographes et bannières peintes toutes antérieures
au Xe s., qui est conservée à la Bibliothèque Nationale
et au Musée Guimet. En 1911, il est nommé professeur au Collège
de France à la tête dune chaire de Langues, Histoire
et Archéologie de lAsie Centrale, créée
pour lui. A la fois linguiste, philologue, historien et archéologue,
ses intérêts sont multiples : histoire des échanges
diplomatiques, religieux et culturels, de la diffusion des techniques (limprimerie).
Il na publié aucune synthèse, les jugeant encore prématurées,
mais de très nombreux articles et notes érudites. Dans le
Journal asiatique et dans le Toung Pao, ses comptes rendus
critiques dune érudition sans défaut et dun ton
sans appel constituaient un véritable tribunal pour les auteurs.
Il fut président de la Société asiatique de 1935 à
sa mort survenue en 1945.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL
Bacot, Jacques (Saint-Germain-en-Laye 1877-Paris 1965)
La vocation tibétaine de Jacques Bacot est partie d'un voyage autour
du monde en 1904 et d'une expédition au Tibet en 1906 partie du Tonkin,
suivant un itinéraire de pèlerinage qui devait le mettre en
contact intime avec la vie religieuse des Tibétains. A son retour
en 1908 il se consacre à l'étude du tibétain auprès
de Sylvain Lévi. En 1909 il fait un nouveau voyage au Tibet en un
temps de révolte. Il a laissé le récit de ses voyages,
Dans les marches tibétaines, Le Tibet révolté.
Il s'est ensuite consacré à la recherche historique et philologique,
produisant des ouvrages fondamentaux pour sa discipline, Grammaire du
tibétain littéraire, Paris, 1946, des traductions et sa
contribution à l'étude des documents tibétains rapportés
par la mission Pelliot. Directeur d'études de tibétain à
l'École pratique des Hautes Études à partir de 1936,
membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1947,
il est entré à la Société asiatique dès
1908, s'est dévoué à son service, en particulier pendant
les difficiles années de guerre. Il en est devenu président,
à la mort de Paul Pelliot, en 1945. On se souvient encore de sa distinction
extrême.
Filliozat, Jean, Lucien, Antoine (Paris 1906-id.1982)
En même temps qu'une formation médicale, Jean Filliozat se
forme à diverses branches de l'orientalisme aux côtés
de Sylvain Lévi, Alfred Foucher, Jules Bloch. Tout en exerçant
l'ophtalmologie jusqu'en 1947, il fut attaché au Département
des manuscrits de la Bibliothèque nationale où il commença
le catalogue descriptif des manuscrits sanskrits, fut nommé en 1947
directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études
(IVe section), en 1952 professeur au Collège de France, en 1966 membre
de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il fonda en 1955
l'Institut français d'Indologie de Pondichéry et le dirigea
jusqu'en 1976. Il dirigea l'École française d'Extrême-Orient
de 1956 à 1977. Par son uvre scientifique personnelle, par
son enseignement et par ses conseils, il a joué le plus grand rôle
dans la recherche de pointe dans tous les domaines d'étude de l'Inde
ancienne et moderne, ainsi que de ses relations extérieures avec
le monde gréco-latin et toute l'Asie. Son uvre comporte des
ouvrages de médecine, L'Oeil directeur, Paris, 1930, Le
strabisme, Paris 1932, des ouvrages d'orientalisme, La doctrine classique
de la médecine indienne (Paris, 1949), L'Inde classique
(en collaboration avec Louis Renou etc.), Paris, 1949-1953, Les relations
extérieures de l'Inde, Pondichéry, 1956, Inde: nation
et traditions, Paris, 1961, Les philosophies de l'Inde, Paris,
1970, L'Inde vue de Rome (en collaboration avec J. André),
etc.
Voir aussi rubrique Grands personnages de lAIBL |

Xylographie en couleurs
: le dieu martial Guangong et son serviteur, legs Chavannes |
Demiéville, Paul (Lausanne 1894-Paris 1979)
Il eut deux grands maîtres à Paris :Ed. Chavannes pour le chinois,
Sylvain Lévy pour le sanscrit et se forma également au japonais.
Diplômé de lÉcole des Langues orientales en 1918,
il est nommé membre de lÉcole française dExtrême-Orient
et sera pensionnaire à Hanoï à partir de 1920, puis professeur
de philosophie occidentale, de bouddhisme et de sanscrit dans la toute nouvelle
université dAmoy (1924-26), avant de séjourner de 1926
à 1930 à la Maison franco-japonaise de Tokyo, nouvellement
créée et dirigée par son ancien maître : S. Lévy.
Ses séjours en Orient forgeront sa vocation de sinologue et de spécialiste
du bouddhisme et de ses diverses traditions sectaires. Au Japon, il devient
le rédacteur en chef du Hôbôgirin (1er)
dictionnaire encyclopédique du bouddhisme daprès
les sources chinoises et japonaises. Sa parfaite maîtrise du chinois
et du japonais lui donne accès aux travaux des sinologues nippons,
maîtres des études bouddhiques. De retour à Paris, il
est dabord professeur de chinois à lÉcole des
Langues orientales (1931-1945), puis directeur dEtudes à l
École pratique des Hautes Études où il inaugure un
cours de philologie bouddhique, il conservera ce poste lorsquil sera
élu professeur au Collège de France en 1946, en remplacement
de son ami Henri Maspero, à la chaire de Langue et littérature
chinoises.
Seul rescapé dune génération très éprouvée,
Paul Demiéville va dominer les études chinoises en France
jusquà sa mort. Sa production scientifique est immense et très
diverse, avec deux grandes directions : études du bouddhisme sino-japonais
et littérature chinoise en langue vulgaire (dont les racines sont
également souvent bouddhiques). |
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Liste des présidents
Silvestre de Sacy 1822-1829
Abel Rémusat 1829-1832
Silvestre de Sacy 1832-1834
Amédée Jaubert 1834-1847
Joseph Reinaud 1847-1867
Jules Mohl 1867-1876
Garcin de Tassy 1876-1878
Adolphe Régnier 1878-1884
Ernest Renan 1884-1892
Barbier de Meynard 1892-1908
Emile Senart 1908-1928
Sylvain Lévi 1928-1935
Paul Pelliot 1935-1945
Jacques Bacot 1946-1951
Charles Virolleaud 1951-1964
George Coedès 1964-1969
René Labat 1969-1974
Claude Cahen 1974-1986
André Caquot 1986-1996
Daniel Gimaret 1996-2002
Jean-Pierre Mahé 2002
Membres du Bureau (Décision du 5 juin
2008)
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PRÉSIDENT
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M. Jean-Pierre MAHÉ
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VICE-PRÉSIDENTS
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M. Pierre FILLIOZAT
M. Jean-Marie DURAND
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1er SECRÉTAIRE
|
M. Jean-Louis BACQUÉ-GRAMMONT
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2ème SECRÉTAIRE
|
M. Pierre BORDREUIL
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3ème SECRÉTAIRE
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M. Thierry GUINOT
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TRÉSORIÈRE
|
Mme Caroline
GYSS
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TRÉSORIER-ADJOINT
|
M. Jacques LAGARCE
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RÉDACTEUR GÉRANT
DU
JOURNAL ASIATIQUE
|
M. Gérard COLAS
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Membres du Conseil (Décision 5 juin 2008)
| PRÉSIDENT D’HONNEUR |
M. Jean. LECLANT
Membre de l'Institut, Professeur honoraire au Collège de France
Secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions
et Belles Lettres. |
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| PRÉSIDENT HONORAIRE |
M. Daniel. GIMARET
Directeur d'Etudes honoraire à l'EPHE (sciences religieuses).
Membre de l'Institut |
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| PRÉSIDENT |
M. Jean-Pierre MAHÉ
Directeur d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Membre de l'Institut. |
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| VICE-PRÉSIDENTS |
M. Pierre FILLIOZAT
Directeur d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Membre de l'Institut
M. Jean-Marie DURAND
Professeur au Collège de France. Directeur d'Etudes à
l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Correspondant de l'Institut
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SECRETAIRE
général
|
M. Jean-Louis. BACQUÉ-GRAMMONT
Directeur de Recherche au CNRS |
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| 2è
SECRETAIRE |
M. Pierre BORDREUIL
Directeur de Recherche au CNRS. |
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| 3è
SECRETAIRE |
M. Thierry GUINOT
Huissier de Justice/Tribunal de Grande Instance à Paris. |
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| TRESORIÈRE |
Mme Caroline GYSS
Chargée de Recherche au CNRS. |
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| TRESORIER-ADJOINT |
M. Jacques. LAGARCE
TRESORIER Adjoint Directeur de Recherche au CNRS. |
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|
RÉDACTEUR
-
GÉRANT DU JOURNAL
ASIATIQUE
|
M. Gérard COLAS |
 |
| CENSEURS |
Mme Michèle POUTONNET
Retraitée
Mme Andrée MASTIKIAN
Retraitée
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| MEMBRES |
Mme Jeanne-Marie ALLIER
Bibliothécaire bénévole de la Société
Asiatique
Melle Nalini. BALBIR
Directrice d'Etudes à l'EPHE (sciences historiques et philologiques)
Professeur à l'Université de Paris III.
M. Olivier de BERNON
Melle Annie BERTHIER
Conservateur Général à la Bibliothèque
Nationale de France.
Mme Marie BOSCALS de REALS
Ingénieur-documentaliste au CNRS, retraitée
M. Christian. BOUY
Bibliothécaire de l'ICI, Collège de France.
M. François DÉROCHE
Directeur Etudes Antiquités et Codicologie arabes Sorbonne
Mme Chantal. DUHUY
Bibliothécaire de l'ICI, Collège de France
Mme Nathalie HOFFMANN
M. Jean-François JARRIGE
Inspecteur Général des Musées de France.
Directeur du Musée des Arts Asiatiques Guimet.
Membre de l'Institut
M. Jean Noël ROBERT
Directeur d'Etudes à L'EPHE (sciences religieuses)
Membre de l'Institut
M. Christian. ROBIN
Directeur de Recherches CNRS (IREMAM)
Membre de l'Institut
Mme Cristina-Anna SCHERRER-SCHAUB
M. Michel TARDIEU
Professeur au Collège de France
M. Eric. TROMBERT
Chercheur CNRS (EPHE-MIDIC)
M. Franciscus VERELLEN
Directeur de l'EFEO
Membre de l'Institut
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