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Programme « Labraunda » (Turquie) : Olivier Henry

Aux temps anciens, le peuple qui vivait au sud-ouest de l’Anatolie, entre les fleuves du Méandre (au nord) et de l’Indos (au sud-est), était connu sous le nom de Cariens. Ceux-ci parlaient une langue indo-européenne propre, proche de celle de leurs voisins de Lycie. À partir de 546 av. J.-C., la Carie passe sous la domination de l’Empire perse et elle est dirigée par un satrape nommé par le Grand Roi, à Persepolis. Au 4e s. av. J.-C., ce satrape est issu d’une dynastie locale dont le nom est dérivé de celui de son fondateur, Hekatomnos (392-377 av. J.-C.). Lui succédèrent ses cinq fils et filles : Mausole (377-352) et sa femme/sœur Artemisia (352-351), Idrieus (351-344) et sa femme/sœur Ada (344-341), puis le benjamin Pixodaros (341-336).

Sous les Hekatomnides, Labraunda devint le plus important sanctuaire extra-urbain de la Carie et la vitrine de leur puissance politique, économique et culturelle. À ce titre, et grâce à une exceptionnelle conservation de ses vestiges, le sanctuaire de Labraunda est un témoin unique de la complexe identité carienne.

Dirigées depuis 1948 par les membres de l’Université d’Uppsala, les fouilles du site sont passées sous autorité française en 2013. L’équipe, désormais dirigée par Olivier Henry (ENS-AOrOc), réunit une trentaine de spécialistes internationaux, entourés d’une vingtaine d’étudiants. La mise en place d’une telle équipe est possible grâce au soutien de plusieurs institutions dont le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, à travers l’attribution d’une allocation de recherche décernée par la commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger, et l’IdEx Paris (PSL*), grâce à l’attribution d’une chaire d’excellence ArchAnat, abritée au laboratoire AOrOc (UMR8546) de l’École normale supérieure.

Les projets développés à Labraunda visent à appréhender le site dans sa globalité. Ils couvrent des programmes de documentation, de prospection, de fouille, mais aussi de restauration/protection et de mise en valeur. La saison 2016 sera consacrée à :

1. de la documentation sur : le matériel céramique déposé depuis plus de 50 ans dans le dépôt de fouille, dans le but de dégager le faciès des productions locales cariennes ;

le matériel architectural mis au jour ces dernières années, par photogrammétrie terrestre et aérienne et la création d’orthophotographies et de modèle 3d du sanctuaire et de ses bâtiments ;

le plan général digitalisé du sanctuaire, dans le cadre de la création d’un SIG (système d’information géographique) qui vise à intégrer l’ensemble des informations mises au jour sur le sanctuaire depuis le début des opérations de fouilles ; la nécropole qui ceint le sanctuaire extra-urbain et révèle l’évolution des coutumes et traditions funéraires cariennes depuis le Ve s. av. J.-C. jusqu’à la fin de la période romaine ; les alentours du sanctuaire, par la poursuite de la prospection systématique entamée en 2013 et qui vise à déterminer les modes d’occupation du sol autour du sanctuaire ; les zones non encore fouillées du sanctuaire, par méthode géophysique, afin de déterminer la présence et l’étendue des vestiges encore enfouis ;

2. de l’aménagement avec : la création d’un modèle tridimensionnel du temple de Zeus dont une impression sera installée sur une plateforme au cœur du site ; le dégagement des anciens remblais des fouilles datant des premières opérations archéologiques (1948-1955) et qui obstruent aujourd’hui une partie des vestiges ; le déplacement des « pierres errantes », afin de permettre une meilleure circulation des visiteurs tout en leur offrant une meilleure lisibilité des vestiges conservés ; l’équipement en électricité et en mobilier des laboratoires de recherche construits en 2015 sur le site ; la mise aux normes et la rénovation de la maison de fouille, située au village de Kargıcak, 8 km au sud de Labraunda ;

3. de la restauration/conservation sur : les petits objets et céramiques mis au jour au cours des dernières saisons de fouilles ; l’Andron A, dont le projet de restauration doit être amendé suite à la fouille du naos du bâtiment en 2014-2015 ; les marbres du sanctuaire, inscriptions et blocs d’architecture, qui ont besoin d’être nettoyés, consolidés et protégés des conditions climatiques et des attaques végétales ;

4. de la fouille, cette année restreinte à deux zones : le bâtiment hypostyle, fontaine monumentale hellénistique à trois rangées de 7 colonnes in antis, dont on dégagera les parties occidentales et méridionales ; les bains est, dont on poursuivra la fouille des pièces chaudes et où l’on s’intéressera particulièrement au(x) praefurnium.


Pour toute information supplémentaire, voir le site internet du programme : www.labraunda.org


Liens complémentaires
Légende des figures
  • Fig.1 : Carte : Labraunda, en Carie
  • Fig.2 : Exemples de céramiques locales cariennes, mises au jour dans la nécropole du sanctuaire.
  • Fig. 3 : Modèle 3d du sanctuaire, vu du sud-est, réalisé à partir d’une photogrammétrie aérienne.
  • Fig. 4 : Andron A d’Idrieus, salle de banquet monumentale érigée vers 350 av. J.-C.


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