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Programme « Bushman » (Afrique du sud)



L’abri préhistorique de Bushman
Le site préhistorique de l’abri Bushman, localisé dans la province du Limpopo en Afrique du sud, livre une séquence archéologique de plus de sept mètres de puissance. Fouillé dans les années 1970 par le professeur Hannes Eloff de l’Université de Pretoria, il est depuis resté dans un quasi-anonymat scientifique faute à une documentation de terrain bien maîtrisée. En 2013 et dans la continuité du projet Diepkloof, nous avons décidé d’entreprendre de nouvelles fouilles à l’abri Bushman dans le cadre d’une collaboration entre le CNRS et l’Université de Witwatersrand, d’un financement du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International et du soutien de l’Institut Français d’Afrique du Sud.

Le projet Bushman vise à explorer les scénarios de transformation des premières sociétés d’hommes anatomiquement modernes en Afrique australe. Dans le cadre d’une approche résolument interdisciplinaire, l’intention est de mieux comprendre les grandes périodes de transition culturelle et paléo-environnementale qui ont accompagné l’histoire de nos ancêtres.

Les données actuelles reconnaissent l’émergence des premiers hommes modernes sur le continent africain il y a environ 200 000 ans puis leur présence sur l’ensemble du continent eurasiatique il y a environ 60 000 ans. L’intervalle chronologique qui précède ce dernier « out of Africa » est une période charnière, marquée par une diversification des techniques et l’apparition des premiers témoignages de nature symbolique. Ce lot de nouveaux comportements, volontiers qualifiés de « modernes », consacre une étape décisive dans l’histoire des sociétés de chasseurs-cueilleurs. La recherche des lieux, moments et formes d’apparition de ces nouveaux comportements alimente une controverse qui touche à la question des mécanismes de l’évolution culturelle.

La séquence de l’abri Bushman est composée de deux principales phases chronoculturelles : la phase supérieure est attribuée au Later Stone Age (LSA) et est datée entre 13 000 et 9 000 ans BP ; la phase inférieure - de plus de cinq mètres- est associée à des occupations du Middle Stone Age (MSA) et est antérieure à 100 000 ans BP. Les dépôts LSA et MSA de Bushman ont en commun de présenter des enregistrements sédimentaires de haute résolution ainsi qu’une très bonne préservation organique. Aux côtés d’outils en pierre se retrouvent restes de petite et de grande faune, charbons, graines, colorants et autres témoins symboliques qui permettent d’accéder à un panel d’informations tout à fait inédites.

La campagne 2016 comprend différents objectifs de terrain parmi lesquels nous mentionnerons plus particulièrement la fouille de la couche « 28 » qui a livré, dans les années 1970, un riche assemblage d’outils sur lame, de nombreuses pièces en ocre, des restes humains ainsi que plusieurs perles en coquille d’œuf d’autruche. L’objectif sera de vérifier les associations et contextes d’origine mais aussi d’intégrer ces vestiges dans un tout premier cadre chronologique, géoarchéologique et environnemental.

Le projet Bushman s’inscrit dans le cadre d’une recherche archéologique particulièrement soutenue en Afrique du Sud. Dans ce contexte-là, Bushman s’individualise en explorant une chronologie plus ancienne et en ouvrant une fenêtre résolument tournée vers le nord. A terme, l’intention est de concilier la question des changements culturels à celle des dynamiques de peuplement à l’échelle de l’Afrique australe.

Guillaume PORRAZ
Chargé de Recherche au CNRS


Légende des figures :

  • Figure 1 - Equipe de fouille (2015) avec vue de l’abri Bushman en arrière-plan à droite (Limpopo, Afrique du Sud).
  • Figure 2 – Vue panoramique de l’espace de fouille à l’abri Bushman.
  • Figure 3 – Détail sur un niveau archéologique Middle Stone Age de l’abri Bushman.

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